L’IFM : une école d’excellence pour les métiers techniques de la mode

2 février 2026

Depuis sa fusion avec la chambre syndicale de la Haute Couture, l’Institut Français de la Mode a donné un nouvel élan à des formations techniques, alliant désormais savoir-faire français et technologies modernes. Zoom sur ce renouveau avec l’enquête menée par la Maison du Savoir-Faire et de la Création.

Dans la mode, les collaborations permettent souvent de réunir le meilleur des deux partenaires… On pourrait en dire autant dans l’univers de la formation si l’on en juge par la fusion très fructueuse réalisée en 2019 entre l’Institut Français de la Mode (IFM) et l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, deux institutions réputées mondialement.
La première, créée en 1986, avait pour vocation initiale de préparer les futurs managers de la mode, y compris en matière de création. La seconde permet depuis 1927 d’acquérir les bases techniques de la Haute-Couture au sein des grandes Maisons autant que les techniques de modélisme, de fabrication, de finitions et de mise en forme nécessaires aux ateliers de confection français.

La fusion de l’IFM et de l’École de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne a abouti à une combinaison unique au monde. “Nous sommes la seule école de mode au niveau mondial à réunir sur le même campus ces trois piliers que sont le management, la création et les savoir-faire techniques”, souligne Sylvie Ebel, la directrice générale adjointe de l’IFM.

Tournant moderne

Les formations techniques issues de la Chambre Syndicale ont tiré parti de ce rapprochement.
Elles “ont pris un tournant un peu plus moderne avec l’IFM, explique Blenda Clerjon, la directrice des programmes pédagogiques du CAP et BP, professeure et référente du Bachelor of Arts in fashion Design de l’IFM. Nous avons gardé les origines très importantes de la Chambre syndicale, conservé l’héritage et sa transmission du savoir-faire français et nous lui avons redonné une dimension plus actuelle, grâce à une équipe jeune et dynamique”.
Cette mise à jour des enseignements a bénéficié aux deux formations historiques en alternance, mises en place dès 1927, délivrant des certificats d’aptitude professionnelle. Soit le CAP Métiers de la mode (niveau trois), qui forme les couturiers, mécaniciens monteurs et prototypistes et le Brevet Professionnel (BP) Vêtement sur mesure (niveau quatre), “permettant d’acquérir une haute technicité en confection de vêtements sur mesure” nécessaire aux premières mains et aux modélistes/toilistes.

Deux nouveaux cursus

Preuve de l’intérêt que suscite la Couture, le cursus technique s’est étoffé avec l’adjonction de deux nouvelles formations : en 2019, un Bachelor Modéliste Concepteur (BMC) dont le programme innovant (niveau 6) est proposé sur trois ans en alternance puis, en 2023, un CAP Couture Post-bac en 1 an.
« Cette formation accélérée à plein temps permet de découvrir les métiers de la couture et a l’avantage de s’adresser aussi bien à des personnes en réorientation (fin de carrière ou en cours d’études) qu’à des étudiants étrangers possédant un équivalent du baccalauréat, désireux de se former aux savoir-faire français et de rejoindre l’IFM”, précise Blenda Clerjon.
A tous les niveaux, un même constat d’excellence se retrouve, celui-ci se traduit par des taux de réussite et de placement exceptionnels. Entre 98% des 45 étudiants de CAP et des 20 étudiants du BP sortent diplômés. Des taux attestés par l’Etat, chargé de la correction des examens. Le taux d’insertion professionnelle est proche, pour sa part, de 85% dans les six mois qui suivent la fin des formations.

170 entreprises partenaires

Ces statistiques sont d’autant plus satisfaisantes que l’IFM a gagné la confiance et la fidélité de nombreuses entreprises françaises, soit environ 170. Le panel s’étend des plus grandes Maisons de luxe, comme Dior, Chanel, Hermès, Givenchy ou Louis Vuitton, aux ateliers de confection répartis dans toute la France en passant par les bureaux d’étude ou marques de mode…
Pour arriver à une telle réussite, plusieurs éléments se combinent, soit à la fois un enseignement adapté et une sélection exigeante des étudiants.

Un corps professoral proche du terrain

Premier atout de taille : « l’équipe de professionnels pilotant les enseignements est largement aguerrie aux réalités du terrain », explique Blenda Clerjon. Toute cette équipe échange régulièrement avec les tuteurs des étudiants, via des visites en entreprise ou deux rencontres semestrielles, mais aussi avec l’Education Nationale, pour lui faire prendre conscience de l’évolution du terrain et adapter l’enseignement. “Pour les CAP, les diplômés sont formés aux référentiels de l’Education Nationale, à savoir des blocs de compétences, souligne Blenda Clerjon. En dehors de ceux-là, nous avons un peu de latitude pour personnaliser le programme et répondre aux besoins de nos entreprises partenaires ».
Cette fluidité entre théorie et pratique se traduit dans la pédagogie de l’école. “Nous avons des études de cas réel sur les problématiques de la fabrication et tout ce qui tourne autour”, indique la responsable. L’enseignement porte sur des techniques issues d’une longue tradition, comme le moulage, le patronage, la couture à la machine ou à la main. Mais depuis la fusion de 2019, il intègre aussi de nouvelles technologies – formation à la CAO, PAO et prototypage 3D.

Priorité à la RSE

La RSE est aussi désormais un must à l’IFM avec de plus en plus de projets axés sur le recyclage et la circularité des matériaux, l’upcycling et l’ecosourcing. “Nous sensibilisons les jeunes aux enjeux sociaux et environnementaux, explique Blenda Clerjon. Nous essayons de les pousser à faire de l’upcycling à la fois des matières et produits déjà existants, voire à introduire des matières autres que les textiles dans leurs projets”. Les étudiants peuvent ainsi utiliser des fins de rouleaux ou de stocks donnés par les Maisons partenaires.
Une autre explication majeure des performances de l’école repose sur la façon dont elle choisit ses étudiants. « A l’IFM, nous formons des passionnés qui viennent découvrir la mode en commençant par les bases. Nos recrutements sont exigeants. Motivation, projets d’avenir, curiosité, minutie, patience, capacité à travailler en équipe, à répondre aux briefs et à suivre les consignes sont pris en compte tout comme la capacité à faire preuve d’intelligence sociale. Ces qualités sont constamment mises à l’épreuve puisque nos alternants sont perpétuellement en situation professionnelle, même lorsqu’ils sont en classe », fait valoir Blenda Clerjon.

Une sélection exigeante

Cela se traduit par une sélection stricte à l’entrée des formations. Alors qu’il y a 300 à 400 postulants par an, l’IFM ne dispose que de 45 places, “réparties en trois classes pour leur transmettre les savoir-faire dans de bonnes conditions” pour les CAP en alternance. Et il n’a que 20 places à offrir aux candidats au CAP à temps plein et aux BP !
Certes, la demande est réelle dans les Maisons, ateliers et bureaux d’études pour les étudiants formés par l’IFM… Mais faute de places suffisantes en alternance en entreprise, l’IFM préfère ne pas augmenter le nombre actuel d’étudiants. Ce qui lui demande un temps important pour bien étudier tous les dossiers et n’oublier personne. Un travail conséquent alors que les candidatures sont à la hausse ces deux dernières années, traduisant l’engouement croissant pour les métiers de la main.

Des formations techniques prisées

Alors que le CAP à temps plein accepte des étudiants âgés de plus de 30 ans (ce qui n’est pas le cas dans les formations en alternance), la responsable voit aussi “des personnes en reconversion professionnelle, ayant fait des études pour rassurer leurs parents. Et comme elles sont malheureuses dans leurs professions initiales, elles reviennent à leur souhait initial d’exercer un métier manuel”. Preuve de leur motivation : elles sont prêtes à investir 12 500 €, le coût de cette formation sans alternance !
L’entrée dans le giron de l’IFM de formations techniques est aussi un plus pour les futurs managers. A la demande des étudiants de ses cursus de management, l’Institut a ainsi créé un certificat pour que ces derniers puissent s’initier aux techniques de la couture, lors de sessions supplémentaires le samedi. « Pour des raisons pratiques, nous avons dû limiter les classes à une vingtaine d’étudiants mais les candidats ne manquent pas”, souligne Sylvie Ebel. Celle-ci a bien conscience du rôle majeur dévolu désormais à l’IFM dans le secteur.
“On nous a confié cette école avec des formations essentielles à la spécificité de notre filière. Nous ne nous contentons pas de “garder le temple”, mais nous développons aussi les formations de ces métiers essentiels à l’industrie du luxe française. Et nous allons encore renforcer les choses”, explique la directrice adjointe. A l’image de l’industrie de la mode, alliant création et technique, l’IFM fait ainsi à la fois preuve d’imagination et de rigueur pour maintenir vivante la flamme des savoir-faire français et de leur transmission.

Pour en savoir plus, découvrez le site de l’Institut Français de la Mode.
Retrouvez les articles du magazine de la Maison du Savoir-Faire et de la Création ici

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Grand entretien : UFIMH, les grands défis pour 2026

En dépit d’un contexte géo-politique et économique chahuté, l’UFIMH multiplie les projets pour accompagner les entreprises de la filière à poursuivre leur développement en 2026, qu’il s’agisse de croissance à l’international, de RSE ou d’innovation. Le point sur la stratégie déjà mise en place avec les co-présidents de l’Union, Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët.  L’UFIMH a largement défini sa stratégie pour l’année 2026. Quels en sont les grands axes? PFLL. Notre stratégie s’articule autour de deux grands pôles - les actions institutionnelles et celles qui concernent directement notre soutien aux entreprises. Le tout avec une même mission, défendre nos marques de mode créatives et responsables, ce qui passe d’abord par une lutte renforcée contre le modèle de l’ultra fast fashion que nous avons déjà mise en œuvre. Après un dialogue constructif avec le gouvernement, les assemblées françaises et européennes, la nouveauté 2026 devrait être l'ampleur européenne que va prendre le débat. Pouvez-vous nous préciser les temps forts de cette mobilisation européenne ? PFLL. L’UFIMH a mené plusieurs initiatives d’envergure sur le sujet en 2025, rassemblant 24 fédérations européennes de la mode autour d'un texte condamnant l‘ultra fast fashion et appelant la Commission à agir, ceci en collaboration avec l’association européenne Euratex. Nous comptons sur une amplification des actions et sur une coordination avec nos homologues des différents pays, qui travaillent eux aussi à la promulgation de lois anti ultra-fast fashion. Alors que nous attendons la promulgation de décrets en France, d'autres lois vont voir le jour dans les pays européens, notamment en Italie. Au niveau de la Commission européenne, nous avons en ligne de mire la mise en place de la taxe douanière de 3 euros sur les petits colis (qui arrivent de l’extérieur de l’UE) mais aussi dans le cadre de la France, avec celle de 2 € pour la gestion des contrôles de ces mêmes colis. Par ailleurs, nous suivrons tout le mois de janvier la tenue du procès à Aix-en Provence à laquelle l’UFIMH est associée, avec plus de 120 marques et 19 organisations professionnelles. Ensemble, nous accusons la marque Shein de “concurrence déloyale” et demandons réparation pour le préjudice économique subi. Par ailleurs, l’UFIMH sera à la manœuvre tout au long de l’année pour contrôler la mise en place des procédures et décisions prises en 2025. Avec toujours une même conviction, la préservation de la mode française passe par celle de la mode européenne. Par ailleurs, l’UFIMH va accompagner les principaux organismes à réécrire leur stratégie ?  LG. En 2026, le DEFI et l'IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement) sont appelés à renouveler leur gouvernance et à réécrire leur stratégie favorisant l'innovation des marques de mode françaises. L'UFIMH est naturellement impliquée puisque nous siégeons dans les conseils d’administration de ces organismes. Cette réécriture passera par le lancement d’études, des échanges avec les autres fédérations professionnelles mais aussi des administrations concernées afin d’aligner la vision du gouvernement et celle des fédérations. Le tout en gardant comme seul objectif l’intérêt des entreprises que nous servons. Dans le même temps, l'IFM – malgré la réduction du soutien de l’Etat - va poursuivre son développement en se fixant de nouvelles ambitions, soutenu là encore par les professions. Enfin, nous attendons avec impatience le nouveau cahier des charges de Refashion qui permettra sans doute à cet organisme d’être plus efficace et de déployer une véritable filière industrielle du recyclage en France que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. En 2026, c’est donc l’ensemble de nos organismes collectifs qui devront retravailler leurs stratégies pour relever de nouveaux défis. Un certain désengagement de l’Etat, la prise en compte de nouvelles concurrences, sans compter les impératifs liés à l'innovation, au développement durable ou à l'émergence de nouveaux modèles économiques nous imposent de revoir les feuilles de route. Dans ce contexte, l’UFIMH œuvrera pour que l’ensemble des acteurs de la filière travaillent de manière collégiale, alignant leurs stratégies pour rendre la mode française plus forte, plus innovante, plus responsable. Pour cela, l’UFIMH entend jouer un rôle de catalyseur, favorisant le dialogue et les synergies. Deuxième axe-clé, l’accompagnement des entreprises françaises, et celui-ci passe d’abord à l’export….  PFLL. L’ambition est d’aider nos entreprises à maintenir ou augmenter leur chiffre d'affaires dans un contexte où le marché français reste très difficile. Cet objectif passe naturellement par le développement à l’international.  Nos fédérations, appuyées par le DEFI, vont soutenir en 2026 environ 200 entreprises, via l’organisation de quelque 500 opérations à l’étranger. Notre accompagnement se veut à la fois opérationnel et personnalisé. Nos équipes spécialisées dans l’export travaillent avec les marques pour mettre en place une démarche personnalisée, qui leur permettra au mieux de pénétrer ou de conforter de nouveaux marchés : séjours d’immersion, participation aux salons locaux les plus stratégiques, présence dans des showrooms, sans compter des conférences, des workshops et la constitution, sur place, de réseaux avec les acteurs locaux… Les principales zones concernées restent l’Asie (Chine, Corée, Japon) et les Etats-Unis, même si ce dernier territoire s’inscrit dans un contexte géopolitique compliqué. Dans tous les cas, nous avons la conviction que l’international reste l’un des leviers majeurs de croissance pour nos entreprises, ce qui explique l’augmentation de notre investissement dans ce domaine. Après l’international, passons au deuxième axe fort de la stratégie de l’UFIMH, le développement durable… LG. Participer au développement d’une mode créative et responsable reste plus que jamais l’objectif de l’UFIMH et, dans ce contexte, environ 80 entreprises vont bénéficier d'un accompagnement pour optimiser leur stratégie en termes de RSE. Une volonté qui se concrétisera par des aides financières et un soutien à l’élaboration de leur stratégie, qu'il s’agisse d’un accompagnement personnalisé ou du suivi de conférences et workshops en ligne sur notre plateforme www.enmodedurable.fr. Plateforme qui réunit toutes les informations et conseils clés sur le sujet : point sur les certifications, enquêtes sur les couleurs et matières les plus vertueuses, approvisionnement responsable…. Reste le domaine de l’innovation que l’UFIMH compte également  investir… PFLL & LG. Au second semestre 2026, à l’initiative de l’UFIMH, l’IFTH organisera à Paris la première Journée de l'innovation. L’objectif ? Partager avec toutes les marques l’ensemble des nouveaux procédés, technologies et matières qui permettent d'être plus innovants dans les process. L’événement se voudra très concret, l’occasion de présenter de nouvelles fibres, de nouveaux tissus, de nouveaux procédés pour être plus efficace et moins impactant. L’événement sera également consacré à l'usage des outils numériques, et notamment de l'intelligence artificielle. Via notre plan d'action digital, nous aidons déjà des entreprises à amplifier leur impact numérique et beaucoup utilisent ces subventions pour financer des formations à l'intelligence artificielle ou l’acquisition de logiciels d’IA. Avec le soutien du DEFI, nous continuerons de proposer à presque 200 entreprises une aide à la transformation numérique, nous poursuivrons notre mission en proposant en 2026 un panorama de toutes les solutions d'intelligence artificielle existantes au service des différentes fonctions dans une entreprise de mode. Là encore, notre approche sera pragmatique avec un ensemble de solutions répondant à des problématiques concrètes : « quelles solutions existent si je veux mettre en place l’automatisation de mes étiquettes ? Optimiser ma logistique ? ». Cette démarche ambitieuse sera menée également avec l'IFTH, l’occasion de montrer une fois encore les multiples synergies au sein de la filière, bien décidée collectivement à œuvrer pour son avenir.

Salon Maison & Objet 2026, ce qu’il faut retenir de l’événement…

Du 15 au 19 janvier dernier, la 61ème édition du salon Maison & Objet a présenté les tendances et les acteurs qui font le design de demain ; sans compter de nombreuses marques d’accessoires, de plus en plus intéressées par la décoration. Le point avec Julie Pradier, directrice marketing et communication du salon. 2300 marques (dont 500 nouvelles) venues de 145 pays, quelque 70 000 visiteurs et surtout une édition jugée très riche, dévoilant un panorama à 180° des grandes inspirations du moment… Le salon Maison & Objet a, une fois de plus, accompli sa mission. La preuve avec ces cinq tendances et moments clés. 1/ “Past Reveals future”, un thème fédérateur autour de la mémoire revisitée.  « Avec ce thème, nous avons voulu nous replonger dans l’héritage pour mieux penser demain. Cette volonté s’inscrit dans l’ADN de Maison & Objet qui a toujours été la caisse de résonance des métiers d'art comme de la création contemporaine. Une passerelle entre des savoir-faire ancestraux et le design contemporain, assure Julie Pradier. Cette problématique, qui fait plus que jamais écho aux préoccupations de l’époque, s’est déployée autour de quatre tendances qui ont ponctué la déambulation. Métamorphose a magnifié la dynamique de l’upcycling et les nouvelles créations réalisées à partir des rebuts du quotidien. Mutation a présenté les grandes hybridations entre gestes traditionnels et techniques innovantes. Le Baroque revisité a mis en lumière la puissance de cette tendance portée par une nouvelle génération qui travaille les savoir-faire dans une approche contemporaine. Et enfin, le Néo-folklore a consacré les récits locaux réinventés à l'aune des nouvelles technologies. Quatre thématiques déclinées notamment dans les espaces What’s new, à l’image de celui d’Elisabeth Leriche qui a imaginé une scénographie immersive remettant à l’honneur les arts décoratifs dont les savoir-faire exceptionnels servent de matrice pour créer les décors, objets et mobilier de demain. Une Ode aux savoir-faire qui s’est prolongée dans l’espace In Materia dédié aux métiers d’art, avec une sélection de pièces uniques ou de petites séries façonnées dans des ateliers d’art, le tout imaginé en partenariat avec Ateliers d’Art de France. 2/ Un nombre grandissant de marques d’accessoires désireuses d’élargir leur univers. Si le salon a, depuis sa création, accueilli des marques de mode dans un espace dédié (fashion accessories), le secteur a, depuis plusieurs années, largement accru sa présence. Lors de cette édition, 206 marques ont exposé à Maison & Objet, ce qui traduit le nouvel intérêt de ces maisons pour l’univers de la décoration et, plus globalement, celui de la maison, explique Julie Pradier. « De nouvelles marques de prêt à porter et d’accessoires choisissent aujourd’hui de développer un esprit plus concept-store, introduisant dans leur proposition globale des pièces de design et de décoration, qu’il s’agisse de petits objets (bougies, vases, art de la table) ou même de mobilier. Une façon pour elle construire un univers à part entière avec une offre multiproduits qui peut constituer de nouveaux relais de croissance. » 3/ Harry Nuriev, designer de l’année. Nommé designer de l’année 2026, Harry Nuriev a imaginé un espace porté par les valeurs du “Transformisme”, qu’il définit par la volonté de donner une seconde vie aux objets qui ont perdu leur place dans nos sociétés. Mêlant créations contemporaines et savoir-faire ancestraux, le jeune designer a présenté plusieurs pièces issues de sa collaboration avec des maisons de luxe françaises. Des objets qui cherchent tous à remettre en question le concept de beauté, pour le redécouvrir à travers ce qui a été rejeté, ignoré ou oublié. « Dans un monde qui n’a plus besoin de davantage de choses, le transformisme offre un geste bienveillant, un outil de réflexion, un acte créatif honnête », affirme-t-il. Une façon personnelle d’illustrer l’une des tendances fortes du salon, autour du réemploi des matériaux. 4/ L'éco-responsabilité, plus que jamais… Si la sustainability infuse l’ensemble de la création présentée au salon, les halls 1 & 2 ont été largement dédiés à cette thématique, notamment l’Eco Materials Corner qui a réuni une sélection internationale de fabricants de matériaux et de revêtements éco-conçus pour l’architecture intérieure, la décoration et le mobilier. « Une manière pour Maison & Objet d’affirmer son rôle de prescripteur dans la promotion de solutions responsables et de réaffirmer que la durabilité est au cœur des valeurs du salon, reprend Julie Pradier. Rappelons que Maison & Objet, depuis sa création, met en avant des marques haut de gamme qui militent pour une création durable. Dans cet esprit, le salon imagine chaque année un parcours spécifique avec une sélection de marques (réalisée par un jury indépendant) qui présente une démarche particulièrement innovante en termes de « sustainability ». 4/ Un salon et beaucoup plus… Un salon pour découvrir la création, un salon pour penser demain… Comme chaque année, Maison & Objet a conçu pour sa communauté une série de conférences sur les thèmes les plus fédérateurs (le rayonnement du design français aux Etats-Unis, l’IA au service de la culture et de la création…). En parallèle, le programme Maison & Objet In the City a proposé cette année un parcours parisien exceptionnel avec 100 adresses de référence dans l’univers du design. « Avec ce programme, nous voulons offrir une expérience globale à nos visiteurs, notamment aux étrangers qui représentent 50% de notre public et qui entendent bien profiter aussi de la ville. Cette année, l’événement leur a permis de découvrir des lieux exclusifs et surtout, de participer à de multiples événements imaginés dans ces espaces ». Par ailleurs, Maison & Objet se veut aussi une communauté d'acheteurs, de fabricants, de prescripteurs, d’architectes d’intérieur. « Notre mission est de connecter cette communauté, la nourrir et l'inspirer, explique Julie Pradier. Nous le faisons toute l’année avec notre market place mais aussi via des événements comme celui organisé chaque année à Hong Kong ». Lors de son édition de décembre dernier, Maison & Objet Interieurs Hong Kong a réuni plus de 200 marques, artisans et architectes d’intérieurs pour une expérience immersive permettant de découvrir in situ le meilleur de la création. L’événement qui a attiré de nombreux visiteurs venus de toute l’Asie, devrait être bientôt décliné dans d’autres villes. Pour en savoir plus sur le salon : https://www.maison-objet.com/paris    

3 questions à… Nathalie Barataud, associée de la marque Mapoésie.

« Nous proposons une fantaisie textile et créative » Fondée en 2010, la maison parisienne de prêt à porter, d’accessoires textiles et de décoration connaît un succès jamais démenti grâce à un univers singulier, fait de couleurs chatoyantes et de motifs ultra-graphiques. Retour sur 15 années d’un développement créatif sans fausse note, avec Nathalie Barataud.  Pouvez-vous tout d’abord nous définir l’esprit de votre marque, sa signature créative ? Mapoésie a été imaginée en 2010 par Elsa Poux (diplômée des Arts Déco) que j‘ai rejoint en 2018. Nous proposons un univers bien précis entre mode, design et arts graphiques, avec une signature visuelle très identifiable : des motifs géométriques, des jeux de couleurs, une esthétique inspirée de l’artisanat du monde entier. Cette singularité tient sans doute au fait que nous travaillons comme un studio créatif, l’ADN de la marque réside dans la création de motifs qui sont ensuite déclinés sur différents supports : des pièces de mode, de l’accessoire ou encore du linge de maison. Ici, tout part du dessin et de la couleur ! Nous avons commencé par l’accessoire, notamment les foulards en matière naturelle : coton, ou soie pour l’été et principalement des laines pour l’hiver. En 2014, nous avons investi l’univers de la maison avec des coussins, des tapis…. En 2017, nous avons franchi un autre cap avec l’accessoire de plage. Nous avons commencé par des draps de plage imprimés puis des vêtements de mode proposés en taille unique : robes de plage, combinaisons, kimonos… La première collection a été un vrai succès et beaucoup de clients nous ont demandé ce que nous allions faire l’hiver prochain. Cela nous a décidé ! Nous proposons désormais une ligne de Prêt à porter hiver comme été, et toujours une ligne plage. Après 15 années de création, la marque propose un véritable univers composé de prêt-à-porter, d'accessoires et de pièces pour la maison, le tout avec plus de 300 références par collection. Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ? Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%. Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan). Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue. Quels sont vos projets pour les prochaines années ? Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie. Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise… Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH. Découvrez Mapoésie : https://mapoesie.fr/fr/  

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