Déchets textiles industriels : une autre manne pour l’économie circulaire !

29 septembre 2026

Chaque année, des milliers de tonnes de déchets textiles industriels sont produits en France. Mode Grand Ouest se penche sur les possibilités de recyclage de ces matières pouvant intéresser d’autres marchés que la mode.

Si le sujet du recyclage des vêtements invendus ou usagés fait l’objet d’une forte médiatisation, celui des déchets textiles industriels est en revanche peu connu.

Et pourtant, il mérite de l’être. D’abord pour des raisons réglementaires. Depuis le 1er janvier 2025, l’enfouissement de bennes contenant plus de 30 % de déchets textiles n’est en effet plus autorisé. Une règle qui ne vaut pas pour le cuir.

Ensuite, parce que ces déchets ne manquent pas d’atouts dans une optique d’économie circulaire.  “On maîtrise parfaitement leur traçabilité. Il s’agit de matières nobles, neuves et dont les propriétés mécaniques sont supérieures à celles de vêtements usagés, liste Clément Gourlaouen, chargé de mission recyclage à Mode Grand Ouest (MGO). Et ce qui coûte très cher lors du recyclage, ce sont les deux premières étapes : le tri et le délissage, soit l’enlèvement des points durs (boutons, fermetures…). Or, elles ne sont pas nécessaires pour les déchets industriels textiles. On démarre ainsi avec un grand avantage compétitif par rapport à l’utilisation de vêtements usagés pour le recyclage”.

2,4% des déchets textiles

Selon une étude de l’ADEME, réalisée en septembre 2023, les chutes de production représentent en France 2,4% des déchets textiles, soit environ 40 000 tonnes annuelles.
Une donnée d’ensemble qu’il s’agissait de ventiler localement, a jugé Mode Grand Ouest, réseau professionnel réunissant 120 adhérents, essentiellement des confectionneurs de l’habillement et de la maroquinerie mais aussi de quelques textiliens et fournisseurs de la filière. Les Pays de la Loire est la région française où on compte le plus de confectionneurs. “Or, l’habillement, avec l’étape de la coupe, est l’industrie qui génère le plus de chutes de déchets textiles. D’où la pertinence de faire des actions dans l’Ouest”, indique Clément Gourlaouen.

En commençant par la réalisation d’une étude. “Nous sommes partis du principe que nous aurons du mal à trouver de bonnes voies de valorisation, si on ne connaît pas bien nos gisements, souligne le chargé de mission. C’est un préalable d’avoir une vue globale des enjeux afin de pouvoir trouver des voies de valorisation pertinentes. Or, en France, il existe quelques données nationales mais aucune au niveau local”.

D’où le chantier collaboratif lancé fin 2022 dans le Grand Ouest, avec en premier lieu, l’élaboration d’une cartographie quantifiant les gisements des déchets textiles, en collaboration avec les CCI des Pays de la Loire et de Bretagne.

57 entreprises sondées sur leurs déchets textiles

57 entreprises, employant 4775 salariés, en majorité adhérentes de MGO, sont ainsi interrogées, à la fois sur la quantité de leurs déchets et leurs destinations. Des confectionneurs ou assimilés, spécialistes des vêtements de luxe ou professionnels, quelques marques de prêt-à-porter constituent la majorité, les autres étant des entreprises de cuir (maroquinerie, sellerie, ameublement, etc). L’échantillon est “suffisamment important pour être représentatif de la région et avoir une première étude de reconnaissance du gisement, même s’il pourra être affiné par la suite”, souligne Clément Gourlaouen.

Les résultats sont instructifs. Quelques milliers de tonnes de déchets, à la fois textiles et cuir, sont détectés. Ils sont principalement orientés vers l’enfouissement (42% des répondants) ou l’incinération/CSR (Combustible Solide de Récupération) (31,6%). L’enquête a en effet été réalisée alors que l’enfouissement de bennes contenant plus de 30% de déchets textiles était encore autorisé. Enfin, un nombre non négligeable (21%) des entreprises ne savent pas précisément ce que deviennent leurs déchets…

Autre élément mis en lumière par le sondage : la grande hétérogénéité des gisements. Les déchets de trois quarts des répondants comportent plusieurs matières en mélange, très variables, selon les collections, les années, les tendances…

Trouver des solutions de recyclage

Cela justifie largement l’objectif que se fixe Mode Grand Ouest : s’occuper de ces gisements qui, aujourd’hui “n’ont pas de solution de recyclage, ces déchets industriels étant trop petits, trop mélangés ou trop fluctuants pour être réemployés ou intéresser un recycleur”. La structure se lance alors dans un deuxième chantier, mené par Mod’Innov, son Cluster Innovation. Celui-ci démarre avec une dizaine d’entreprises (bureaux d’études, confectionneurs…) représentatives de la diversité des gisements.

Une cinquantaine de leurs matières, mélangées et représentatives de la diversité du gisement, sont retenues pour le projet. MGO les envoie au centre européen des non tissés (Cent), une antenne de l’IFTH. Mission :  faire des essais de recyclage de ces déchets en non tissés…“Il s’agissait de lever des freins techniques, car ce n’était pas trop l’usage de faire des non tissés avec des mélanges, précise Clément Gourlaouen. Il y avait aussi des matières, trop épaisses ou trop fines, comme les dentelles, les broderies ou les matières contrecollées, réputées ne pas pouvoir être recyclées. Or, ces essais ont permis de voir que c’était possible de le faire”.

Ces non tissés obtenus sont ensuite testés sur plusieurs marchés, par exemple ceux de l’isolation thermique ou acoustique, du prêt-à-porter (garnissage de doudoune, par exemple) ou des accessoires (tote bags, sacoches d’ordinateur…).

Une recherche réglementaire indispensable

Mais cette première phase débouche sur la nécessité d’une deuxième phase, celle d’une recherche réglementaire. “Il s’agissait de repérer quels étaient les débouchés possibles pour des matières recyclées sous forme de mélanges dans des non tissés et dont on ne connaît pas, du coup, la composition. Dans certains secteurs comme l’automobile ou l’habillement, il est en effet difficile d’utiliser de telles matières. Mais ce n’est pas le cas pour des isolants acoustiques ou des accessoires de voyage, par exemple”.

Une fois ce travail fait, MGO est passée à la phase trois. Soit la réalisation d’essais de performance (pour le caractère isolant par exemple), des matériaux non tissés développés.  “Ces tests ayant démarré fin 2023, il est encore trop tôt pour des conclusions”, confie Clément Gourlaouen.

Parallèlement, MGO continue de chercher des débouchés et partenaires. “Nous n’avons pas vocation à créer une usine. L’idéal serait que ces travaux puissent servir à un industriel déjà existant ou à des porteurs de projets pour valoriser ces matériaux recyclés”, souligne le responsable.

Des freins au recyclage

Des partenaires qui seraient les bienvenus alors que Clément Gourlaouen n’élude pas les freins qui compliquent le travail ambitieux mené par MGO. A commencer par le fait que l’organisation professionnelle ne bénéficie pas du soutien de l’éco-organisme Refashion, qui supervise la fin de vie des produits de la filière habillement, linge de maison et chaussures. “Celui-ci ne s’occupe que des matières mises sur le marché. Alors que les chutes de production industrielles ont pourtant les mêmes débouchés et les mêmes voies de revalorisation”, regrette le chargé de mission.

Et d’autres cailloux se logent aussi dans les chaussures des initiateurs du projet…
De nature juridique notamment. Dans le grand Ouest, où l’activité de confection est essentiellement destinée au luxe, les déchets textiles appartiennent dans trois quarts des cas aux donneurs d’ordre. “Mais si certaines Maisons de luxe ont leur propre circuit de collecte pour les déchets, ce n’est pas toujours le cas. C’est alors au sous-traitant de les gérer, avec les contraintes de stockage que cela pose”. Autre difficulté, particulièrement répandue dans le luxe : le fait que les matières soient très reconnaissables, notamment siglées par des logos.
Certes, le sujet mobilise les entreprises, comme le montre le sondage initial sur leurs déchets industriels, réalisé par MGO auprès de 57 d’entre elles. 94,8% souhaitaient connaître les résultats de l’étude dont 40,4% se disaient même volontaires pour rejoindre un groupe de travail sur le sujet !

Des acteurs du recyclage en nombre insuffisant

Si l’intérêt est manifeste, côté producteurs de déchets, “les acteurs du recyclage en France manquent à l’appel, et ce, d’autant plus dans le grand Ouest”. Facteur aggravant : ceux qui existent ne sont guère adaptés aux spécificités des déchets textiles industriels, avec des matières très mélangées…

D’où l’importance pour les industriels de l’habillement -qui ne pourront pas utiliser toutes leurs chutes recyclées et faire de la boucle fermée – Clément Gourlaouen en est persuadé, de “créer des liens avec d’autres secteurs, comme l’automobile ou le bâtiment qui seront utilisateurs de ces déchets recyclés pour pouvoir faire des projets d’envergure”.

Retrouvez ici les articles publiés par La Maison du Savoir-faire et de la Création.

maisondusavoirfaire.com

.
Partagez cet article sur :

/ Autres articles /

Lutte contre la mode ultra-express. Les fédérations européennes veulent porter les frais de gestion à 10 euros par colis.

Après leur première Rencontre de 2025, les fédérations européennes du textile et de l’habillement se sont à nouveau réunies -à l’initiative de l’UFIMH et de l’UIT et avec la collaboration d’Euratex- le 1er septembre dernier lors du salon Première Vision. L’objectif ? Poursuivre ensemble la lutte contre la déferlante de la mode ultra-express. Le point sur les principales propositions énoncées, qui visent toutes à préserver l’intégrité du marché européen. Pas d’actions ponctuelles mais bien une stratégie cohérente et pensée sur le temps long. En septembre 2025, 22 fédérations européennes du textile et de l’habillement représentant 17 pays se réunissaient lors du salon Première Vision, décidant de s’engager ensemble dans la lutte contre l’ultra fast-fashion. Les premiers objectifs fixés par cette coalition ? La suppression de l’exonération des droits de douane pour les envois de faible valeur (moins de 150 euros) et l’instauration d’un droit de douane temporaire de 3 euros par colis jusqu’en 2028, le temps de s’accorder sur un dispositif pérenne. Baptisé « Déclaration de Villepinte », cet engagement commun a incontestablement porté ses fruits. Le 1er juillet dernier, les ministres de l’économie de l’Union européenne réunis en conseil sont passés à l’attaque pour contrer l’arrivée massive en Europe de produits chinois à très bas prix, vendus principalement par les plateformes Shein et Temu, avec la suppression de cette exonération et la mise en place de la taxe forfaitaire. « Une immense victoire et une avancée majeure », soulignait alors Roland Lescure, le ministre de l’économie français depuis Bruxelles. Par ailleurs, cette avancée s’est doublée d’un autre succès avec, le 8 juillet dernier, le vote par le parlement français de la loi sur la mode ultra-express, portée par la députée Anne-Cécile Violland et la sénatrice Sylvie Valente-Le Hir. « Cette loi n’est ni contre la mode, ni contre le pouvoir d’achat, ni contre les consommateurs, précise Sylvie Valente Le-Hir. Elle vise les excès d’un modèle fondé sur la multiplication permanente des références, la faible durée d’usage des produits et des pratiques commerciales agressives. Elle agit sur trois leviers. Elle renforce l’information du consommateur sur les lieux de fabrication, et prévoit des messages encourageant sobriété, réemploi et réparation. Elle prévoit une pénalité selon le score environnemental des produits, jusqu’à 12 euros dès 2026, et 20 euros en 2030. Enfin, elle interdira, dès 2027, la publicité des produits et des marques relevant de la mode ultra-express. Une présentation très concrète, prolongée par une mise en perspective d’Anne-Cécile Violland. « Derrière cette régulation, c’est tout un modèle de société qui est questionné. Il ne s’agit pas de culpabiliser le consommateur mais de lui redonner le pouvoir de choisir de manière éclairée, et de s’orienter vers des pratiques durables ». Un second train de mesures élaboré par l’ensemble des fédérations. Forte de ces victoires, la coalition choisit donc d’aller plus loin, assure Pierre-François Le Louët, co-président de l’UFIMH. « Il y a un an, ici même, on nous disait que rien n’était possible. Les décisions prises le 1er juillet dernier montrent que l’Europe sait agir quand elle le décide. Mais si ces premiers dispositifs constituent un progrès réel, ils ne suffisent pas pour lutter contre le déferlement des produits venus d’Asie. C’est la raison pour laquelle les fédérations européennes ont décidé d’élaborer un second train de propositions ». Principale recommandation énoncée le 1er septembre dernier à Villepinte, porter à 10 euros le montant des frais de gestion par colis (le « Handling fee »), et ceci à l’échelle de l’Union, ce qui permettra de contribuer aux coûts réels générés par ces importations, explique Lionel Guérin, co-président de l’UFIMH. « Chaque colis qui entre dans l’Union génère un coût : contrôles douaniers, sécurité des produits, surveillance du marché… Aujourd’hui, ces frais sont paradoxalement supportés par le contribuable européen et les entreprises qui respectent les règles. Pour réparer cette injustice, nous proposons l’instauration d’une redevance européenne pour frais de gestion d’environ 10 euros par colis. Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’une juste évaluation des frais de ces contrôles imposés par ce modèle économique ». Un objectif clé, préserver l’intégrité du marché européen… Une proposition-clé, suivie d’un ensemble de mesures qui vise notamment à une meilleure application des règles déjà mises en place. Parmi elles, on notera la responsabilisation des plateformes qui facilitent l’importation de ces produits dans l’UE ; l’établissement des mêmes contraintes concernant les petits colis pour l’univers du B2B et du B2C afin d’éviter que les plateformes visées ne basculent vers des importations en gros pour échapper aux taxes.  Ou encore un allégement de la charge pesant sur les entreprises européennes qui respectent les règles, un point essentiel comme l’explique Mario Jorge Machado, président d’Euratex, la confédération européenne de l’habillement et du textile. « Notre industrie représente aujourd’hui 1,3 million d’emplois et 200 000 entreprises, en grande majorité des PME, qui appliquent des normes sociales et environnementales parmi les plus exigeantes au monde. Celles-ci ne peuvent rivaliser avec le flux de marchandises qui échappent à ces règles. Face à ce constat, nous demandons deux choses simples : que ces colis soient déclarés en douane avec la même précision que n’importe quelle autre marchandise, et que le coût des contrôles soit financé par ceux qui les rendent nécessaires ».  …Et rétablir tous les critères d’une concurrence loyale.  Cette déclaration commune des fédérations vise, plus globalement, à préserver l’intégrité du marché unique et construire les bases d’une véritable harmonisation européenne, explique Olivier Ducatillion, président de l’UIT, l’Union des Industries Textiles. « Un an après nos premiers engagements, nous avons observé des avancées concrètes, et il faut rappeler que la France a joué un rôle moteur dans ce dossier. Maintenant, il est essentiel de maintenir la pression. Il ne s’agit pas de restreindre le commerce légitime mais de protéger l’intégrité du marché unique en garantissant que les opérateurs de pays tiers soient soumis aux mêmes règles et aux mêmes exigences de conformité que les entreprises européennes. C’est aujourd’hui la seule façon de rétablir une concurrence loyale. Pour cela, nous devons plus que jamais agir ensemble -fédérations françaises et européennes- aux côtés de nos partenaires internationaux. Seuls, nous donnons l’alerte. Ensemble, nous pesons ». Une fois encore, ces actions ont été pensées en synergie pour l’établissement d’une solution durable à l’échelle européenne, combinant contrôles efficaces, responsabilité des plateformes importatrices et conditions d’une concurrence équitable pour l’industrie européenne. La feuille de route est claire ; l’ensemble des fédérations européennes entend désormais la défendre à Bruxelles, avec le même succès.

Grand entretien avec… Sylvie Pourrat, Directrice du salon Première Classe, directrice du développement du groupe WSN.

“ Notre salon entend jouer, plus que jamais, son rôle de précurseur” Nouvelle scénographie, création d’une boutique… Alors que Première Classe s’apprête à ouvrir ses portes du 2 au 5 octobre prochain dans les jardins des Tuileries, sa directrice nous dévoile les axes d’une stratégie qui fait de l’événement l’un des rendez-vous majeurs de l’univers des accessoires, de la mode et du lifestyle.  Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler l’histoire et la mission de Première Classe ? Né en 1989, ce salon a été le premier événement consacré aux designers d’accessoires de mode. Son objectif était alors de mettre en lumière des créateurs qui ne montaient pas sur les podiums, comme le font les marques de prêt à porter. Depuis son origine jusqu’à aujourd’hui, notre ambition est la même… Repérer et valoriser les nouveaux talents ; des signatures, des personnalités qui portent une expression artistique forte. Preuve de la pertinence de notre démarche, le salon est aujourd’hui LA plateforme de référence durant la fashion-week parisienne. Son offre n’est plus exclusivement dédiée aux accessoires, elle s’est adaptée aux mutations de l’époque avec une forte présence du prêt à porter, mais aussi de l’univers du lifestyle : design, beauté, art, food. Cette alliance entre prêt à porter et accessoires constitue l’une des forces de l’événement. Comment travaillez-vous à l’équilibre entre les deux univers ?  Vous avez raison de parler d’équilibre. Il s’agit avant tout de proposer une offre homogène et lisible pour nos acheteurs et visiteurs. La présence du prêt-à-porter permet de valoriser notre proposition d’accessoires en créant de véritables silhouettes qui valorisent l’artisanat et les savoir-faire, valeurs clés dans l’univers des accessoires. Par ailleurs, les parcours de visite constituent les éléments majeurs de nos réflexions. Le visiteur vient chercher l’inspiration sur notre salon : les plans, l’organisation de l’offre et les animations doivent guider et nourrir sa recherche. Cette année, le salon se déploiera au fil de deux immenses tentes dans le Jardin des Tuileries, pensées comme deux lieux de vie avec un mot d’ordre :  la convivialité. Plus concrètement, comment le salon est-il organisé ? Cette édition  marque une nouvelle étape dans notre développement. Nous avons confié à l’agence SUCH&SUCH la direction artistique de l’événement, leur demandant de poser leur regard sur la sélection, la façon de présenter les produits et la réalisation de la campagne de communication. Nous avons choisi cette agence pour le regard très sélectif qu’elle porte sur le produit et sa capacité à faire dialoguer différents univers, tout en conservant exigence et cohérence dans la scénographie. Pour appliquer au mieux ces best practices, nos équipes ont fait un vrai travail d’accompagnement auprès des marques invitées. Pour les aider à préparer leur présentation, elles ont proposé des guides lines allant d’une palette de couleurs pour leur scénographie à des conseils pour leurs affiches et logos. Par ailleurs, d’autres nouveautés signent cette édition…. En effet, je suis fière de vous annoncer la création de la boutique Première Classe aménagée dans le salon et ouverte au public avec un objectif précis, faire dialoguer les univers B&B et B&C. La curation a été menée par l’agence, associant des créateurs de Première Classe à des marques hors salon. Par ailleurs, les collaborations et les éditions limitées auront également leur premier événement dédié dans l’espace Tuileries, baptisé JILL.  Enfin, de nombreuses animations viendront enrichir notre propos et notre vision. Le showroom RunXAndam issu d’un partenariat entre l’ANDAM et le groupe WSN, des talks, des expositions et, bien sûr, la soirée Première Classe devenue un rendez-vous incontournable. Avec ces initiatives, le salon répond aux nouvelles tendances du marché et continue de jouer son rôle de précurseur. Ce type de projet s’impose d’ailleurs dans nos projections pour demain, avec la volonté de nous tourner, plus que jamais, vers l’innovation. Combien de visiteurs attendez-vous et combien de marques allez-vous exposer ? Cette édition présentera plus de 300 marques, réparties dans les deux tentes des Tuileries. L’Italie et le Japon sont les pays les plus représentés (hors France) et nous observons une forte présence des pays européens. Cette saison, l’Amérique latine renforce sa position, territoire qui mérite toute notre attention et que nous explorons. Côté visiteurs, nous bénéficierons comme chaque année, de l’audience de la Fashion Week, fidèle à notre salon. Nous comptons sur la venue de nos acheteurs réguliers, mais nous avons aussi élaboré un programme pour inviter de nouveaux acheteurs internationaux à découvrir le salon. Nos équipes effectuent un travail de recherche permanent pour capter les nouveaux acteurs du marché et nous espérons que la Boutique participera à attirer une communauté mode et influence. Il est encore tôt pour donner des chiffres précis en termes de fréquentation, mais la tendance est au niveau de celle des années précédentes. Première Classe se distingue par sa façon de valoriser la jeune création. Pouvez-vous nous rappeler vos liens avec les festivals et prix qui soutiennent les demains de la mode ? Nous avons établi des partenariats de longue date avec l’ANDAM, le Festival d'Hyères, les prix de la ville de Paris. Le groupe WSN (auquel appartient le salon) est mécène de tous ces événements prestigieux qui ont un point commun,  l’identification et la promotion de la  nouvelle scène. Valoriser cette jeune création fait partie de la mission du salon, tout comme l’accompagnement des designers dans la naissance de leur propre label. Ces mécénats illustrent la force de notre engagement. WSN est partenaire de l’UFIMH. Qu’apporte ce compagnonnage ? Les bénéfices sont réciproques. Cette saison et grâce au soutien de l’UFIMH et du DEFI, nous recevons, par exemple, une délégation d’acheteurs internationaux sur le salon, qui bénéficieront d’un programme personnalisé de sensibilisation au marché français, avec notamment des rencontres avec les marques françaises. En effet, nous considérons que nos salons sont parties prenantes du système de la mode française et travailler en collaboration avec les institutions qui représentent cet univers fait partie de notre mission. Nos événements sont des plateformes pour elles. Nous leur donnons la parole, nous construisons avec elles des partenariats et nous effectuons les remontées terrain des tendances dont nous sommes les premiers témoins. Nous sommes en effet aux avant-postes pour établir un baromètre fiable du marché. Ce type d’échanges constitue un vrai bénéfice pour la filière toute entière. Pour visiter Première Classe : https://wsn-events.com/visiter-premiere-classe  

3 questions à… Olivia Chammas, Déléguée générale de IFM Alumni, l’association des Diplômés de l’Institut Français de la Mode.

« Les rencontres de Faverolles, une opportunité unique d’échanger sur les grands enjeux du secteur » Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 40 ans, l’association des anciens de l’IFM multiplie les projets pour valoriser ses diplômés tout au long de leur carrière. Chaque année, elle leur donne aussi rendez-vous dans le domaine des Oseraies à Faverolles pour confronter expériences et points de vue sur l’avenir de la mode. En avant-première, le point sur la prochaine édition, le 12 septembre 2026.  1/ Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre association ? IFM Alumni a été créée dès 1987 pour accueillir la toute première promotion de l'Institut Français de la Mode. Elle se fixe pour mission de réunir les anciens de l’IFM en articulant ses actions autour de trois axes principaux : accompagner les diplômés dans le développement de leur carrière en mettant en place un solide réseau d’entraide ; valoriser leur réussite et contribuer au rayonnement de l'Institut. Depuis notre fusion avec l’Ecole de la Chambre syndicale en 2019, l’association compte environ 6500 membres. Ce chiffre en témoigne, IFM Alumni fédère ainsi les grands acteurs de la mode en France, et illustre la diversité des métiers du secteur. L'école a été créée par Pierre Bergé avec l’ambition de former des profils business et management pour accompagner les créateurs mais elle a, très vite, développé des programmes de création, doublés aujourd’hui de cursus autour des savoir-faire. Cette richesse est l'une des grandes spécificités de l'IFM, et donc de l’association. Le tout avec une forte dimension internationale, puisque l’école accueille des étudiants venus du monde entier. 2/ Les rencontres de Faverolles, organisées chaque année depuis 1987, constituent l’un des grands rendez-vous de l’association. Quelle est leur mission ? L’événement a été initié dès la création de l’école par Sylvie Grumbach, fondatrice de l’agence de presse iconique Deuxième Bureau et son frère Didier Grumbach, grande personnalité de la mode. Président de la Fédération de la Haute Couture, cofondateur d’Yves Saint Laurent Rive Gauche et à la tête de maisons de couture comme Mugler, il est l’un des membres fondateurs de l'IFM. Tous les deux ont proposé, en 1987, une première rencontre festive et informelle dans la propriété de Faverolles. Ce déjeuner sur l’herbe est devenu en 2024 un rendez-vous plus sérieux et  incontournable, l’occasion de se nourrir et d'échanger sur les problématiques du secteur mais aussi d’imaginer ensemble de nouvelles pistes. Depuis la fusion de l’événement avec le Forum de la Mode en 2025, ces rencontres ont encore enrichi leur programme avec un mix de talks, de conférences et de temps d’échanges plus informels, le tout rassemblant environ 450 personnes ; le format idéal pour réunir les acteurs-clés du secteur tout en préservant l’esprit convivial qui préside depuis toujours à l’événement. 3/ Cette édition semble déjà particulièrement riche. Pouvez-vous nous en dévoiler déjà les axes-forts ? Plusieurs tables rondes permettront d’aborder les thèmes les plus concernants du moment. Le dialogue créateur & CEO au sein des maisons de luxe avec le créateur américain Mike Amiri (AMIRI) et Pascal Morand, président de la FHCM ; les nouvelles frontières du luxe avec Anthony Drouot (Directeur accessoires Lemaire) et Nicolas Rohr (co-fondateur Faguo) ou encore l’alliance France-Italie et plus largement le rôle clé de l’Europe face aux nouveaux équilibres géopolitiques de l’industrie mode et luxe, avec Luca Sburlati (Pattern Group), Carlo Capasa (Camera Nazionale della Moda Italiana), Tristan de Witte (Président, Réseau Excellence Entreprises du Patrimoine Vivant), et Pierre-François Le Louet (Co-Président UFIMH). Le tout sera entrecoupé de performances (dont un spectacle mode & danse), d’un déjeuner convivial et des prises de parole de Pierre-François Le Louet, Vice-président de l’IFM Alumni et co-président de l’UFIMH, de Catherine Jacquet, présidente de IFM Alumni et CEO, d’Isabel Marant ou encore de Sylvie Ebel, DG adjointe de l’IFM. Cette édition 2026 est soutenue par le Ministère de La Culture et le DEFI. Informations sur les Rencontres de Faverolles 2026 et inscriptions : https://www.ifm-alumni.fr/fr/event/rencontres-de-faverolles-forum-de-la-mode/2026/09/12/623      

S’inscrire à la nouvelle lettre de l’UFIMH

Rencontres, actualités, business, toutes les informations du secteur

Merci pour votre inscription