Grand entretien avec… Raffaello Napoleone, conseiller délégué pour les relations internationales et institutionnelles du salon Pitti Immagine Uomo.

12 septembre 2026

« France et Italie doivent, ensemble, travailler à conserver leur leadership ».

Lancé en 1972, le salon florentin s’impose désormais comme l’événement international majeur de la mode masculine, rendez-vous incontournable des marques et des acheteurs, des designers et des médias. Avec Raffaello Napoleone, le bilan de l’édition de juin 2026 et, plus largement, le rôle clé joué par cet événement dans la dynamique du secteur.

L’édition 2026 vient tout juste de se clore. Quel premier bilan en faites-vous ?

Nous sommes très satisfaits de cette 110éme session, placée sous le thème de « La piscine ». Nous avons reçu 14000 visiteurs environ parmi lesquels 11000 acheteurs, soit -3,2% par rapport à 2025, alors que l’événement a connu de fortes perturbations, liées notamment à des retards de train. Par ailleurs, ces chiffres s’accompagnent d’une audience plus qualitative. Nous avons reçu les grands acheteurs de toute l’Asie mais aussi d’Australie, des Etats-Unis… Des acteurs clé du marché international qui continuent de penser que le salon est LE rendez-vous à ne pas manquer, pour saisir l’esprit des nouvelles collections et rencontrer tous ceux qui « font » la planète mode.

Côté médias, le salon a accueilli plus de 1660 journalistes, dont 50% d’étrangers, ce qui conforte notre dimension internationale. Enfin, nous avons fait carton plein côté exposants, avec 740 marques, dont 24 maisons françaises.

Le Pitti est désormais l’un des moments les plus attendus dans l’univers de la mode masculine. Comment pensez-vous son organisation, pour répondre à ces ambitions ?

En amont des salons, nous organisons des conférences de presse dans le monde entier pour appuyer le travail de nos agences de relations publiques basées dans ces pays. Notre objectif est de présenter les lignes de force des prochaines éditions, de mettre en avant les évolutions que nous mettons en place au sein de nos six sections.

Pour cette édition, nous avons par exemple transformé la section I Go Out en Outopia, en collaboration avec la revue d’avant-garde Vanish pour explorer la fusion entre performance, mode et nature. Après un premier essai réussi en janvier dernier, nous avons reconduit la section de parfumerie sélective, High beauty, avec une sélection de 15 marques indépendantes.

Vous avez par ailleurs multiplié les événements… 

Le coréen JiyongKim a fait une installation très remarquée dans les espaces du Magazzino O7, tout comme la société chinoise de fils de luxe Consinee. Simone Rocha a présenté son premier défilé de mode masculine au Teatro della Pergola ainsi que DSM pour Dover Street market, le concept-store japonais historique qui a choisi de lancer en 2025 sa propre marque.

On y a aussi découvert, pêle-mêle le show du label danois Sunflower ; la première collection du designer anglais William Palmer, lauréat du « I-C Pitti Imagine Award » l’an passé, sans oublier un projet majeur d’artisanat japonais porté par la Japan Apparel Fashion Industry Association.

Par ailleurs, le salon a également salué le retour de plusieurs institutions…La marque new-yorkaise Refrigwear, ou le groupe WP Lavori in Corso qui a déployé l’ensemble de ses marques, notamment Barbour.

En tout, une quarantaine d’événements ont pris place dans des lieux magiques, à commencer par la Fortezza da Basso qui aimante tous les regards. Et cette édition a permis, une fois encore, de prendre le pouls de la création contemporaine, faisant du Pitti un lieu stratégique sur le plan économique, mais aussi un moteur culturel qui génère de nouvelles idées, tendances et connexions.

Le principe des salons est largement questionné à l’heure d’internet et des réseaux sociaux. Comment l’avez-vous fait évoluer pour préserver son prestige et son influence ?

Il s’agit pour nous d’une question-clé. Nous réfléchissons à l’apport des nouvelles technologies, et notamment de l’IA pour penser le futur du salon. Pour cela, nous avons demandé à Ivano Cauli, déjà directeur de l’innovation du Pitti et expert incontesté du domaine (fondateur en 2004 de Openmind) de nous rejoindre au conseil d’administration pour renforcer nos actions dans ce champ. Par ailleurs, nous allons poursuivre notre développement à l’étranger. Toujours membre du conseil d’administration, j’occupe désormais le poste de conseiller délégué pour les relations internationales et institutionnelles, avec la mission d’amplifier les liens avec des zones comme l’Europe de l’Est (Pologne) le Sud-Est asiatique et l’Inde, sans compter l’Amérique du Sud où nous réalisons déjà un travail important, grâce aux accords du Mercosur.

Comment la mode italienne se porte-t-elle ? Et Comment l’état italien soutient-il le secteur ? 

En 2025, la mode italienne a réalisé un chiffre d’affaires de 58,39 milliards d’euros, soit une baisse de 2,4% par rapport à 2025, ce qui est plutôt une bonne performance dans un contexte géopolitique très difficile, notamment avec la compression de marchés importants, comme les pays du golfe. Nos exportations ont représenté 63,3% de ce CA.

Face à cette situation de repli, le gouvernement italien se veut très actif, accompagnant notamment les TPE et PME très nombreuses dans le pays. Le secteur italien de la mode réunit environ 300 000 salariés pour 37500 entreprises, ce qui fait une moyenne de 8 salariés par entité. L’État participe au maintien à l’emploi avec des aides, elle est également présente pour stimuler la vitalité du secteur. Elle accompagne, par exemple, notre salon en finançant le voyage et le séjour à Florence de quelque 300 acheteurs étrangers, par édition.

La France et l’Italie possèdent deux des industries de mode les plus influentes au monde. Quels sont selon vous les principaux défis qu’elles ont intérêt à relever ensemble aujourd’hui ? 

Entre l’Italie et la France, la mode est une histoire à la fois longue et partagée. Nous sommes venus à la mode grâce à la France. Le marché français reste toujours le premier pour l’Italie et l’inverse est vrai. Nous partageons une même culture de mode en termes d’image, de création, de promotion et nous sommes, aujourd’hui encore, les deux grands pays de référence pour cet univers.

Je pense, par ailleurs, que le futur de la mode va largement s’écrire en Europe. Pour cela, il faut tirer parti de notre complémentarité afin de faire face notamment à l’agressivité d’un pays comme la Chine, en travaillant à la mise en place de réglementations plus efficaces et en renforçant nos liens, via notamment nos fédérations. Nous entretenons d’ailleurs un lien fort et pérenne avec Promas, l’Office de promotion de l’habillement masculin ou encore de l’FIMH.

Nos deux pays ont en commun la capacité de proposer une mode unique, par l’excellence de nos savoir-faire, par une forme de « bon goût » et une créativité qui nous permet à la fois d’être les sismographes des évolutions sociétales, et de pouvoir y répondre. L’Italie et la France ont tous les atouts pour continuer, ensemble, à porter ce leadership.

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Lutte contre la mode ultra-express. Les fédérations européennes veulent porter les frais de gestion à 10 euros par colis.

Après leur première Rencontre de 2025, les fédérations européennes du textile et de l’habillement se sont à nouveau réunies -à l’initiative de l’UFIMH et de l’UIT et avec la collaboration d’Euratex- le 1er septembre dernier lors du salon Première Vision. L’objectif ? Poursuivre ensemble la lutte contre la déferlante de la mode ultra-express. Le point sur les principales propositions énoncées, qui visent toutes à préserver l’intégrité du marché européen. Pas d’actions ponctuelles mais bien une stratégie cohérente et pensée sur le temps long. En septembre 2025, 22 fédérations européennes du textile et de l’habillement représentant 17 pays se réunissaient lors du salon Première Vision, décidant de s’engager ensemble dans la lutte contre l’ultra fast-fashion. Les premiers objectifs fixés par cette coalition ? La suppression de l’exonération des droits de douane pour les envois de faible valeur (moins de 150 euros) et l’instauration d’un droit de douane temporaire de 3 euros par colis jusqu’en 2028, le temps de s’accorder sur un dispositif pérenne. Baptisé « Déclaration de Villepinte », cet engagement commun a incontestablement porté ses fruits. Le 1er juillet dernier, les ministres de l’économie de l’Union européenne réunis en conseil sont passés à l’attaque pour contrer l’arrivée massive en Europe de produits chinois à très bas prix, vendus principalement par les plateformes Shein et Temu, avec la suppression de cette exonération et la mise en place de la taxe forfaitaire. « Une immense victoire et une avancée majeure », soulignait alors Roland Lescure, le ministre de l’économie français depuis Bruxelles. Par ailleurs, cette avancée s’est doublée d’un autre succès avec, le 8 juillet dernier, le vote par le parlement français de la loi sur la mode ultra-express, portée par la députée Anne-Cécile Violland et la sénatrice Sylvie Valente-Le Hir. « Cette loi n’est ni contre la mode, ni contre le pouvoir d’achat, ni contre les consommateurs, précise Sylvie Valente Le-Hir. Elle vise les excès d’un modèle fondé sur la multiplication permanente des références, la faible durée d’usage des produits et des pratiques commerciales agressives. Elle agit sur trois leviers. Elle renforce l’information du consommateur sur les lieux de fabrication, et prévoit des messages encourageant sobriété, réemploi et réparation. Elle prévoit une pénalité selon le score environnemental des produits, jusqu’à 12 euros dès 2026, et 20 euros en 2030. Enfin, elle interdira, dès 2027, la publicité des produits et des marques relevant de la mode ultra-express. Une présentation très concrète, prolongée par une mise en perspective d’Anne-Cécile Violland. « Derrière cette régulation, c’est tout un modèle de société qui est questionné. Il ne s’agit pas de culpabiliser le consommateur mais de lui redonner le pouvoir de choisir de manière éclairée, et de s’orienter vers des pratiques durables ». Un second train de mesures élaboré par l’ensemble des fédérations. Forte de ces victoires, la coalition choisit donc d’aller plus loin, assure Pierre-François Le Louët, co-président de l’UFIMH. « Il y a un an, ici même, on nous disait que rien n’était possible. Les décisions prises le 1er juillet dernier montrent que l’Europe sait agir quand elle le décide. Mais si ces premiers dispositifs constituent un progrès réel, ils ne suffisent pas pour lutter contre le déferlement des produits venus d’Asie. C’est la raison pour laquelle les fédérations européennes ont décidé d’élaborer un second train de propositions ». Principale recommandation énoncée le 1er septembre dernier à Villepinte, porter à 10 euros le montant des frais de gestion par colis (le « Handling fee »), et ceci à l’échelle de l’Union, ce qui permettra de contribuer aux coûts réels générés par ces importations, explique Lionel Guérin, co-président de l’UFIMH. « Chaque colis qui entre dans l’Union génère un coût : contrôles douaniers, sécurité des produits, surveillance du marché… Aujourd’hui, ces frais sont paradoxalement supportés par le contribuable européen et les entreprises qui respectent les règles. Pour réparer cette injustice, nous proposons l’instauration d’une redevance européenne pour frais de gestion d’environ 10 euros par colis. Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’une juste évaluation des frais de ces contrôles imposés par ce modèle économique ». Un objectif clé, préserver l’intégrité du marché européen… Une proposition-clé, suivie d’un ensemble de mesures qui vise notamment à une meilleure application des règles déjà mises en place. Parmi elles, on notera la responsabilisation des plateformes qui facilitent l’importation de ces produits dans l’UE ; l’établissement des mêmes contraintes concernant les petits colis pour l’univers du B2B et du B2C afin d’éviter que les plateformes visées ne basculent vers des importations en gros pour échapper aux taxes.  Ou encore un allégement de la charge pesant sur les entreprises européennes qui respectent les règles, un point essentiel comme l’explique Mario Jorge Machado, président d’Euratex, la confédération européenne de l’habillement et du textile. « Notre industrie représente aujourd’hui 1,3 million d’emplois et 200 000 entreprises, en grande majorité des PME, qui appliquent des normes sociales et environnementales parmi les plus exigeantes au monde. Celles-ci ne peuvent rivaliser avec le flux de marchandises qui échappent à ces règles. Face à ce constat, nous demandons deux choses simples : que ces colis soient déclarés en douane avec la même précision que n’importe quelle autre marchandise, et que le coût des contrôles soit financé par ceux qui les rendent nécessaires ».  …Et rétablir tous les critères d’une concurrence loyale.  Cette déclaration commune des fédérations vise, plus globalement, à préserver l’intégrité du marché unique et construire les bases d’une véritable harmonisation européenne, explique Olivier Ducatillion, président de l’UIT, l’Union des Industries Textiles. « Un an après nos premiers engagements, nous avons observé des avancées concrètes, et il faut rappeler que la France a joué un rôle moteur dans ce dossier. Maintenant, il est essentiel de maintenir la pression. Il ne s’agit pas de restreindre le commerce légitime mais de protéger l’intégrité du marché unique en garantissant que les opérateurs de pays tiers soient soumis aux mêmes règles et aux mêmes exigences de conformité que les entreprises européennes. C’est aujourd’hui la seule façon de rétablir une concurrence loyale. Pour cela, nous devons plus que jamais agir ensemble -fédérations françaises et européennes- aux côtés de nos partenaires internationaux. Seuls, nous donnons l’alerte. Ensemble, nous pesons ». Une fois encore, ces actions ont été pensées en synergie pour l’établissement d’une solution durable à l’échelle européenne, combinant contrôles efficaces, responsabilité des plateformes importatrices et conditions d’une concurrence équitable pour l’industrie européenne. La feuille de route est claire ; l’ensemble des fédérations européennes entend désormais la défendre à Bruxelles, avec le même succès.

Grand entretien avec… Sylvie Pourrat, Directrice du salon Première Classe, directrice du développement du groupe WSN.

“ Notre salon entend jouer, plus que jamais, son rôle de précurseur” Nouvelle scénographie, création d’une boutique… Alors que Première Classe s’apprête à ouvrir ses portes du 2 au 5 octobre prochain dans les jardins des Tuileries, sa directrice nous dévoile les axes d’une stratégie qui fait de l’événement l’un des rendez-vous majeurs de l’univers des accessoires, de la mode et du lifestyle.  Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler l’histoire et la mission de Première Classe ? Né en 1989, ce salon a été le premier événement consacré aux designers d’accessoires de mode. Son objectif était alors de mettre en lumière des créateurs qui ne montaient pas sur les podiums, comme le font les marques de prêt à porter. Depuis son origine jusqu’à aujourd’hui, notre ambition est la même… Repérer et valoriser les nouveaux talents ; des signatures, des personnalités qui portent une expression artistique forte. Preuve de la pertinence de notre démarche, le salon est aujourd’hui LA plateforme de référence durant la fashion-week parisienne. Son offre n’est plus exclusivement dédiée aux accessoires, elle s’est adaptée aux mutations de l’époque avec une forte présence du prêt à porter, mais aussi de l’univers du lifestyle : design, beauté, art, food. Cette alliance entre prêt à porter et accessoires constitue l’une des forces de l’événement. Comment travaillez-vous à l’équilibre entre les deux univers ?  Vous avez raison de parler d’équilibre. Il s’agit avant tout de proposer une offre homogène et lisible pour nos acheteurs et visiteurs. La présence du prêt-à-porter permet de valoriser notre proposition d’accessoires en créant de véritables silhouettes qui valorisent l’artisanat et les savoir-faire, valeurs clés dans l’univers des accessoires. Par ailleurs, les parcours de visite constituent les éléments majeurs de nos réflexions. Le visiteur vient chercher l’inspiration sur notre salon : les plans, l’organisation de l’offre et les animations doivent guider et nourrir sa recherche. Cette année, le salon se déploiera au fil de deux immenses tentes dans le Jardin des Tuileries, pensées comme deux lieux de vie avec un mot d’ordre :  la convivialité. Plus concrètement, comment le salon est-il organisé ? Cette édition  marque une nouvelle étape dans notre développement. Nous avons confié à l’agence SUCH&SUCH la direction artistique de l’événement, leur demandant de poser leur regard sur la sélection, la façon de présenter les produits et la réalisation de la campagne de communication. Nous avons choisi cette agence pour le regard très sélectif qu’elle porte sur le produit et sa capacité à faire dialoguer différents univers, tout en conservant exigence et cohérence dans la scénographie. Pour appliquer au mieux ces best practices, nos équipes ont fait un vrai travail d’accompagnement auprès des marques invitées. Pour les aider à préparer leur présentation, elles ont proposé des guides lines allant d’une palette de couleurs pour leur scénographie à des conseils pour leurs affiches et logos. Par ailleurs, d’autres nouveautés signent cette édition…. En effet, je suis fière de vous annoncer la création de la boutique Première Classe aménagée dans le salon et ouverte au public avec un objectif précis, faire dialoguer les univers B&B et B&C. La curation a été menée par l’agence, associant des créateurs de Première Classe à des marques hors salon. Par ailleurs, les collaborations et les éditions limitées auront également leur premier événement dédié dans l’espace Tuileries, baptisé JILL.  Enfin, de nombreuses animations viendront enrichir notre propos et notre vision. Le showroom RunXAndam issu d’un partenariat entre l’ANDAM et le groupe WSN, des talks, des expositions et, bien sûr, la soirée Première Classe devenue un rendez-vous incontournable. Avec ces initiatives, le salon répond aux nouvelles tendances du marché et continue de jouer son rôle de précurseur. Ce type de projet s’impose d’ailleurs dans nos projections pour demain, avec la volonté de nous tourner, plus que jamais, vers l’innovation. Combien de visiteurs attendez-vous et combien de marques allez-vous exposer ? Cette édition présentera plus de 300 marques, réparties dans les deux tentes des Tuileries. L’Italie et le Japon sont les pays les plus représentés (hors France) et nous observons une forte présence des pays européens. Cette saison, l’Amérique latine renforce sa position, territoire qui mérite toute notre attention et que nous explorons. Côté visiteurs, nous bénéficierons comme chaque année, de l’audience de la Fashion Week, fidèle à notre salon. Nous comptons sur la venue de nos acheteurs réguliers, mais nous avons aussi élaboré un programme pour inviter de nouveaux acheteurs internationaux à découvrir le salon. Nos équipes effectuent un travail de recherche permanent pour capter les nouveaux acteurs du marché et nous espérons que la Boutique participera à attirer une communauté mode et influence. Il est encore tôt pour donner des chiffres précis en termes de fréquentation, mais la tendance est au niveau de celle des années précédentes. Première Classe se distingue par sa façon de valoriser la jeune création. Pouvez-vous nous rappeler vos liens avec les festivals et prix qui soutiennent les demains de la mode ? Nous avons établi des partenariats de longue date avec l’ANDAM, le Festival d'Hyères, les prix de la ville de Paris. Le groupe WSN (auquel appartient le salon) est mécène de tous ces événements prestigieux qui ont un point commun,  l’identification et la promotion de la  nouvelle scène. Valoriser cette jeune création fait partie de la mission du salon, tout comme l’accompagnement des designers dans la naissance de leur propre label. Ces mécénats illustrent la force de notre engagement. WSN est partenaire de l’UFIMH. Qu’apporte ce compagnonnage ? Les bénéfices sont réciproques. Cette saison et grâce au soutien de l’UFIMH et du DEFI, nous recevons, par exemple, une délégation d’acheteurs internationaux sur le salon, qui bénéficieront d’un programme personnalisé de sensibilisation au marché français, avec notamment des rencontres avec les marques françaises. En effet, nous considérons que nos salons sont parties prenantes du système de la mode française et travailler en collaboration avec les institutions qui représentent cet univers fait partie de notre mission. Nos événements sont des plateformes pour elles. Nous leur donnons la parole, nous construisons avec elles des partenariats et nous effectuons les remontées terrain des tendances dont nous sommes les premiers témoins. Nous sommes en effet aux avant-postes pour établir un baromètre fiable du marché. Ce type d’échanges constitue un vrai bénéfice pour la filière toute entière. Pour visiter Première Classe : https://wsn-events.com/visiter-premiere-classe  

3 questions à… Olivia Chammas, Déléguée générale de IFM Alumni, l’association des Diplômés de l’Institut Français de la Mode.

« Les rencontres de Faverolles, une opportunité unique d’échanger sur les grands enjeux du secteur » Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 40 ans, l’association des anciens de l’IFM multiplie les projets pour valoriser ses diplômés tout au long de leur carrière. Chaque année, elle leur donne aussi rendez-vous dans le domaine des Oseraies à Faverolles pour confronter expériences et points de vue sur l’avenir de la mode. En avant-première, le point sur la prochaine édition, le 12 septembre 2026.  1/ Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre association ? IFM Alumni a été créée dès 1987 pour accueillir la toute première promotion de l'Institut Français de la Mode. Elle se fixe pour mission de réunir les anciens de l’IFM en articulant ses actions autour de trois axes principaux : accompagner les diplômés dans le développement de leur carrière en mettant en place un solide réseau d’entraide ; valoriser leur réussite et contribuer au rayonnement de l'Institut. Depuis notre fusion avec l’Ecole de la Chambre syndicale en 2019, l’association compte environ 6500 membres. Ce chiffre en témoigne, IFM Alumni fédère ainsi les grands acteurs de la mode en France, et illustre la diversité des métiers du secteur. L'école a été créée par Pierre Bergé avec l’ambition de former des profils business et management pour accompagner les créateurs mais elle a, très vite, développé des programmes de création, doublés aujourd’hui de cursus autour des savoir-faire. Cette richesse est l'une des grandes spécificités de l'IFM, et donc de l’association. Le tout avec une forte dimension internationale, puisque l’école accueille des étudiants venus du monde entier. 2/ Les rencontres de Faverolles, organisées chaque année depuis 1987, constituent l’un des grands rendez-vous de l’association. Quelle est leur mission ? L’événement a été initié dès la création de l’école par Sylvie Grumbach, fondatrice de l’agence de presse iconique Deuxième Bureau et son frère Didier Grumbach, grande personnalité de la mode. Président de la Fédération de la Haute Couture, cofondateur d’Yves Saint Laurent Rive Gauche et à la tête de maisons de couture comme Mugler, il est l’un des membres fondateurs de l'IFM. Tous les deux ont proposé, en 1987, une première rencontre festive et informelle dans la propriété de Faverolles. Ce déjeuner sur l’herbe est devenu en 2024 un rendez-vous plus sérieux et  incontournable, l’occasion de se nourrir et d'échanger sur les problématiques du secteur mais aussi d’imaginer ensemble de nouvelles pistes. Depuis la fusion de l’événement avec le Forum de la Mode en 2025, ces rencontres ont encore enrichi leur programme avec un mix de talks, de conférences et de temps d’échanges plus informels, le tout rassemblant environ 450 personnes ; le format idéal pour réunir les acteurs-clés du secteur tout en préservant l’esprit convivial qui préside depuis toujours à l’événement. 3/ Cette édition semble déjà particulièrement riche. Pouvez-vous nous en dévoiler déjà les axes-forts ? Plusieurs tables rondes permettront d’aborder les thèmes les plus concernants du moment. Le dialogue créateur & CEO au sein des maisons de luxe avec le créateur américain Mike Amiri (AMIRI) et Pascal Morand, président de la FHCM ; les nouvelles frontières du luxe avec Anthony Drouot (Directeur accessoires Lemaire) et Nicolas Rohr (co-fondateur Faguo) ou encore l’alliance France-Italie et plus largement le rôle clé de l’Europe face aux nouveaux équilibres géopolitiques de l’industrie mode et luxe, avec Luca Sburlati (Pattern Group), Carlo Capasa (Camera Nazionale della Moda Italiana), Tristan de Witte (Président, Réseau Excellence Entreprises du Patrimoine Vivant), et Pierre-François Le Louet (Co-Président UFIMH). Le tout sera entrecoupé de performances (dont un spectacle mode & danse), d’un déjeuner convivial et des prises de parole de Pierre-François Le Louet, Vice-président de l’IFM Alumni et co-président de l’UFIMH, de Catherine Jacquet, présidente de IFM Alumni et CEO, d’Isabel Marant ou encore de Sylvie Ebel, DG adjointe de l’IFM. Cette édition 2026 est soutenue par le Ministère de La Culture et le DEFI. Informations sur les Rencontres de Faverolles 2026 et inscriptions : https://www.ifm-alumni.fr/fr/event/rencontres-de-faverolles-forum-de-la-mode/2026/09/12/623      

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