L’entretien du mois : Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët co-présidents de l’Union Française des Industries Mode et Habillement / UFIMH

29 septembre 2026

« Nous allons plus que jamais défendre les intérêts de nos entreprises »

Dans cette période économique et géopolitique incertaine, Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët détaillent l’ensemble des actions prévues en 2025 pour préserver la dynamique du secteur.

Cette année, votre objectif est d’abord de préserver le développement des entreprises. Comment agissez-vous ?
PFLL. Ce développement est aujourd’hui chahuté par les transformations des réseaux de distribution. L’e-commerce connait un net recul et nous incitons les entreprises à réinvestir le domaine, en leur faisant bénéficier des subventions du Plan d’action digital.
Nous soutenons le Wholesale en les invitant à amplifier leur présence dans les salons, en particulier à l’étranger car l’export constitue un relais de croissance essentiel. Nous soutenons ainsi leur présence dans une quinzaine de salons à l’international. Nous avons la chance de disposer à Paris d’événements de portée internationale pour le prêt-à-porter féminin et les accessoires (Who’s next, Tranoï, Première Classe…), et en Europe pour la mode masculine (Pitti Uomo). L’UFIMH et ses fédérations s’assurent que les marques soient représentées au mieux sur ces événements majeurs, en leur accordant des soutiens financiers via nos organisations et le Défi. Nous accompagnons les acteurs de la fabrication française en soutenant leur présence au salon Made in France / Première Vision et en pilotant la Maison du Savoir-Faire et de la Création* qui met en relation efficacement marques et fabricants français.

Second axe d’intervention, la lutte contre le développement de l’ultra fast fashion…
PFLL. L’ultra fast-fashion (avec les marques Shein, Temu ou My Little Pretty Things) a pris des parts de marché considérables en France, contribuant à une déstabilisation de notre écosystème. Alors que la plupart de nos membres s’inscrivent dans une démarche durable, il est crucial de contrôler ce marché qui incite à une consommation irresponsable avec, à la clé, un impact négatif sur le plan social, économique ou environnemental. Une loi anti fast-fashion doit être présentée au Sénat et l’UFIMH milite pour accélérer son vote. Cette loi interdit aux plateformes toute forme de publicité. Elle impose l’affichage d’un score environnemental pour chaque produit et la création d’un système de bonus-malus dont les fonds seront reversés aux marques vertueuses.
Enfin, l’UFIMH plaide au niveau européen pour un retour à l’équité concernant ces produits importés qui passent sous les radars des douanes puisque leur valeur ne dépasse jamais 150 €.
LG. Ceci est d’autant plus nécessaire que le Président des États-Unis vient de signer un décret abrogeant cette tolérance pour les envois postaux de Chine et de Hong Kong, à destination des consommateurs américains. L’Union Européenne ne peut attendre, sauf à exposer nos marchés à une réorientation des plateformes chinoises. La suspension rapide de l’exonération des droits pour les achats de moins de 150 € est vitale pour les acteurs européens de la mode, qu’ils soient industriels ou distributeurs.

Troisième sujet de préoccupation, la fiscalité…
LG. Le sujet le plus important en 2025 est la prolongation du crédit d’impôt collection jusqu’en 2027, débattue dans le cadre de la loi de finances rectificative. Nous avons oeuvré activement pour son maintien. Le montant de ce crédit est plafonné à 300 000 € sur trois ans, ce qui constitue une aide significative mais il s’agit surtout du seul soutien public spécifique à notre profession ; une vraie prime à la création et à la production en France pour les petites et moyennes entreprises. L’actualité récente nous a rassuré sur ce point puisque le projet de loi de finances pour 2025 a été définitivement approuvé par l’Assemblée Nationale et le Sénat acte cette prorogation pour la période 2025-2027.

Pour faire face à l’évolution du marché, la filière doit se réinventer. Comment l’UFIMH soutient-elle les changements ?
LG. Nous agissons sur 3 axes : l’innovation technologique, la transformation responsable du secteur et la formation. Ainsi nous accompagnons la transformation de l’IFTH – l ‘Institut Français du Textile Habillement- qui travaille sur des avancées en termes de matière, logistique, fabrication… Cet Institut doit, plus que jamais, être l’agrégateur de solutions nouvelles pour aider le secteur à s’engager dans la voie de l’innovation.
Par ailleurs, le réseau de l’UFIMH a dédié l’un de ses experts aux questions de RSE, notamment l’évolution des réglementations européennes. L’UFIMH joue ici un double rôle. Informer le secteur de ces évolutions et œuvrer pour qu’elles soient impactantes et appropriables. Dans ce cadre, avec les fédérations qui nous composent et avec le soutien du Défi, nous aidons les entreprises à obtenir des subventions (jusqu’à 5 000 euros) pour mettre en place des actions de développement RSE.
Concernant la formation, nous allons créer ou adapter en 2025 cinq certificats de qualification professionnelle, ce qui permet au secteur de valoriser l’expertise de ses salariés. Par ailleurs, l’UFIMH aide les sociétés à bénéficier de financements collectifs de formation professionnelle. Enfin l’UFIMH soutient la campagne de communication Savoir pour Faire portée par le Comité Stratégique de Filière Mode et Luxe pour valoriser les métiers techniques du secteur.**

Pour faire face à ces enjeux, vous avez décidé de rendre plus opérationnelle l’organisation de l’UFIMH…
PFLL&LG. Nous avons réuni dans un même lieu 8 rue Montesquieu au cœur de Paris, toutes les équipes des fédérations qui nous composent et qui travaillent à présent de manière plus coordonnée. Nous avons rapproché les trois structures de l’UFIMH (la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, la Fédération Française des Industries du Vêtement Masculin et la Fédération des Industries Diverses) et le Groupement de la Fabrication Française, qui devient une structure à compétence nationale. Nous avons resserré et modernisé la gouvernance à 15 administrateurs et 3 vice-présidents, ce qui permet des prises de décisions plus rapides. Enfin, les entreprises qui ne sont pas affiliées à un syndicat régional auront désormais la capacité d’adhérer directement à notre Union. Une façon pour l’UFIMH de couvrir enfin la totalité du territoire français.

* Visitez le site de la Maison du Savoir-Faire et de la Création : https://maisondusavoirfaire.com/

** Découvrez la plateforme Savoir pour Faire: www.savoirpourfaire.fr

Pour en savoir plus sur les actions de l’UFIMH https://www.lamodefrancaise.org/

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Lutte contre la mode ultra-express. Les fédérations européennes veulent porter les frais de gestion à 10 euros par colis.

Après leur première Rencontre de 2025, les fédérations européennes du textile et de l’habillement se sont à nouveau réunies -à l’initiative de l’UFIMH et de l’UIT et avec la collaboration d’Euratex- le 1er septembre dernier lors du salon Première Vision. L’objectif ? Poursuivre ensemble la lutte contre la déferlante de la mode ultra-express. Le point sur les principales propositions énoncées, qui visent toutes à préserver l’intégrité du marché européen. Pas d’actions ponctuelles mais bien une stratégie cohérente et pensée sur le temps long. En septembre 2025, 22 fédérations européennes du textile et de l’habillement représentant 17 pays se réunissaient lors du salon Première Vision, décidant de s’engager ensemble dans la lutte contre l’ultra fast-fashion. Les premiers objectifs fixés par cette coalition ? La suppression de l’exonération des droits de douane pour les envois de faible valeur (moins de 150 euros) et l’instauration d’un droit de douane temporaire de 3 euros par colis jusqu’en 2028, le temps de s’accorder sur un dispositif pérenne. Baptisé « Déclaration de Villepinte », cet engagement commun a incontestablement porté ses fruits. Le 1er juillet dernier, les ministres de l’économie de l’Union européenne réunis en conseil sont passés à l’attaque pour contrer l’arrivée massive en Europe de produits chinois à très bas prix, vendus principalement par les plateformes Shein et Temu, avec la suppression de cette exonération et la mise en place de la taxe forfaitaire. « Une immense victoire et une avancée majeure », soulignait alors Roland Lescure, le ministre de l’économie français depuis Bruxelles. Par ailleurs, cette avancée s’est doublée d’un autre succès avec, le 8 juillet dernier, le vote par le parlement français de la loi sur la mode ultra-express, portée par la députée Anne-Cécile Violland et la sénatrice Sylvie Valente-Le Hir. « Cette loi n’est ni contre la mode, ni contre le pouvoir d’achat, ni contre les consommateurs, précise Sylvie Valente Le-Hir. Elle vise les excès d’un modèle fondé sur la multiplication permanente des références, la faible durée d’usage des produits et des pratiques commerciales agressives. Elle agit sur trois leviers. Elle renforce l’information du consommateur sur les lieux de fabrication, et prévoit des messages encourageant sobriété, réemploi et réparation. Elle prévoit une pénalité selon le score environnemental des produits, jusqu’à 12 euros dès 2026, et 20 euros en 2030. Enfin, elle interdira, dès 2027, la publicité des produits et des marques relevant de la mode ultra-express. Une présentation très concrète, prolongée par une mise en perspective d’Anne-Cécile Violland. « Derrière cette régulation, c’est tout un modèle de société qui est questionné. Il ne s’agit pas de culpabiliser le consommateur mais de lui redonner le pouvoir de choisir de manière éclairée, et de s’orienter vers des pratiques durables ». Un second train de mesures élaboré par l’ensemble des fédérations. Forte de ces victoires, la coalition choisit donc d’aller plus loin, assure Pierre-François Le Louët, co-président de l’UFIMH. « Il y a un an, ici même, on nous disait que rien n’était possible. Les décisions prises le 1er juillet dernier montrent que l’Europe sait agir quand elle le décide. Mais si ces premiers dispositifs constituent un progrès réel, ils ne suffisent pas pour lutter contre le déferlement des produits venus d’Asie. C’est la raison pour laquelle les fédérations européennes ont décidé d’élaborer un second train de propositions ». Principale recommandation énoncée le 1er septembre dernier à Villepinte, porter à 10 euros le montant des frais de gestion par colis (le « Handling fee »), et ceci à l’échelle de l’Union, ce qui permettra de contribuer aux coûts réels générés par ces importations, explique Lionel Guérin, co-président de l’UFIMH. « Chaque colis qui entre dans l’Union génère un coût : contrôles douaniers, sécurité des produits, surveillance du marché… Aujourd’hui, ces frais sont paradoxalement supportés par le contribuable européen et les entreprises qui respectent les règles. Pour réparer cette injustice, nous proposons l’instauration d’une redevance européenne pour frais de gestion d’environ 10 euros par colis. Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’une juste évaluation des frais de ces contrôles imposés par ce modèle économique ». Un objectif clé, préserver l’intégrité du marché européen… Une proposition-clé, suivie d’un ensemble de mesures qui vise notamment à une meilleure application des règles déjà mises en place. Parmi elles, on notera la responsabilisation des plateformes qui facilitent l’importation de ces produits dans l’UE ; l’établissement des mêmes contraintes concernant les petits colis pour l’univers du B2B et du B2C afin d’éviter que les plateformes visées ne basculent vers des importations en gros pour échapper aux taxes.  Ou encore un allégement de la charge pesant sur les entreprises européennes qui respectent les règles, un point essentiel comme l’explique Mario Jorge Machado, président d’Euratex, la confédération européenne de l’habillement et du textile. « Notre industrie représente aujourd’hui 1,3 million d’emplois et 200 000 entreprises, en grande majorité des PME, qui appliquent des normes sociales et environnementales parmi les plus exigeantes au monde. Celles-ci ne peuvent rivaliser avec le flux de marchandises qui échappent à ces règles. Face à ce constat, nous demandons deux choses simples : que ces colis soient déclarés en douane avec la même précision que n’importe quelle autre marchandise, et que le coût des contrôles soit financé par ceux qui les rendent nécessaires ».  …Et rétablir tous les critères d’une concurrence loyale.  Cette déclaration commune des fédérations vise, plus globalement, à préserver l’intégrité du marché unique et construire les bases d’une véritable harmonisation européenne, explique Olivier Ducatillion, président de l’UIT, l’Union des Industries Textiles. « Un an après nos premiers engagements, nous avons observé des avancées concrètes, et il faut rappeler que la France a joué un rôle moteur dans ce dossier. Maintenant, il est essentiel de maintenir la pression. Il ne s’agit pas de restreindre le commerce légitime mais de protéger l’intégrité du marché unique en garantissant que les opérateurs de pays tiers soient soumis aux mêmes règles et aux mêmes exigences de conformité que les entreprises européennes. C’est aujourd’hui la seule façon de rétablir une concurrence loyale. Pour cela, nous devons plus que jamais agir ensemble -fédérations françaises et européennes- aux côtés de nos partenaires internationaux. Seuls, nous donnons l’alerte. Ensemble, nous pesons ». Une fois encore, ces actions ont été pensées en synergie pour l’établissement d’une solution durable à l’échelle européenne, combinant contrôles efficaces, responsabilité des plateformes importatrices et conditions d’une concurrence équitable pour l’industrie européenne. La feuille de route est claire ; l’ensemble des fédérations européennes entend désormais la défendre à Bruxelles, avec le même succès.

Grand entretien avec… Sylvie Pourrat, Directrice du salon Première Classe, directrice du développement du groupe WSN.

“ Notre salon entend jouer, plus que jamais, son rôle de précurseur” Nouvelle scénographie, création d’une boutique… Alors que Première Classe s’apprête à ouvrir ses portes du 2 au 5 octobre prochain dans les jardins des Tuileries, sa directrice nous dévoile les axes d’une stratégie qui fait de l’événement l’un des rendez-vous majeurs de l’univers des accessoires, de la mode et du lifestyle.  Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler l’histoire et la mission de Première Classe ? Né en 1989, ce salon a été le premier événement consacré aux designers d’accessoires de mode. Son objectif était alors de mettre en lumière des créateurs qui ne montaient pas sur les podiums, comme le font les marques de prêt à porter. Depuis son origine jusqu’à aujourd’hui, notre ambition est la même… Repérer et valoriser les nouveaux talents ; des signatures, des personnalités qui portent une expression artistique forte. Preuve de la pertinence de notre démarche, le salon est aujourd’hui LA plateforme de référence durant la fashion-week parisienne. Son offre n’est plus exclusivement dédiée aux accessoires, elle s’est adaptée aux mutations de l’époque avec une forte présence du prêt à porter, mais aussi de l’univers du lifestyle : design, beauté, art, food. Cette alliance entre prêt à porter et accessoires constitue l’une des forces de l’événement. Comment travaillez-vous à l’équilibre entre les deux univers ?  Vous avez raison de parler d’équilibre. Il s’agit avant tout de proposer une offre homogène et lisible pour nos acheteurs et visiteurs. La présence du prêt-à-porter permet de valoriser notre proposition d’accessoires en créant de véritables silhouettes qui valorisent l’artisanat et les savoir-faire, valeurs clés dans l’univers des accessoires. Par ailleurs, les parcours de visite constituent les éléments majeurs de nos réflexions. Le visiteur vient chercher l’inspiration sur notre salon : les plans, l’organisation de l’offre et les animations doivent guider et nourrir sa recherche. Cette année, le salon se déploiera au fil de deux immenses tentes dans le Jardin des Tuileries, pensées comme deux lieux de vie avec un mot d’ordre :  la convivialité. Plus concrètement, comment le salon est-il organisé ? Cette édition  marque une nouvelle étape dans notre développement. Nous avons confié à l’agence SUCH&SUCH la direction artistique de l’événement, leur demandant de poser leur regard sur la sélection, la façon de présenter les produits et la réalisation de la campagne de communication. Nous avons choisi cette agence pour le regard très sélectif qu’elle porte sur le produit et sa capacité à faire dialoguer différents univers, tout en conservant exigence et cohérence dans la scénographie. Pour appliquer au mieux ces best practices, nos équipes ont fait un vrai travail d’accompagnement auprès des marques invitées. Pour les aider à préparer leur présentation, elles ont proposé des guides lines allant d’une palette de couleurs pour leur scénographie à des conseils pour leurs affiches et logos. Par ailleurs, d’autres nouveautés signent cette édition…. En effet, je suis fière de vous annoncer la création de la boutique Première Classe aménagée dans le salon et ouverte au public avec un objectif précis, faire dialoguer les univers B&B et B&C. La curation a été menée par l’agence, associant des créateurs de Première Classe à des marques hors salon. Par ailleurs, les collaborations et les éditions limitées auront également leur premier événement dédié dans l’espace Tuileries, baptisé JILL.  Enfin, de nombreuses animations viendront enrichir notre propos et notre vision. Le showroom RunXAndam issu d’un partenariat entre l’ANDAM et le groupe WSN, des talks, des expositions et, bien sûr, la soirée Première Classe devenue un rendez-vous incontournable. Avec ces initiatives, le salon répond aux nouvelles tendances du marché et continue de jouer son rôle de précurseur. Ce type de projet s’impose d’ailleurs dans nos projections pour demain, avec la volonté de nous tourner, plus que jamais, vers l’innovation. Combien de visiteurs attendez-vous et combien de marques allez-vous exposer ? Cette édition présentera plus de 300 marques, réparties dans les deux tentes des Tuileries. L’Italie et le Japon sont les pays les plus représentés (hors France) et nous observons une forte présence des pays européens. Cette saison, l’Amérique latine renforce sa position, territoire qui mérite toute notre attention et que nous explorons. Côté visiteurs, nous bénéficierons comme chaque année, de l’audience de la Fashion Week, fidèle à notre salon. Nous comptons sur la venue de nos acheteurs réguliers, mais nous avons aussi élaboré un programme pour inviter de nouveaux acheteurs internationaux à découvrir le salon. Nos équipes effectuent un travail de recherche permanent pour capter les nouveaux acteurs du marché et nous espérons que la Boutique participera à attirer une communauté mode et influence. Il est encore tôt pour donner des chiffres précis en termes de fréquentation, mais la tendance est au niveau de celle des années précédentes. Première Classe se distingue par sa façon de valoriser la jeune création. Pouvez-vous nous rappeler vos liens avec les festivals et prix qui soutiennent les demains de la mode ? Nous avons établi des partenariats de longue date avec l’ANDAM, le Festival d'Hyères, les prix de la ville de Paris. Le groupe WSN (auquel appartient le salon) est mécène de tous ces événements prestigieux qui ont un point commun,  l’identification et la promotion de la  nouvelle scène. Valoriser cette jeune création fait partie de la mission du salon, tout comme l’accompagnement des designers dans la naissance de leur propre label. Ces mécénats illustrent la force de notre engagement. WSN est partenaire de l’UFIMH. Qu’apporte ce compagnonnage ? Les bénéfices sont réciproques. Cette saison et grâce au soutien de l’UFIMH et du DEFI, nous recevons, par exemple, une délégation d’acheteurs internationaux sur le salon, qui bénéficieront d’un programme personnalisé de sensibilisation au marché français, avec notamment des rencontres avec les marques françaises. En effet, nous considérons que nos salons sont parties prenantes du système de la mode française et travailler en collaboration avec les institutions qui représentent cet univers fait partie de notre mission. Nos événements sont des plateformes pour elles. Nous leur donnons la parole, nous construisons avec elles des partenariats et nous effectuons les remontées terrain des tendances dont nous sommes les premiers témoins. Nous sommes en effet aux avant-postes pour établir un baromètre fiable du marché. Ce type d’échanges constitue un vrai bénéfice pour la filière toute entière. Pour visiter Première Classe : https://wsn-events.com/visiter-premiere-classe  

3 questions à… Olivia Chammas, Déléguée générale de IFM Alumni, l’association des Diplômés de l’Institut Français de la Mode.

« Les rencontres de Faverolles, une opportunité unique d’échanger sur les grands enjeux du secteur » Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 40 ans, l’association des anciens de l’IFM multiplie les projets pour valoriser ses diplômés tout au long de leur carrière. Chaque année, elle leur donne aussi rendez-vous dans le domaine des Oseraies à Faverolles pour confronter expériences et points de vue sur l’avenir de la mode. En avant-première, le point sur la prochaine édition, le 12 septembre 2026.  1/ Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre association ? IFM Alumni a été créée dès 1987 pour accueillir la toute première promotion de l'Institut Français de la Mode. Elle se fixe pour mission de réunir les anciens de l’IFM en articulant ses actions autour de trois axes principaux : accompagner les diplômés dans le développement de leur carrière en mettant en place un solide réseau d’entraide ; valoriser leur réussite et contribuer au rayonnement de l'Institut. Depuis notre fusion avec l’Ecole de la Chambre syndicale en 2019, l’association compte environ 6500 membres. Ce chiffre en témoigne, IFM Alumni fédère ainsi les grands acteurs de la mode en France, et illustre la diversité des métiers du secteur. L'école a été créée par Pierre Bergé avec l’ambition de former des profils business et management pour accompagner les créateurs mais elle a, très vite, développé des programmes de création, doublés aujourd’hui de cursus autour des savoir-faire. Cette richesse est l'une des grandes spécificités de l'IFM, et donc de l’association. Le tout avec une forte dimension internationale, puisque l’école accueille des étudiants venus du monde entier. 2/ Les rencontres de Faverolles, organisées chaque année depuis 1987, constituent l’un des grands rendez-vous de l’association. Quelle est leur mission ? L’événement a été initié dès la création de l’école par Sylvie Grumbach, fondatrice de l’agence de presse iconique Deuxième Bureau et son frère Didier Grumbach, grande personnalité de la mode. Président de la Fédération de la Haute Couture, cofondateur d’Yves Saint Laurent Rive Gauche et à la tête de maisons de couture comme Mugler, il est l’un des membres fondateurs de l'IFM. Tous les deux ont proposé, en 1987, une première rencontre festive et informelle dans la propriété de Faverolles. Ce déjeuner sur l’herbe est devenu en 2024 un rendez-vous plus sérieux et  incontournable, l’occasion de se nourrir et d'échanger sur les problématiques du secteur mais aussi d’imaginer ensemble de nouvelles pistes. Depuis la fusion de l’événement avec le Forum de la Mode en 2025, ces rencontres ont encore enrichi leur programme avec un mix de talks, de conférences et de temps d’échanges plus informels, le tout rassemblant environ 450 personnes ; le format idéal pour réunir les acteurs-clés du secteur tout en préservant l’esprit convivial qui préside depuis toujours à l’événement. 3/ Cette édition semble déjà particulièrement riche. Pouvez-vous nous en dévoiler déjà les axes-forts ? Plusieurs tables rondes permettront d’aborder les thèmes les plus concernants du moment. Le dialogue créateur & CEO au sein des maisons de luxe avec le créateur américain Mike Amiri (AMIRI) et Pascal Morand, président de la FHCM ; les nouvelles frontières du luxe avec Anthony Drouot (Directeur accessoires Lemaire) et Nicolas Rohr (co-fondateur Faguo) ou encore l’alliance France-Italie et plus largement le rôle clé de l’Europe face aux nouveaux équilibres géopolitiques de l’industrie mode et luxe, avec Luca Sburlati (Pattern Group), Carlo Capasa (Camera Nazionale della Moda Italiana), Tristan de Witte (Président, Réseau Excellence Entreprises du Patrimoine Vivant), et Pierre-François Le Louet (Co-Président UFIMH). Le tout sera entrecoupé de performances (dont un spectacle mode & danse), d’un déjeuner convivial et des prises de parole de Pierre-François Le Louet, Vice-président de l’IFM Alumni et co-président de l’UFIMH, de Catherine Jacquet, présidente de IFM Alumni et CEO, d’Isabel Marant ou encore de Sylvie Ebel, DG adjointe de l’IFM. Cette édition 2026 est soutenue par le Ministère de La Culture et le DEFI. Informations sur les Rencontres de Faverolles 2026 et inscriptions : https://www.ifm-alumni.fr/fr/event/rencontres-de-faverolles-forum-de-la-mode/2026/09/12/623      

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