2023 : nos voeux pour un affichage environnemental porteur de sens

15 février 2026

Sous l’égide du Défi, l’UFIMH a conçu de manière collaborative l’une des 11 méthodes actuellement en lice pour l’affichage environnemental des vêtements, linge de maison et chaussants. Il sera en principe règlementé et rendu obligatoire au cours de l’année nouvelle. A date, voici des éléments de nos retours d’expérience et l’expression de nos convictions les plus robustes.

L’année 2022 a été, pour tous nos métiers, trépidante. Avec notamment, la révision du cahier des charges REP (responsabilité élargie du producteur) qui, clairement, vient rebattre les cartes. Y figure des spécifications qui engagent nos filières à plus d’éco-conception et de circularité que par le passé.

Avec aussi, côté consommateur, un engouement sensible pour la seconde main à la fois pour des raisons de pouvoir d’achat en berne et de conscience écologique en hausse.

Avec enfin, un ensemble de textes tout azimut concoctés au plan européen et, tel un chapelet, égrenés tout au long de l’année 2022

  • 👉 discussions au plus haut niveau politique de l’UE autour du projet de directive inspirée de la loi française sur le Devoir de Vigilance ;
  • 👉Pacte vert européen avec des « warnings » avancés par la Commission européenne qui ont scandé 2022 et l’annonce d’un imminent REPD (règlement sur l’éco-conception pour des produits durables).

Plusieurs projets de réglementation européenne donc, qui se précisent au fil des mois, «encapsulent » nos activités et, parallèlement, font émerger des normes et dispositions sectorielles qui ciblent spécifiquement nos filières… Sans oublier :

  • 👉 le Traité international sur les pollutions plastiques dont le processus pourrait aboutir au printemps 2023 à Paris ; du moins telle est l’ambition de nos ministres de tutelles, apparemment ! Or, à cette aune, le relargage de certaines micofibres textiles est problématique : c’est l’un des principaux hotspots identifiés, dans nos activités.

📜 Bref, un long « train de mesures » qui s’emboîtent comme des poupées russes, à une cadence soutenue, est annoncé ; et sans doute le législateur français a-t-il voulu l’anticiper, avec (notamment) la loi AGEC.

Un contexte règlementaire chargé, notamment porteur d’une étiquette spécifique dont la concrétisation oblige, à plus ou moins long terme, nos filières dans leur ensemble.

De quoi donner bien « du fil à retordre » ! Mais sans nous prendre au dépourvu à l’UFIMH, car cela fait déjà quelques années que nous nous mobilisons pour augmenter notre expertise sur les diverses composantes de la RSE (responsabilité sociétale de nos entreprises), développée par exemple à la faveur de nos Ateliers Engagés RSE.

🔦 Et, en matière d’étiquette destinée à éclairer le client final sur le caractère écoresponsable de nos articles, nous avons aux côtés du Défi formalisé et remis à l’Ademe en septembre dernier, l’une des 11 méthodes qu’elle expertise actuellement, et ce jusqu’à la mi-2023 en principe. Soit, l’écodesignscore (EDS) co-élaboré et testé par les principaux metteurs en marché d’articles de mode que nous sommes.

Deux témoignages illustratifs, comme exemples d’un retour d’expérience riche d’enseignement

  1. « Par conviction et désir de mieux communiquer sur nos produits -les vêtements d’image-, conformément à notre état d’esprit à la fois créatif et responsable, nous avons cherché à tester l’étiquetage environnemental, de manière volontaire », explique Dorothée Dufour-Hoofd, directrice Technique et Responsable RSE de Création & Image Paris. Cette PME de 20 personnes que dirige la vice-présidente de l’Ufimh, Claire Besançon, n’est pas assujettie, en tant qu’entreprise B to B, à cette disposition de la loi AGEC. « Nous nous sommes intéressées tout d’abord à la méthode du PEF avant de découvrir l’EDS qui nous a semblé plus accessible, avec des résultats cohérents à la clé» poursuit-elle.

L’EDS est une méthode « PME compatible » témoigne Dorothée Dufour-Hoofd, tout en soulignant l’indispensable accompagnement nécessaire à ce type d’exercice, tant en compétence qu’en temps. Création & Image Paris, qui conçoit, fabrique et distribue des vêtements d’image a testé l’EDS entre février et septembre 2022 sur trois articles emblématiques de ses gammes :

  • Une veste
  • Une jupe
  • Une écharpe

Implication n°1, témoigne-t-elle : « remonter la chaîne de valeur en quête des informations » qui vont permettre d’établir la « carte d’identité du produit ». Parmi lesquelles : le % de matières recyclées et/ou certifiées ; la consommation d’eau des usines de production, leur mixénergétique. Les items à renseigner sont aussi le taux de circularité, la biodégradabilité ; les informations requises portent également sur le lavage et ses impacts. « Certains fournisseurs jouent le jeu ; tous n’y sont pas encore prêts» constate encore cette ancienne responsable des Achats. « La méthode de l’EDS nous aide à structurer les informations à demander à nos fournisseurs ». Des informations utiles à plus d’un titre puisque qu’elles se retrouvent aussi, peu ou prou, parmi les critères des appels d’offres auxquels répond Création & Image Paris: « Tout se tient » estime Dorothée Dufour-Hoofd.

Pour relever les défis, il faut des chaines de valeur… disert ! 

Soyons réalistes, « c’est un travail éclairant, qui demande du temps et une certaine expertise». Vraisemblablement, pour progresser, une solution informatique telle qu’un ERP prenant également en charge les informations relatives à la traçabilité et à l’empreinte environnementale des produits ne serait pas superflu ; le fichier excel est pratique, mais avec des limites, relève Dorothée Dufour-Hoofd.

Toutefois, à l’issue de l’expérimentation (dont le sort final va dépendre du comparatif actuellement en cours à l’Ademe), pérenniser l’habitude enclenchée avec cette expérience lui paraît hautement souhaitable : quand « le pli est pris », la demande d’information récurrente auprès des fournisseurs devient réflexe, la démarche s’installe dans la durée, et les choses se font plus aisément.

  1. Autre exemple : chez Getex que dirige la Présidente de Mode Grand Ouest, Sophie Pineau. L’expérimentation de l’EDSa été réalisée sur sa marque propre, So&J. « Le fabriquant n’a pas la main sur l’étiquette ; la marque si. » relève-t-elle. En l’occurrence, c’est « une marque confidentielle, avec une collection courte -3 à 4 modèles /an-, née de notre volonté de réutiliser les fins de rouleaux ou des restes de production sur des tissus que nous avons achetés, notamment ». L’expérimentation de l’EDS, entre janvier et septembre 2022 a précisément concerné trois types de vêtements :
  • Une doudoune
  • Un blouson
  • Une parka

Première étape, selon Sophie Pineau : disposer des fiches techniques de chaque composant du modèle, en principe détenues par le fournisseur ; or « pour les matières que l’on récupère -dans le but louable de lutter contre les déchets inutiles-, il est rare qu’elles existent car c’est une exigence relativement récente » note Sophie Pineau. Comment, malgré ce handicap, valoriser tout de même la réutilisation dans les scores de l’étiquette fait partie de ses préoccupations.

En phase « prototype »: peser chaque composant de l’article s’impose. Voilà qui n’était pas courant jusqu’ici ! Il faut s’organiser et y penser. Pour tirer au clair la durée de vie vie d’un produit, des tests sont requis -ils sont coûteux, surtout s’agissant d’une collection courte, et « confidentielle » signale la dirigeante.

Comme Dorothée Dufour, Sophie Pineau plébiscite le fait d’être accompagné(e) : « on est au début d’un exercice précis, qui requiert parfois des données difficiles à appréhender -par exemple pour mesurer la circularité-, et aussi, qui implique de co-opérer avec des réseaux (de réparation, collecte-tri-recyclage) parfois émergents sur notre territoire » atteste-t-elle.

Une chaîne de valeur est aussi forte que le plus faible de ses maillons

Guillaume de Seynes, dans le Rapport  « Relocalisation et Mode durable »

Comme nos retours d’expérience le montrent, l’EDS est tributaire de la transparence, de la coopération au sein de nos écosystèmes. Il est en ligne avec de nouvelles opportunités de marché, et aussi de « résilience » pour nos filières parfois trop fragmentées, au risque de « flancher »… Il s’agit de reconnaître et pratiquer une certaine solidarité, revitalisante, entre les maillons de nos chaines de valeur. Le « tissu » économique gagnera en robustesse et nos efforts n’auront pas été vains. A condition de ne pas se tromper de méthode !

L’EDS est pragmatique ; en ligne avec les préconisations de la stratégie européenne, il accorde une place éminente à l’éco-conception, et n’encourage pas le recours à des repères abstraits arbitrairement moyennés comme les promoteurs de l’ACV sont trop souvent enclins à le faire…

L’éco-conception, pierre d’angle de la transition attendue

L’éco conception met les équipes d’une marque de mode dans l’action, après définition des valeurs à défendre. Elle favorise l’éclosion d’un vrai projet d’entreprise pour donner du sens et co-construire une mode durable ; l’ACV ne fait que constater et n’entraîne pas forcément vers un changement de pratique, comme je l’ai écrit en réponse à un autre post.

Nous ne sommes pas de simples « figurants », dans l’évolution que la société appelle de ses voeux. Comme vient de le rappeler un document de l’UE intitulé Stratégie pour des textiles durables et circulaires :

Des champions de l’économie circulaire en puissance ?

📌 « Les vêtements représentent la majeure partie de la consommation textile 🇪🇺 (81 %), la tendance à une utilisation toujours plus brève des vêtements avant de les jeter est ce qui contribue le plus à des modèles de surproduction et de surconsommation intenables. Cette tendance, connue sous le nom de modeéphémère, pousse le consommateur à acheter des vêtements de qualité inférieure à bas prix, produits rapidement, pour réponse à la dernière mode. Bien que le prix des vêtements dans l’Union ait diminué de plus de 30 % par rapport à l’inflation entre 1996 et 2018, les dépenses moyennes des ménages pour l’habillement ont augmenté, indiquant que ces modèles insoutenables n’ont pas permis à la population de bénéficier pleinement des possibilités d’économies correspondantes. De plus, la demande croissante de textiles alimente la consommation inefficace de ressources non renouvelables, notamment la production de fibres synthétiques à partir de combustibles fossiles ».

Nos produits sont vus comme importants : ils sont intimement liés au quotidien des européens, et au-delà. Nul ne conteste que cela compte. Ce qui est fustigé, c’est (même source) :

En finir avec « Prélever, Fabriquer, Jeter » (modèle « linéaire » vs « circulaire »)

📌 « Le modèle linéaire sur lequel repose le secteur textile, qui se caractérise par de faibles taux d’utilisation, de réemploi, de réparation et de recyclage des fibres en boucle fermée, et qui, le plus souvent, ne fait pas de la qualité, de la durabilité et de la recyclabilité des priorités pour la conception et la fabrication des vêtements. Le rejet de micro-plastiques à partir des textiles et des chaussures à toutes les étapes de leur cycle de vie » est l’un des symptômes problématiques. Pas le seul, hélas : « la chaîne de valeur mondiale du textile, complexe et diversifiée, se heurte à des problèmes sociaux, en partie sous l’effet des pressions visant à réduire les coûts de production afin de répondre à la demande des consommateurs de produits à des prix abordables. Le travail des enfants dans l’industrie de l’habillement est une source de préoccupation majeure« .

Face aux défis, jouer un rôle déterminant : on sait faire !

📌 « Dans l’Union, le secteur du textile et de l’habillement est important sur le plan économique et peut jouer un rôle déterminant dans l’économie circulaire. Il représente plus de 160 000 entreprises, emploie 1,5 million de personnes, et a généré 162 milliards d’euros de recettes en 2019. La pandémie de COVID-19 a eu des répercussions négatives sur le secteur ; (…) durant la pandémie néanmoins, l’écosystème textile a fait preuve de ressources et d’ingéniosité en réorientant les lignes de production en un temps record pour fournir des masques et d’autres équipements de protection, qui étaient grandement nécessaires », notamment -cela n’a pas échappé aux rédacteurs de la Commission Européenne.

A nous de marquer l’essai ! Relever avec créativité les défis qui nous sont posés, à la faveur du changement des modèles d’affaires que tant les clients finaux que les pouvoirs publics attendent, tel est le voeu que je forme et nous adresse, collectivement.

Bien sincèrement,

Sylvie ChaillouxPrésidente de l’UFIMH et du GFF

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Grand entretien : UFIMH, les grands défis pour 2026

En dépit d’un contexte géo-politique et économique chahuté, l’UFIMH multiplie les projets pour accompagner les entreprises de la filière à poursuivre leur développement en 2026, qu’il s’agisse de croissance à l’international, de RSE ou d’innovation. Le point sur la stratégie déjà mise en place avec les co-présidents de l’Union, Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët.  L’UFIMH a largement défini sa stratégie pour l’année 2026. Quels en sont les grands axes? PFLL. Notre stratégie s’articule autour de deux grands pôles - les actions institutionnelles et celles qui concernent directement notre soutien aux entreprises. Le tout avec une même mission, défendre nos marques de mode créatives et responsables, ce qui passe d’abord par une lutte renforcée contre le modèle de l’ultra fast fashion que nous avons déjà mise en œuvre. Après un dialogue constructif avec le gouvernement, les assemblées françaises et européennes, la nouveauté 2026 devrait être l'ampleur européenne que va prendre le débat. Pouvez-vous nous préciser les temps forts de cette mobilisation européenne ? PFLL. L’UFIMH a mené plusieurs initiatives d’envergure sur le sujet en 2025, rassemblant 24 fédérations européennes de la mode autour d'un texte condamnant l‘ultra fast fashion et appelant la Commission à agir, ceci en collaboration avec l’association européenne Euratex. Nous comptons sur une amplification des actions et sur une coordination avec nos homologues des différents pays, qui travaillent eux aussi à la promulgation de lois anti ultra-fast fashion. Alors que nous attendons la promulgation de décrets en France, d'autres lois vont voir le jour dans les pays européens, notamment en Italie. Au niveau de la Commission européenne, nous avons en ligne de mire la mise en place de la taxe douanière de 3 euros sur les petits colis (qui arrivent de l’extérieur de l’UE) mais aussi dans le cadre de la France, avec celle de 2 € pour la gestion des contrôles de ces mêmes colis. Par ailleurs, nous suivrons tout le mois de janvier la tenue du procès à Aix-en Provence à laquelle l’UFIMH est associée, avec plus de 120 marques et 19 organisations professionnelles. Ensemble, nous accusons la marque Shein de “concurrence déloyale” et demandons réparation pour le préjudice économique subi. Par ailleurs, l’UFIMH sera à la manœuvre tout au long de l’année pour contrôler la mise en place des procédures et décisions prises en 2025. Avec toujours une même conviction, la préservation de la mode française passe par celle de la mode européenne. Par ailleurs, l’UFIMH va accompagner les principaux organismes à réécrire leur stratégie ?  LG. En 2026, le DEFI et l'IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement) sont appelés à renouveler leur gouvernance et à réécrire leur stratégie favorisant l'innovation des marques de mode françaises. L'UFIMH est naturellement impliquée puisque nous siégeons dans les conseils d’administration de ces organismes. Cette réécriture passera par le lancement d’études, des échanges avec les autres fédérations professionnelles mais aussi des administrations concernées afin d’aligner la vision du gouvernement et celle des fédérations. Le tout en gardant comme seul objectif l’intérêt des entreprises que nous servons. Dans le même temps, l'IFM – malgré la réduction du soutien de l’Etat - va poursuivre son développement en se fixant de nouvelles ambitions, soutenu là encore par les professions. Enfin, nous attendons avec impatience le nouveau cahier des charges de Refashion qui permettra sans doute à cet organisme d’être plus efficace et de déployer une véritable filière industrielle du recyclage en France que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. En 2026, c’est donc l’ensemble de nos organismes collectifs qui devront retravailler leurs stratégies pour relever de nouveaux défis. Un certain désengagement de l’Etat, la prise en compte de nouvelles concurrences, sans compter les impératifs liés à l'innovation, au développement durable ou à l'émergence de nouveaux modèles économiques nous imposent de revoir les feuilles de route. Dans ce contexte, l’UFIMH œuvrera pour que l’ensemble des acteurs de la filière travaillent de manière collégiale, alignant leurs stratégies pour rendre la mode française plus forte, plus innovante, plus responsable. Pour cela, l’UFIMH entend jouer un rôle de catalyseur, favorisant le dialogue et les synergies. Deuxième axe-clé, l’accompagnement des entreprises françaises, et celui-ci passe d’abord à l’export….  PFLL. L’ambition est d’aider nos entreprises à maintenir ou augmenter leur chiffre d'affaires dans un contexte où le marché français reste très difficile. Cet objectif passe naturellement par le développement à l’international.  Nos fédérations, appuyées par le DEFI, vont soutenir en 2026 environ 200 entreprises, via l’organisation de quelque 500 opérations à l’étranger. Notre accompagnement se veut à la fois opérationnel et personnalisé. Nos équipes spécialisées dans l’export travaillent avec les marques pour mettre en place une démarche personnalisée, qui leur permettra au mieux de pénétrer ou de conforter de nouveaux marchés : séjours d’immersion, participation aux salons locaux les plus stratégiques, présence dans des showrooms, sans compter des conférences, des workshops et la constitution, sur place, de réseaux avec les acteurs locaux… Les principales zones concernées restent l’Asie (Chine, Corée, Japon) et les Etats-Unis, même si ce dernier territoire s’inscrit dans un contexte géopolitique compliqué. Dans tous les cas, nous avons la conviction que l’international reste l’un des leviers majeurs de croissance pour nos entreprises, ce qui explique l’augmentation de notre investissement dans ce domaine. Après l’international, passons au deuxième axe fort de la stratégie de l’UFIMH, le développement durable… LG. Participer au développement d’une mode créative et responsable reste plus que jamais l’objectif de l’UFIMH et, dans ce contexte, environ 80 entreprises vont bénéficier d'un accompagnement pour optimiser leur stratégie en termes de RSE. Une volonté qui se concrétisera par des aides financières et un soutien à l’élaboration de leur stratégie, qu'il s’agisse d’un accompagnement personnalisé ou du suivi de conférences et workshops en ligne sur notre plateforme www.enmodedurable.fr. Plateforme qui réunit toutes les informations et conseils clés sur le sujet : point sur les certifications, enquêtes sur les couleurs et matières les plus vertueuses, approvisionnement responsable…. Reste le domaine de l’innovation que l’UFIMH compte également  investir… PFLL & LG. Au second semestre 2026, à l’initiative de l’UFIMH, l’IFTH organisera à Paris la première Journée de l'innovation. L’objectif ? Partager avec toutes les marques l’ensemble des nouveaux procédés, technologies et matières qui permettent d'être plus innovants dans les process. L’événement se voudra très concret, l’occasion de présenter de nouvelles fibres, de nouveaux tissus, de nouveaux procédés pour être plus efficace et moins impactant. L’événement sera également consacré à l'usage des outils numériques, et notamment de l'intelligence artificielle. Via notre plan d'action digital, nous aidons déjà des entreprises à amplifier leur impact numérique et beaucoup utilisent ces subventions pour financer des formations à l'intelligence artificielle ou l’acquisition de logiciels d’IA. Avec le soutien du DEFI, nous continuerons de proposer à presque 200 entreprises une aide à la transformation numérique, nous poursuivrons notre mission en proposant en 2026 un panorama de toutes les solutions d'intelligence artificielle existantes au service des différentes fonctions dans une entreprise de mode. Là encore, notre approche sera pragmatique avec un ensemble de solutions répondant à des problématiques concrètes : « quelles solutions existent si je veux mettre en place l’automatisation de mes étiquettes ? Optimiser ma logistique ? ». Cette démarche ambitieuse sera menée également avec l'IFTH, l’occasion de montrer une fois encore les multiples synergies au sein de la filière, bien décidée collectivement à œuvrer pour son avenir.

Salon Maison & Objet 2026, ce qu’il faut retenir de l’événement…

Du 15 au 19 janvier dernier, la 61ème édition du salon Maison & Objet a présenté les tendances et les acteurs qui font le design de demain ; sans compter de nombreuses marques d’accessoires, de plus en plus intéressées par la décoration. Le point avec Julie Pradier, directrice marketing et communication du salon. 2300 marques (dont 500 nouvelles) venues de 145 pays, quelque 70 000 visiteurs et surtout une édition jugée très riche, dévoilant un panorama à 180° des grandes inspirations du moment… Le salon Maison & Objet a, une fois de plus, accompli sa mission. La preuve avec ces cinq tendances et moments clés. 1/ “Past Reveals future”, un thème fédérateur autour de la mémoire revisitée.  « Avec ce thème, nous avons voulu nous replonger dans l’héritage pour mieux penser demain. Cette volonté s’inscrit dans l’ADN de Maison & Objet qui a toujours été la caisse de résonance des métiers d'art comme de la création contemporaine. Une passerelle entre des savoir-faire ancestraux et le design contemporain, assure Julie Pradier. Cette problématique, qui fait plus que jamais écho aux préoccupations de l’époque, s’est déployée autour de quatre tendances qui ont ponctué la déambulation. Métamorphose a magnifié la dynamique de l’upcycling et les nouvelles créations réalisées à partir des rebuts du quotidien. Mutation a présenté les grandes hybridations entre gestes traditionnels et techniques innovantes. Le Baroque revisité a mis en lumière la puissance de cette tendance portée par une nouvelle génération qui travaille les savoir-faire dans une approche contemporaine. Et enfin, le Néo-folklore a consacré les récits locaux réinventés à l'aune des nouvelles technologies. Quatre thématiques déclinées notamment dans les espaces What’s new, à l’image de celui d’Elisabeth Leriche qui a imaginé une scénographie immersive remettant à l’honneur les arts décoratifs dont les savoir-faire exceptionnels servent de matrice pour créer les décors, objets et mobilier de demain. Une Ode aux savoir-faire qui s’est prolongée dans l’espace In Materia dédié aux métiers d’art, avec une sélection de pièces uniques ou de petites séries façonnées dans des ateliers d’art, le tout imaginé en partenariat avec Ateliers d’Art de France. 2/ Un nombre grandissant de marques d’accessoires désireuses d’élargir leur univers. Si le salon a, depuis sa création, accueilli des marques de mode dans un espace dédié (fashion accessories), le secteur a, depuis plusieurs années, largement accru sa présence. Lors de cette édition, 206 marques ont exposé à Maison & Objet, ce qui traduit le nouvel intérêt de ces maisons pour l’univers de la décoration et, plus globalement, celui de la maison, explique Julie Pradier. « De nouvelles marques de prêt à porter et d’accessoires choisissent aujourd’hui de développer un esprit plus concept-store, introduisant dans leur proposition globale des pièces de design et de décoration, qu’il s’agisse de petits objets (bougies, vases, art de la table) ou même de mobilier. Une façon pour elle construire un univers à part entière avec une offre multiproduits qui peut constituer de nouveaux relais de croissance. » 3/ Harry Nuriev, designer de l’année. Nommé designer de l’année 2026, Harry Nuriev a imaginé un espace porté par les valeurs du “Transformisme”, qu’il définit par la volonté de donner une seconde vie aux objets qui ont perdu leur place dans nos sociétés. Mêlant créations contemporaines et savoir-faire ancestraux, le jeune designer a présenté plusieurs pièces issues de sa collaboration avec des maisons de luxe françaises. Des objets qui cherchent tous à remettre en question le concept de beauté, pour le redécouvrir à travers ce qui a été rejeté, ignoré ou oublié. « Dans un monde qui n’a plus besoin de davantage de choses, le transformisme offre un geste bienveillant, un outil de réflexion, un acte créatif honnête », affirme-t-il. Une façon personnelle d’illustrer l’une des tendances fortes du salon, autour du réemploi des matériaux. 4/ L'éco-responsabilité, plus que jamais… Si la sustainability infuse l’ensemble de la création présentée au salon, les halls 1 & 2 ont été largement dédiés à cette thématique, notamment l’Eco Materials Corner qui a réuni une sélection internationale de fabricants de matériaux et de revêtements éco-conçus pour l’architecture intérieure, la décoration et le mobilier. « Une manière pour Maison & Objet d’affirmer son rôle de prescripteur dans la promotion de solutions responsables et de réaffirmer que la durabilité est au cœur des valeurs du salon, reprend Julie Pradier. Rappelons que Maison & Objet, depuis sa création, met en avant des marques haut de gamme qui militent pour une création durable. Dans cet esprit, le salon imagine chaque année un parcours spécifique avec une sélection de marques (réalisée par un jury indépendant) qui présente une démarche particulièrement innovante en termes de « sustainability ». 4/ Un salon et beaucoup plus… Un salon pour découvrir la création, un salon pour penser demain… Comme chaque année, Maison & Objet a conçu pour sa communauté une série de conférences sur les thèmes les plus fédérateurs (le rayonnement du design français aux Etats-Unis, l’IA au service de la culture et de la création…). En parallèle, le programme Maison & Objet In the City a proposé cette année un parcours parisien exceptionnel avec 100 adresses de référence dans l’univers du design. « Avec ce programme, nous voulons offrir une expérience globale à nos visiteurs, notamment aux étrangers qui représentent 50% de notre public et qui entendent bien profiter aussi de la ville. Cette année, l’événement leur a permis de découvrir des lieux exclusifs et surtout, de participer à de multiples événements imaginés dans ces espaces ». Par ailleurs, Maison & Objet se veut aussi une communauté d'acheteurs, de fabricants, de prescripteurs, d’architectes d’intérieur. « Notre mission est de connecter cette communauté, la nourrir et l'inspirer, explique Julie Pradier. Nous le faisons toute l’année avec notre market place mais aussi via des événements comme celui organisé chaque année à Hong Kong ». Lors de son édition de décembre dernier, Maison & Objet Interieurs Hong Kong a réuni plus de 200 marques, artisans et architectes d’intérieurs pour une expérience immersive permettant de découvrir in situ le meilleur de la création. L’événement qui a attiré de nombreux visiteurs venus de toute l’Asie, devrait être bientôt décliné dans d’autres villes. Pour en savoir plus sur le salon : https://www.maison-objet.com/paris    

3 questions à… Nathalie Barataud, associée de la marque Mapoésie.

« Nous proposons une fantaisie textile et créative » Fondée en 2010, la maison parisienne de prêt à porter, d’accessoires textiles et de décoration connaît un succès jamais démenti grâce à un univers singulier, fait de couleurs chatoyantes et de motifs ultra-graphiques. Retour sur 15 années d’un développement créatif sans fausse note, avec Nathalie Barataud.  Pouvez-vous tout d’abord nous définir l’esprit de votre marque, sa signature créative ? Mapoésie a été imaginée en 2010 par Elsa Poux (diplômée des Arts Déco) que j‘ai rejoint en 2018. Nous proposons un univers bien précis entre mode, design et arts graphiques, avec une signature visuelle très identifiable : des motifs géométriques, des jeux de couleurs, une esthétique inspirée de l’artisanat du monde entier. Cette singularité tient sans doute au fait que nous travaillons comme un studio créatif, l’ADN de la marque réside dans la création de motifs qui sont ensuite déclinés sur différents supports : des pièces de mode, de l’accessoire ou encore du linge de maison. Ici, tout part du dessin et de la couleur ! Nous avons commencé par l’accessoire, notamment les foulards en matière naturelle : coton, ou soie pour l’été et principalement des laines pour l’hiver. En 2014, nous avons investi l’univers de la maison avec des coussins, des tapis…. En 2017, nous avons franchi un autre cap avec l’accessoire de plage. Nous avons commencé par des draps de plage imprimés puis des vêtements de mode proposés en taille unique : robes de plage, combinaisons, kimonos… La première collection a été un vrai succès et beaucoup de clients nous ont demandé ce que nous allions faire l’hiver prochain. Cela nous a décidé ! Nous proposons désormais une ligne de Prêt à porter hiver comme été, et toujours une ligne plage. Après 15 années de création, la marque propose un véritable univers composé de prêt-à-porter, d'accessoires et de pièces pour la maison, le tout avec plus de 300 références par collection. Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ? Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%. Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan). Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue. Quels sont vos projets pour les prochaines années ? Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie. Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise… Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH. Découvrez Mapoésie : https://mapoesie.fr/fr/  

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