3 questions à … Julien Tuffery, Président de Atelier Tuffery

7 juillet 2025

« Nous défendons une production locale, 100% cévenole »

Créé en 1892 à Florac, l’atelier Tuffery a été l’un des premiers producteurs de jeans en France. Après une longue période de déclin, il a retrouvé un nouveau souffle sous la direction de Julien & Myriam Tuffery qui conjuguent éthique et modernité avec des collections de jeans, pulls et manteaux aussi durables que désirables…

Vous êtes la quatrième génération de la famille à la tête de cette manufacture. Pouvez-vous nous rappeler les grandes dates de son histoire ?

Tout a commencé ans les années 1890. Mon aïeul Célestin Tuffery, maître tailleur, cherchait à répondre aux demandes des ouvriers affluant dans la région pour construire le chemin de fer qui allait traverser les Cévennes. Il a alors acheté à Nîmes une toile relativement simple teintée en indigo et commencé à fabriquer des sur-pantalons très fonctionnels dans ce tissu économique, facile d’entretien et ultra- robuste. C’est ainsi qu’est né, en 1892, l’un des premiers jeans français. Son fils a repris l’entreprise à la fin des années 1930. Entretemps, l’atelier de Florac avait acquis une vraie notoriété mais c’est dans les années 60-70 que l’entreprise est passée à la vitesse supérieure, avec une quarantaine de couturières qui produisaient plus de 500 jeans par jour. Hélas, ce développement a été stoppé dans les années 90 avec la délocalisation de la production textile française au Maghreb et en Asie. En 2000, la manufacture ne comptait plus que 3 salariés, elle était condamnée à disparaitre alors qu’elle possédait encore un vrai savoir-faire. En dépit de sa vétusté apparente, cette entreprise présentait à mes yeux une modernité évidente, en termes d’enjeux de mode et de production responsable.  En 2015, j’ai décidé avec mon épouse Myriam de reprendre l’entreprise. Nous avons tous deux choisi d’abandonner nos carrières d’ingénieurs pour relever le défi.

Quelles innovations avez-vous apportées et quelles collections proposez-vous aujourd’hui ?

Nous voulions à la fois préserver les savoir-faire, les transmettre et restructurer l’entreprise en y infusant des techniques modernes, de commercialisation, de communication et de digitalisation.

Nous sommes la quatrième génération de la famille, des passeurs de temps et c’est dans cet esprit que nous avons pensé une démarche à long terme, en plaçant l’humain au centre.

Nous avons repensé la manière de fabriquer en instaurant une grande polyvalence et d’agilité dans la production. Nous sommes tous les deux des passionnés du Made in France, nous défendons la production locale et une consommation plus raisonnée mais on savait que pour réussir, il fallait avant tout des collections désirables. Aujourd’hui, nous vendons en ligne des jeans mais aussi des chemises, des vestes, des pulls et des manteaux, le tout fabriqué dans les coupes les plus contemporaines et avec des matières premières d’exception : laine de Lozère, coton des Vosges, chanvre d’Occitanie et délavage réalisé dans la Sarthe. Notre mantra ? Trouver au plus près les meilleures qualités.

Vous venez de fêter les 10 ans de ce renouveau. Quel bilan faites-vous et comment pensez-vous les prochaines années ?

Nous sommes fiers de dire que nous avons atteint notre principal objectif : sauvegarder, transmettre et donner un avenir au patrimoine de la marque. Nous avons renoué avec la croissance et faisons travailler une quarantaine de salariés, une équipe extraordinaire par sa motivation et son envie d’avancer. Nous avons investi dans de nouveaux locaux imaginés par la designer Matali Crasset. Elle venait en vacances dans les Cévennes, nous sommes devenus amis et elle a accepté de redessiner nos deux bâtiments à l’aide de matériaux locaux. Notre objectif est de poursuivre ce développement mais aussi d’initier des projets qui nous tiennent à cœur : sensibiliser les jeunes de la région aux métiers du textile, proposer des ateliers éphémères à des artisans de toutes disciplines…

Autre projet un peu fou… Proposer à notre communauté d’acheter une brebis Mérinos pour 450 euros afin d’enrichir notre troupeau (150 têtes) que nous avons constitué au début de l’année. Cela est déjà un vrai succès puisqu’en quelques jours, quelque 300 brebis ont été adoptées. La laine de nos bêtes a été tondue en avril puis tissée dans notre filiale située dans le Tarn. Elle permettra de produire nos pulls et nos manteaux avec un fil de plus grande qualité encore, très doux et très fin. Et surtout de poursuivre notre ambition de relocalisation avec des matières premières 100 % made in Cévennes.

Découvrez Atelier Tuffery: https://www.ateliertuffery.com/

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Grand entretien avec… Thibaut Ledunois, Directeur de l’entrepreneuriat et de l’innovation de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, membre de l’UFIMH.

« Les marques qui réussissent associent prudence, ambition et créativité ». Une nouvelle génération de marques prend une place grandissante dans le marché, renouvelant la façon de penser la création comme le fonctionnement même de la mode. Communauté, produit, gestion, développement international… Avec Thibaut Ledunois, le point sur les stratégies qui redonnent de l'élan au prêt-à-porter français. 1/ On observe aujourd’hui un vrai renouveau du secteur avec des marques nées dans les années 2010 qui s'imposent peu à peu sur le marché français. Que représentent-elles dans l'écosystème de la mode ? Dans le contexte économique et géopolitique actuel, les marques nées avec l'essor du e-commerce et des réseaux sociaux, résistent et continuent d'influencer le secteur. Avec dix à vingt ans d'activité, elles apportent un dynamisme précieux, à la fois créatif, économique et politique. Cela dit, leur poids n'est pas proportionnel à leur influence. Face aux volumes de l'ultra fast fashion, des grandes marques traditionnelles et de la seconde main, leur part dans le marché du prêt-à-porter, en France comme à l'international, reste modeste. Certains estiment le chiffre d'affaires de Sezane entre 500 et 600 millions d'euros en 2025, mais la majorité des jeunes marques françaises réalise plutôt entre 1 et 40 millions d'euros et pèsent environ 3 % du marché. Cette génération, dite des DNVB (Digital Native Vertical Brands, nées en ligne qui maîtrisent leur distribution) influence et inspire, car elle porte une nouvelle vision de la consommation de mode et du prêt-à-porter français. On lui doit un engagement fort en matière d'inclusion et de respect du vivant, mais aussi des approches marketing devenues des évidences : sentiment d'appartenance à une communauté, collections exclusives, omnicanalité, création de contenus. 2/ La plupart n'hésitent pas à bousculer les stratégies habituelles de développement, et cela dès leur création. Quels sont leurs choix les plus spécifiques, et en quoi participent-ils à leur succès ? Je voudrais tout d’abord saluer cette génération qui, loin des clichés, laisse une vraie place aux femmes, à l’image de Balzac, Make My Lemonade, Livy… Une spécificité française dont on peut être très fier, dans un univers où les inégalités demeurent en termes d’entrepreneuriat au global. En revanche, on réduit souvent ces marques à celles des « diplômés d'écoles de commerce». Veja a ouvert la voie, suivie par Le Slip Français, Faguo, Asphalte… Pour certaines, ce n'est pas faux, mais très réducteur. Selon moi, leur réussite tient justement à un équilibre très fin entre un vrai sens des affaires, une parfaite maîtrise de la communication et du marketing, qu'elles ont dépoussiérés en incarnant une fraîcheur accessible, sans compter l'exigence du produit. Le métier d'entrepreneur de mode est devenu extrêmement exigeant. Il faut être très curieux, comprendre les enjeux du secteur et ses mutations, faire évoluer sans cesse sa marque, son image et son produit, et rester très agile dans ses investissements comme dans ses stratégies. Les fondateurs et fondatrices qui réussissent ont en commun de gérer leur entreprise « en bons pères et mères de famille », avec cet équilibre fin entre prudence et créativité.  3/ Cette nouvelle façon de penser l’entreprise se poursuit à mesure que la marque se développe. Quelles initiatives vous semblent les plus inspirantes ? J'insiste aujourd'hui sur trois points clés. Le premier, c'est la force communautaire de la marque. Dans un moment d'incertitude, de fragmentation et de perte de repères, les marques sont plus que jamais des espaces où les consommateurs expriment leur identité. Une marque forte incarne un mode de vie, une vision de la société, des codes culturels capables de fédérer une communauté. Elle devient un étendard, au même titre qu'un club de basket ou une origine géographique. Le deuxième, c'est le produit, qui doit rester au centre du projet. Il ne doit pas être désirable, il doit être irrésistible. Deux options s'offrent alors à la marque. Soit le produit est si singulier qu'il en devient irremplaçable (« je veux ce pull parce que je n'en trouverai jamais de pareil ailleurs »), soit le rapport entre qualité, désirabilité et prix est parfait.  Parmi les marques qui fonctionnent bien, Triple Sphère, Bazist ou Sœur répondent davantage au premier modèle tandis que Museum Garment, Maison Lecomte Flament ou Barnis correspondent plutôt au second. Mais dans tous les cas, trois critères sont pris en compte : on ne peut en négliger aucun. Le troisième, je l’ai déjà mentionné, c'est une gestion rigoureuse et prudente. La mode a longtemps profité de marges confortables pour absorber des dépenses inutiles, une gestion « instinctive » ou des frais « d'image ». C'est terminé. Les consommateurs ne comprennent plus certains niveaux de prix, et les coûts de fabrication augmentent. Résultat ? La marge opérationnelle baisse, ce qui impose un pilotage très fin des dépenses, du retour sur investissement, des achats et des stocks. Cela repose souvent sur un duo ou un trio à la tête de l'entreprise, une attention portée aux chiffres, et la capacité à bien s'entourer. 4/ Vous le précisez, certaines de ces maisons pionnières ont entamé leur développement il y a plus de dix ans. Quel retour d'expérience peut-on en tirer ? Et constitue-t-il un viatique pour penser demain ? Je parlais récemment avec le fondateur d'une marque qui réalise aujourd'hui 40 millions d'euros de chiffre d'affaires, lui demandant si l'histoire serait la même s'il se lançait maintenant. Il m'a d'abord répondu « bien sûr », puis s'est repris quelques secondes plus tard : « En fait non, ce serait plus difficile. » La génération des années 2010 a su profiter de la vague des réseaux sociaux, de l'essor du e-commerce et de la recomposition du tissu industriel européen. Son enjeu, désormais, est de durer. Elle doit poursuivre son internationalisation, sur laquelle reposent en grande partie nos succès français, et innover dans ses processus comme dans l'intégration de l'IA, tout en préservant ses savoir-faire et sa capacité à comprendre notre époque par l'humain. Pour les marques qui émergent en ce moment, reproduire à l’identique ces recettes serait une erreur. Elles restent valides mais, partant de ce socle, la mission est aujourd’hui d'inventer de nouveaux codes, dans un monde de social commerce, de vidéos publicitaires entièrement générées par l'IA…. C'est exactement le type de défi qu’ont relevé, il y a quinze ans, les marques qui réussissent aujourd'hui. Aller plus loin en découvrant le magazine Flair

Enquête : Communication, les nouvelles règles du jeu.

Renouveau des médias traditionnels, rôle majeur des influenceurs, nouvelle place donnée aux événements… Les marques doivent aujourd’hui repenser leur communication pour augmenter visibilité et désirabilité. Notre regard sur ces grandes évolutions avec Johanna Sebag, fondatrice de l’agence Dress Code qui accompagne plusieurs dizaines de marques, dans leur développement.  C’était il y a 20 ans, c’était un autre monde. Pour se faire connaître, les marques avaient pour principale cible les magazines féminins qui donnaient le LA du style, du bon goût et de la modernité. En deux décennies, cet univers s’est radicalement transformé ; la presse classique ne constitue plus la référence ultime, rattrapée par la puissance des nouveaux médias, des influenceurs et des réseaux sociaux. Il est donc essentiel de bâtir une communication qui intègre l’ensemble de ces acteurs et tienne compte de l’évolution des désirs des consommateurs, comme l’assure Johanna Sebag. « L'écosystème a totalement changé. Dans les années 2000, on avait les magazines print, l'affichage et c'est tout. L'apparition du digital et les nouvelles attentes des clients ont bouleversé le champ de la communication qui doit désormais être singulière, multicanale et parfaitement orchestrée ».   Un récit fondateur pour mettre en avant savoir-faire, émotion et authenticité. Premier élément-clé de cette stratégie, l’élaboration d’une plateforme de marque capable de définir son identité et sa singularité par rapport à ses concurrents. « Il faut que la marque écrive son territoire, son ADN afin qu’elle puisse d’abord se comprendre elle-même, confirme Johanna Sebag. Elle doit pour cela élaborer un récit authentique et sincère, mettant en lumière les valeurs fortes qui suscitent l’adhésion des consommateurs : l'artisanat, le savoir-faire, l'émotion, l'authenticité, le respect des hommes et de la planète. La traçabilité constitue aussi l’un des critères majeurs. Les clients ont envie de savoir comment et où la marque produit. Ils plébiscitent l’engagement, notamment à travers les certifications ou des labels comme BCorp ». Une exploitation raisonnée de l’ensemble des médias.  Une fois cette vision définie, reste à composer ces différents acteurs qui possèdent chacun leurs atouts, à commencer par les magazines féminins ou dédiés à la mode. Si leur audience a chuté, tous conservent une valeur ajoutée : le sérieux et l’expertise liés à la rigueur journalistique, sans compter une vraie culture de mode. « La presse magazine reste un passage obligé, assure Johanna Sebag. Elle raconte une histoire que l'on ne peut pas raconter via d'autres canaux. Elle aborde les sujets par la culture, la création et sacralise la mode sur un support physique -le papier- qui valorise une forme de noblesse et une intemporalité ». Sérieux, culture… Autant d’atouts dont s’emparent aussi les médias on-line tout en offrant une vision plus fraîche et contemporaine de la mode, notamment en termes visuels. De plus, tous fédèrent leur communauté en élargissant le champ des références, dans une transversalité qui signe l’époque…. On y retrouve la mode bien sûr mais aussi la littérature, la food, la musique ou la sociologie ; mis en avant par des artistes ou les créateurs eux-mêmes ». Restent enfin les influenceurs qui ont incontestablement participé à remodeler les habitudes de consommation avec une parfaite compréhension des codes numériques et un message qui privilégie l’émotion plutôt que l’information. L’essentiel consiste alors à choisir les ambassadeurs les plus en phase avec l’ADN de la marque, sachant que la prime est à la nano-influence avec des Key Opinion Leaders qui disposent d’une petite communauté mais très qualifiée. « Ces acteurs sont précieux car complémentaires mais cet écosystème ne peut exister seul ajoute Johanna Sebag. Il doit également s’enrichir de prises de parole de la marque elle-même ».  La création d’événements qui font de la marque son propre porte-parole.  Ces prises de parole permettent à la marque d’entrer directement en relation avec sa communauté, raconter son histoire en dehors d'une journaliste, d'une influenceuse ou d'un talent.  Une façon de sacraliser un dialogue qui peut prendre de multiples formes… Des événements on-line ou physique, la création de book-clubs, de running-clubs, le partage d’un engagement autour d’une cause fédératrice portée par le/ la fondatrice qui peut s’exprimer à travers son compte Instagram ou même un podcast. Dans tous les cas, cette incarnation tisse une proximité inestimable avec les clients. Elle soude une communauté qui se sent encore plus proche de la marque et de ceux qui la font, dans un partage de valeurs et d’émotions. Mais rappelons-le, ces outils ne sont précieux que s’ils nourrissent une vraie vision pour la marque, assure Johanna Sebag. « Aujourd’hui tout est important : le off-line, le on-line, l'influence, les talents, l'affichage sauvage, les podcasts… Ce qui fait la différence, c’est l'enchaînement entre ces modes de communication pour assurer une visibilité sur le temps long, et la cohérence de l’écosystème global. La clé du succès ? Un message fort, une pluralité d'expressions, et un parfait tempo. »

3 questions à… Guillemette Bataille, fondatrice de Maison Guillemette.

« Nous parions sur une gestion millimétrée de notre production ». Alors que la marque fête cette année les 10 ans de la création de son prêt à porter, sa fondatrice nous dévoile les éléments clés d’une stratégie de développement qui a permis à la maison d’enregistrer une croissance saine et régulière, et cela depuis sa création… 1/Vous avez fondé Maison Guillemette en 2014. Dans quel esprit l’avez-vous pensée sur le plan créatif et quel modèle économique avez-vous choisi de mettre en place ? J’ai toujours aimé la mode mais j’ai fait une école de commerce et, même si j’étais plutôt habile de mes mains, je ne savais pas coudre ! J’ai donc débuté par l’univers qui me semblait le plus accessible, l’accessoire et le bijou que j’ai d’emblée pensés pour des moments d’exception. J’ai commencé à créer des pièces assez singulières, très couture ; des couronnes de fleurs ou des ornements de cheveux pour les futures mariées qui ont connu un vrai succès. En 2016, j’ai dessiné une première pièce de mode, un top noir dos nu avec de la dentelle de Calais que l’on pouvait accessoiriser avec l’une de mes broches. A ma grande surprise, nous en avons vendu 50 exemplaires en 48h ! J’ai compris que les fidèles de la maison attendaient de moi un univers plus large et me suis lancée dans le prêt à porter avec un fil rouge, des collections délicates, féminines, et une certaine sophistication. Le développement de la maison s’est fait ainsi, mélange de prudence et d’intuition, avec des règles précises. Tout d’abord, la mise en place d’un système de précommandes pour limiter les invendus, puis la création de notre atelier de production à Montreuil. Celui-ci rassemble aujourd’hui plusieurs couturiers, une équipe de passionnés qui confectionnent une grande partie de nos collections. Ce lieu témoigne de notre attachement au Made in France et nous offre une agilité en termes de volume comme de création puisque nous lançons en continu des prototypes. Côté sourcing, nous travaillons avec des fournisseurs français, notamment les dentelliers de Calais, et des partenaires étrangers (Portugal, Turquie etc). Nous avons tissé des liens forts avec tous et nous avançons ensemble. En septembre 2023, nous avons lancé une ballerine imprimé léopard en faisant tout d’abord produire une centaine de paires, nous en avons finalement vendu plus de 3500. Face à la demande, nous avons dû relancer la fabrication très vite et notre fabricant au Portugal a parfaitement relevé le défi. 2/ Comment avez-vous pensé l’aspect retail ? Nous avons inauguré une première boutique parisienne fin 2019, après avoir reçu nos clientes dans notre show-room. Ce lieu nous a permis de déployer notre univers, et nous avons ouvert une nouvelle adresse en 2022, tout en nous rapprochant de partenaires qui nous distribuent au Japon et aux Etats-Unis. Avec ce choix du retail, nous ne pouvons pas nous contenter du seul modèle de pré-commandes mais nous restons très prudents sur nos volumes de production. Jusqu’à l’année dernière, nous étions parfois en rupture de stock mais en 2026, nous avons osé produire davantage, ce qui nous a permis de vendre plus. Dans le contexte économique du moment, je reste néanmoins convaincue de la nécessité de gérer la production de façon millimétrée, ce qui permet aussi d’aller au plus près des attentes de nos clientes. Celles-ci adhèrent d’ailleurs à cette philosophie, avec le sentiment que nous sommes à leur écoute et que nos propositions sont vraiment pensées selon leurs désirs. 3/ Vous fêtez cette année les 10 ans du prêt à porter de votre maison. Comment imaginez-vous la suite ? Notre objectif est de poursuivre ce développement dans le même esprit. Nous sommes à la recherche d’une troisième adresse parisienne et allons être distribués dans un grand magasin aux Etats-Unis. Par ailleurs, nous réfléchissons à faire évoluer notre communication, sans toutefois nous trahir. Nous avons la chance de fédérer des clientes qui portent nos vêtements dans des moments d’exception, où ils sont vraiment visibles. Notre développement s’est largement fait par le bouche à oreille et notre communauté aime ce côté exclusif ; l’assurance de pouvoir choisir une robe, un bijou qu’elles ne verront pas porter par d’autres. Nous avons pris le parti de jouer sur cette confidentialité, cette excellence discrète. Désormais, la maison est installée dans le paysage de la création et nous pouvons peut-être adopter une voix plus affirmée avec des événements autour de pop-up par exemple, le tout sans changer notre philosophie. Ce bouche à oreille ne nous donne pas une énorme visibilité mais il nous a permis de développer une croissance saine et continue. Celle-ci sera d’ailleurs un peu exceptionnelle cette année, entre 20 et 30%, ce qui prouve que nous sommes sur le bon chemin. Pour découvrir la marque : https://showroom.maisonguillemette.com/en/    

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