Grand entretien avec… Isabelle Lefort, co-fondatrice et directrice de l’association Paris Good Fashion

13 février 2026

« Nous voulons penser et agir ensemble pour une mode durable »

 

 

Fondée en 2019 pour faire de Paris LA capitale de la mode durable et accélérer la transition environnementale, l’association vient tout juste d’organiser son premier Mid Summer Camp. L’occasion de partager connaissances et bonnes pratiques et réfléchir, ensemble, au demain du secteur. Le point avec Isabelle Lefort, à l’initiative de l’événement.

 

 

Vous venez d’organiser votre premier Mid Summer Camp, destiné à réunir des acteurs impliqués dans la transition écologique du secteur. Quelle était l’ambition de cet événement ?

 

Il y a tout juste 6 ans, nous avons créé Paris Good Fashion pour faire de Paris LA capitale de la mode durable. Depuis, nous n’avons cessé de relever ce défi mais il reste beaucoup à faire alors que le dérèglement climatique est plus manifeste que jamais. Face à cette urgence, il nous a semblé indispensable de réunir l’ensemble des acteurs avec une conviction. Pour mener des actions communes, il faut partager connaissances et expériences, penser ensemble le futur que nous voulons donner à la mode.

 

Premier temps fort de l’événement, un état des lieux des avancées en matière de transition écologique, mais aussi des défis quil reste à relever…

 

Depuis 2019, il y a indéniablement eu d’énormes progrès. Les acteurs de la mode échangent désormais sur ces sujets et mènent des combats ensemble, notamment face aux effets dévastateurs de l’ultra-fast fashion ; lutte pour laquelle l’UFIMH a été en première ligne. En revanche, nous sommes dans un contexte qui s’est durci. Les sujets se sont complexifiés et nous devons faire face à un moment de backlash des thèmes écologiques, alors qu’il est capital d’accélérer pour des raisons environnementales, mais aussi économiques. Si nous ne voulons pas nous fermer le marché chinois qui, lui-même, s’empare de ces thématiques, il faut absolument accélérer la transition en termes d’éco-conception, de traçabilité, de réduction de l’impact de production… C’est toute l’ambiguïté de la Chine. Des marques comme Shein s’y développent. Dans le même temps, le pays entend appliquer, à la lettre, une réglementation proche de la législation européenne d’ici 2027. Les entreprises qui ne seront pas alignées risquent de perdre ce marché.

 

Vous avez ensuite dévoilé le résultat d’une étude autour de la décarbonation. Pouvez-vous nous la présenter ?

 

Nous travaillons depuis deux ans sur le sujet et venons de présenter une trajectoire inédite. Elle a tout d’abord été réalisée avec l’appui de 25 entreprises (chiffre jamais atteint) qui ont accepté de communiquer leurs résultats. Le sujet a ensuite été abordé par segments (luxe, premium, mass market) alors que toutes les trajectoires sont aujourd’hui pensées de façon globale, ce qui gomme les différences pourtant importantes entre ces segments.

 

Partant de cette analyse, vous avez également énoncé différents leviers d’action…

 

Nous avons établi une trajectoire à 2030 alignée sur l’accord de Paris et la volonté de ne pas dépasser 1,5°de hausse de température. Grâce à cette étude, on sait que le luxe devrait réduire de 1% ses volumes de vente pour être en phase avec l’objectif, le premium rester sur une même trajectoire et le mass baisser drastiquement. Partant de ces constats, nous allons travailler collectivement sur la traçabilité, l’identification et l’implication des sous-traitants, la réduction de l’impact de la production. Nous nous concentrerons aussi sur les liens finance-RSE, parce qu’il faut à la fois réduire l’impact environnemental et augmenter la performance des entreprises. Enfin, nous prévoyons l’organisation d’une seconde consultation citoyenne lancée dès la rentrée (après celle de 2020) car on ne pourra réussir que si on implique les consommateurs.

 

Cet événement proposait également des conférences avec de jeunes créateurs, très investis…

 

Nous avons en effet imaginé un atelier avec Nathalie Dufour, fondatrice et directrice de l’ANDAM qui s’est entourée de jeunes créateurs pour qu’ils puissent partager leurs bonnes pratiques. L’occasion aussi de rappeler que la mode est une industrie créative et que les designers doivent être impliqués dans cette transition écologique. Les entreprises ont trop longtemps travaillé en silo, à l’écart des créateurs. Nous l’avons vu lors de cet atelier, la question du développement durable fait désormais partie intégrante de leurs préoccupations, et de leur démarche créative.

 

Vous avez pensé ce Mid Summer Camp comme un rendez-vous pérenne, une sorte de GIEC de la mode. Comment envisagez-vous la suite ?

 

Nous sommes tout d’abord très satisfaits de la participation à l’événement. 250 personnes étaient présentes pour la journée professionnelle, plus de 300 lors de la journée grand public. Pour une première fois, c’est très prometteur. Nous allons prévoir la seconde édition autour du 10 juillet 2026. Nous nous  calons ainsi sur le dernier jour de la Fashion Week parisienne que nous pourrions accompagner par un événement dans ce lieu extraordinaire qu’est le Domaine de Chaalis. Un symbole du patrimoine environnemental et culturel, impliqué lui aussi dans les questions de durabilité et de biodiversité. Un lieu d’une grande beauté et très inspirant, idéal pour partager nos expériences, et faire émerger de nouvelles idées.

Pour en savoir plus: https://parisgoodfashion.fr/fr/

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Grand entretien : UFIMH, les grands défis pour 2026

En dépit d’un contexte géo-politique et économique chahuté, l’UFIMH multiplie les projets pour accompagner les entreprises de la filière à poursuivre leur développement en 2026, qu’il s’agisse de croissance à l’international, de RSE ou d’innovation. Le point sur la stratégie déjà mise en place avec les co-présidents de l’Union, Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët.  L’UFIMH a largement défini sa stratégie pour l’année 2026. Quels en sont les grands axes? PFLL. Notre stratégie s’articule autour de deux grands pôles - les actions institutionnelles et celles qui concernent directement notre soutien aux entreprises. Le tout avec une même mission, défendre nos marques de mode créatives et responsables, ce qui passe d’abord par une lutte renforcée contre le modèle de l’ultra fast fashion que nous avons déjà mise en œuvre. Après un dialogue constructif avec le gouvernement, les assemblées françaises et européennes, la nouveauté 2026 devrait être l'ampleur européenne que va prendre le débat. Pouvez-vous nous préciser les temps forts de cette mobilisation européenne ? PFLL. L’UFIMH a mené plusieurs initiatives d’envergure sur le sujet en 2025, rassemblant 24 fédérations européennes de la mode autour d'un texte condamnant l‘ultra fast fashion et appelant la Commission à agir, ceci en collaboration avec l’association européenne Euratex. Nous comptons sur une amplification des actions et sur une coordination avec nos homologues des différents pays, qui travaillent eux aussi à la promulgation de lois anti ultra-fast fashion. Alors que nous attendons la promulgation de décrets en France, d'autres lois vont voir le jour dans les pays européens, notamment en Italie. Au niveau de la Commission européenne, nous avons en ligne de mire la mise en place de la taxe douanière de 3 euros sur les petits colis (qui arrivent de l’extérieur de l’UE) mais aussi dans le cadre de la France, avec celle de 2 € pour la gestion des contrôles de ces mêmes colis. Par ailleurs, nous suivrons tout le mois de janvier la tenue du procès à Aix-en Provence à laquelle l’UFIMH est associée, avec plus de 120 marques et 19 organisations professionnelles. Ensemble, nous accusons la marque Shein de “concurrence déloyale” et demandons réparation pour le préjudice économique subi. Par ailleurs, l’UFIMH sera à la manœuvre tout au long de l’année pour contrôler la mise en place des procédures et décisions prises en 2025. Avec toujours une même conviction, la préservation de la mode française passe par celle de la mode européenne. Par ailleurs, l’UFIMH va accompagner les principaux organismes à réécrire leur stratégie ?  LG. En 2026, le DEFI et l'IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement) sont appelés à renouveler leur gouvernance et à réécrire leur stratégie favorisant l'innovation des marques de mode françaises. L'UFIMH est naturellement impliquée puisque nous siégeons dans les conseils d’administration de ces organismes. Cette réécriture passera par le lancement d’études, des échanges avec les autres fédérations professionnelles mais aussi des administrations concernées afin d’aligner la vision du gouvernement et celle des fédérations. Le tout en gardant comme seul objectif l’intérêt des entreprises que nous servons. Dans le même temps, l'IFM – malgré la réduction du soutien de l’Etat - va poursuivre son développement en se fixant de nouvelles ambitions, soutenu là encore par les professions. Enfin, nous attendons avec impatience le nouveau cahier des charges de Refashion qui permettra sans doute à cet organisme d’être plus efficace et de déployer une véritable filière industrielle du recyclage en France que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. En 2026, c’est donc l’ensemble de nos organismes collectifs qui devront retravailler leurs stratégies pour relever de nouveaux défis. Un certain désengagement de l’Etat, la prise en compte de nouvelles concurrences, sans compter les impératifs liés à l'innovation, au développement durable ou à l'émergence de nouveaux modèles économiques nous imposent de revoir les feuilles de route. Dans ce contexte, l’UFIMH œuvrera pour que l’ensemble des acteurs de la filière travaillent de manière collégiale, alignant leurs stratégies pour rendre la mode française plus forte, plus innovante, plus responsable. Pour cela, l’UFIMH entend jouer un rôle de catalyseur, favorisant le dialogue et les synergies. Deuxième axe-clé, l’accompagnement des entreprises françaises, et celui-ci passe d’abord à l’export….  PFLL. L’ambition est d’aider nos entreprises à maintenir ou augmenter leur chiffre d'affaires dans un contexte où le marché français reste très difficile. Cet objectif passe naturellement par le développement à l’international.  Nos fédérations, appuyées par le DEFI, vont soutenir en 2026 environ 200 entreprises, via l’organisation de quelque 500 opérations à l’étranger. Notre accompagnement se veut à la fois opérationnel et personnalisé. Nos équipes spécialisées dans l’export travaillent avec les marques pour mettre en place une démarche personnalisée, qui leur permettra au mieux de pénétrer ou de conforter de nouveaux marchés : séjours d’immersion, participation aux salons locaux les plus stratégiques, présence dans des showrooms, sans compter des conférences, des workshops et la constitution, sur place, de réseaux avec les acteurs locaux… Les principales zones concernées restent l’Asie (Chine, Corée, Japon) et les Etats-Unis, même si ce dernier territoire s’inscrit dans un contexte géopolitique compliqué. Dans tous les cas, nous avons la conviction que l’international reste l’un des leviers majeurs de croissance pour nos entreprises, ce qui explique l’augmentation de notre investissement dans ce domaine. Après l’international, passons au deuxième axe fort de la stratégie de l’UFIMH, le développement durable… LG. Participer au développement d’une mode créative et responsable reste plus que jamais l’objectif de l’UFIMH et, dans ce contexte, environ 80 entreprises vont bénéficier d'un accompagnement pour optimiser leur stratégie en termes de RSE. Une volonté qui se concrétisera par des aides financières et un soutien à l’élaboration de leur stratégie, qu'il s’agisse d’un accompagnement personnalisé ou du suivi de conférences et workshops en ligne sur notre plateforme www.enmodedurable.fr. Plateforme qui réunit toutes les informations et conseils clés sur le sujet : point sur les certifications, enquêtes sur les couleurs et matières les plus vertueuses, approvisionnement responsable…. Reste le domaine de l’innovation que l’UFIMH compte également  investir… PFLL & LG. Au second semestre 2026, à l’initiative de l’UFIMH, l’IFTH organisera à Paris la première Journée de l'innovation. L’objectif ? Partager avec toutes les marques l’ensemble des nouveaux procédés, technologies et matières qui permettent d'être plus innovants dans les process. L’événement se voudra très concret, l’occasion de présenter de nouvelles fibres, de nouveaux tissus, de nouveaux procédés pour être plus efficace et moins impactant. L’événement sera également consacré à l'usage des outils numériques, et notamment de l'intelligence artificielle. Via notre plan d'action digital, nous aidons déjà des entreprises à amplifier leur impact numérique et beaucoup utilisent ces subventions pour financer des formations à l'intelligence artificielle ou l’acquisition de logiciels d’IA. Avec le soutien du DEFI, nous continuerons de proposer à presque 200 entreprises une aide à la transformation numérique, nous poursuivrons notre mission en proposant en 2026 un panorama de toutes les solutions d'intelligence artificielle existantes au service des différentes fonctions dans une entreprise de mode. Là encore, notre approche sera pragmatique avec un ensemble de solutions répondant à des problématiques concrètes : « quelles solutions existent si je veux mettre en place l’automatisation de mes étiquettes ? Optimiser ma logistique ? ». Cette démarche ambitieuse sera menée également avec l'IFTH, l’occasion de montrer une fois encore les multiples synergies au sein de la filière, bien décidée collectivement à œuvrer pour son avenir.

Salon Maison & Objet 2026, ce qu’il faut retenir de l’événement…

Du 15 au 19 janvier dernier, la 61ème édition du salon Maison & Objet a présenté les tendances et les acteurs qui font le design de demain ; sans compter de nombreuses marques d’accessoires, de plus en plus intéressées par la décoration. Le point avec Julie Pradier, directrice marketing et communication du salon. 2300 marques (dont 500 nouvelles) venues de 145 pays, quelque 70 000 visiteurs et surtout une édition jugée très riche, dévoilant un panorama à 180° des grandes inspirations du moment… Le salon Maison & Objet a, une fois de plus, accompli sa mission. La preuve avec ces cinq tendances et moments clés. 1/ “Past Reveals future”, un thème fédérateur autour de la mémoire revisitée.  « Avec ce thème, nous avons voulu nous replonger dans l’héritage pour mieux penser demain. Cette volonté s’inscrit dans l’ADN de Maison & Objet qui a toujours été la caisse de résonance des métiers d'art comme de la création contemporaine. Une passerelle entre des savoir-faire ancestraux et le design contemporain, assure Julie Pradier. Cette problématique, qui fait plus que jamais écho aux préoccupations de l’époque, s’est déployée autour de quatre tendances qui ont ponctué la déambulation. Métamorphose a magnifié la dynamique de l’upcycling et les nouvelles créations réalisées à partir des rebuts du quotidien. Mutation a présenté les grandes hybridations entre gestes traditionnels et techniques innovantes. Le Baroque revisité a mis en lumière la puissance de cette tendance portée par une nouvelle génération qui travaille les savoir-faire dans une approche contemporaine. Et enfin, le Néo-folklore a consacré les récits locaux réinventés à l'aune des nouvelles technologies. Quatre thématiques déclinées notamment dans les espaces What’s new, à l’image de celui d’Elisabeth Leriche qui a imaginé une scénographie immersive remettant à l’honneur les arts décoratifs dont les savoir-faire exceptionnels servent de matrice pour créer les décors, objets et mobilier de demain. Une Ode aux savoir-faire qui s’est prolongée dans l’espace In Materia dédié aux métiers d’art, avec une sélection de pièces uniques ou de petites séries façonnées dans des ateliers d’art, le tout imaginé en partenariat avec Ateliers d’Art de France. 2/ Un nombre grandissant de marques d’accessoires désireuses d’élargir leur univers. Si le salon a, depuis sa création, accueilli des marques de mode dans un espace dédié (fashion accessories), le secteur a, depuis plusieurs années, largement accru sa présence. Lors de cette édition, 206 marques ont exposé à Maison & Objet, ce qui traduit le nouvel intérêt de ces maisons pour l’univers de la décoration et, plus globalement, celui de la maison, explique Julie Pradier. « De nouvelles marques de prêt à porter et d’accessoires choisissent aujourd’hui de développer un esprit plus concept-store, introduisant dans leur proposition globale des pièces de design et de décoration, qu’il s’agisse de petits objets (bougies, vases, art de la table) ou même de mobilier. Une façon pour elle construire un univers à part entière avec une offre multiproduits qui peut constituer de nouveaux relais de croissance. » 3/ Harry Nuriev, designer de l’année. Nommé designer de l’année 2026, Harry Nuriev a imaginé un espace porté par les valeurs du “Transformisme”, qu’il définit par la volonté de donner une seconde vie aux objets qui ont perdu leur place dans nos sociétés. Mêlant créations contemporaines et savoir-faire ancestraux, le jeune designer a présenté plusieurs pièces issues de sa collaboration avec des maisons de luxe françaises. Des objets qui cherchent tous à remettre en question le concept de beauté, pour le redécouvrir à travers ce qui a été rejeté, ignoré ou oublié. « Dans un monde qui n’a plus besoin de davantage de choses, le transformisme offre un geste bienveillant, un outil de réflexion, un acte créatif honnête », affirme-t-il. Une façon personnelle d’illustrer l’une des tendances fortes du salon, autour du réemploi des matériaux. 4/ L'éco-responsabilité, plus que jamais… Si la sustainability infuse l’ensemble de la création présentée au salon, les halls 1 & 2 ont été largement dédiés à cette thématique, notamment l’Eco Materials Corner qui a réuni une sélection internationale de fabricants de matériaux et de revêtements éco-conçus pour l’architecture intérieure, la décoration et le mobilier. « Une manière pour Maison & Objet d’affirmer son rôle de prescripteur dans la promotion de solutions responsables et de réaffirmer que la durabilité est au cœur des valeurs du salon, reprend Julie Pradier. Rappelons que Maison & Objet, depuis sa création, met en avant des marques haut de gamme qui militent pour une création durable. Dans cet esprit, le salon imagine chaque année un parcours spécifique avec une sélection de marques (réalisée par un jury indépendant) qui présente une démarche particulièrement innovante en termes de « sustainability ». 4/ Un salon et beaucoup plus… Un salon pour découvrir la création, un salon pour penser demain… Comme chaque année, Maison & Objet a conçu pour sa communauté une série de conférences sur les thèmes les plus fédérateurs (le rayonnement du design français aux Etats-Unis, l’IA au service de la culture et de la création…). En parallèle, le programme Maison & Objet In the City a proposé cette année un parcours parisien exceptionnel avec 100 adresses de référence dans l’univers du design. « Avec ce programme, nous voulons offrir une expérience globale à nos visiteurs, notamment aux étrangers qui représentent 50% de notre public et qui entendent bien profiter aussi de la ville. Cette année, l’événement leur a permis de découvrir des lieux exclusifs et surtout, de participer à de multiples événements imaginés dans ces espaces ». Par ailleurs, Maison & Objet se veut aussi une communauté d'acheteurs, de fabricants, de prescripteurs, d’architectes d’intérieur. « Notre mission est de connecter cette communauté, la nourrir et l'inspirer, explique Julie Pradier. Nous le faisons toute l’année avec notre market place mais aussi via des événements comme celui organisé chaque année à Hong Kong ». Lors de son édition de décembre dernier, Maison & Objet Interieurs Hong Kong a réuni plus de 200 marques, artisans et architectes d’intérieurs pour une expérience immersive permettant de découvrir in situ le meilleur de la création. L’événement qui a attiré de nombreux visiteurs venus de toute l’Asie, devrait être bientôt décliné dans d’autres villes. Pour en savoir plus sur le salon : https://www.maison-objet.com/paris    

3 questions à… Nathalie Barataud, associée de la marque Mapoésie.

« Nous proposons une fantaisie textile et créative » Fondée en 2010, la maison parisienne de prêt à porter, d’accessoires textiles et de décoration connaît un succès jamais démenti grâce à un univers singulier, fait de couleurs chatoyantes et de motifs ultra-graphiques. Retour sur 15 années d’un développement créatif sans fausse note, avec Nathalie Barataud.  Pouvez-vous tout d’abord nous définir l’esprit de votre marque, sa signature créative ? Mapoésie a été imaginée en 2010 par Elsa Poux (diplômée des Arts Déco) que j‘ai rejoint en 2018. Nous proposons un univers bien précis entre mode, design et arts graphiques, avec une signature visuelle très identifiable : des motifs géométriques, des jeux de couleurs, une esthétique inspirée de l’artisanat du monde entier. Cette singularité tient sans doute au fait que nous travaillons comme un studio créatif, l’ADN de la marque réside dans la création de motifs qui sont ensuite déclinés sur différents supports : des pièces de mode, de l’accessoire ou encore du linge de maison. Ici, tout part du dessin et de la couleur ! Nous avons commencé par l’accessoire, notamment les foulards en matière naturelle : coton, ou soie pour l’été et principalement des laines pour l’hiver. En 2014, nous avons investi l’univers de la maison avec des coussins, des tapis…. En 2017, nous avons franchi un autre cap avec l’accessoire de plage. Nous avons commencé par des draps de plage imprimés puis des vêtements de mode proposés en taille unique : robes de plage, combinaisons, kimonos… La première collection a été un vrai succès et beaucoup de clients nous ont demandé ce que nous allions faire l’hiver prochain. Cela nous a décidé ! Nous proposons désormais une ligne de Prêt à porter hiver comme été, et toujours une ligne plage. Après 15 années de création, la marque propose un véritable univers composé de prêt-à-porter, d'accessoires et de pièces pour la maison, le tout avec plus de 300 références par collection. Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ? Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%. Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan). Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue. Quels sont vos projets pour les prochaines années ? Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie. Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise… Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH. Découvrez Mapoésie : https://mapoesie.fr/fr/  

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