Grand entretien avec … Sylvie Maignan, Responsable de la Maison du Savoir-Faire et de la Création

21 septembre 2026

“ Le Made in France bénéficie d’une image très positive auprès des consommateurs “

Créée il y a tout juste 15 ans, la Maison du Savoir-Faire et de la Création, s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs clés dans la valorisation du Fabriqué en France, œuvrant très concrètement à tisser des liens entre marques et fabricants pour dynamiser le secteur. Avec Sylvie Maignan, le point sur l’engagement de cette institution, d’intérêt général, affiliée à l’UFIMH et financée par le DEFI. 

La Maison du Savoir-Faire et de la Création a été créée en 2011 par les organisations professionnelles du secteur. Pouvez-vous nous rappeler ses grandes missions ?

Notre vocation n’a pas changé depuis 15 ans, même si nous lui avons insufflé une nouvelle dynamique ! Nous avons pour objectif de tisser des liens entre les marques et les fabricants, qui s’articule autour de 4 grandes missions. Nous cherchons tout d’abord à valoriser les façonniers et fabricants français qui détiennent des savoir-faire uniques, en les recommandant aux marques qui souhaitent produire en France. Pour cela, nous sommes présents sur les salons, nous communiquons sur nos réseaux sociaux et surtout, nous nous rendons tous les mois sur le terrain pour visiter les ateliers, appréhender leurs savoir-faire que nous mettons en lumière via notre magazine en ligne. Notre seconde mission consiste à faciliter la mise en relation entre fabricants et donneurs d’ordres. Pour favoriser l’accès aux fabricants, nous avons créé une plateforme professionnelle et gratuite de mise en relation, qui répertorie toute la palette de la fabrication française de mode avec près de 600 entreprises référencées (confectionneurs, bureaux d’études, fabricants de matières textiles…). Cette base de données, la plus qualifiée du secteur, est enrichie et actualisée en permanence.

Derniers objectifs, nous accompagnons les marques et créateurs de mode dans leurs projets Made in France avec des conseils personnalisés ; nous gérons ainsi chaque année, environ 300 demandes de marques qui cherchent à produire localement. Enfin, nous contribuons à des actions stratégiques de la filière avec l’ensemble des Fédérations, sur différents sujets clés comme la promotion des métiers techniques de la mode.

Depuis 15 ans, le paysage de la mode française a évolué. Pouvez-vous nous en dresser un rapide panorama ? Et quels sont aujourd’hui les défis des entreprises de la filière ?  

Je ne vais pas m’appesantir sur les 40 ans de délocalisation qu’a connu la France mais ce rappel est essentiel. Il a obligé une majorité des fabricants à se spécialiser dans le luxe pour perdurer, ce qui constitue l’une des spécificités de la confection française. En dépit de cela, la France a su préserver un tissu industriel d’environ 450 façonniers, avec des savoir-faire d’excellence reconnus dans le monde entier. La filière compte plusieurs grands groupes mais les entreprises sont majoritairement des PME. Ces dernières ont récemment vu l’arrivée d’une nouvelle génération d’ateliers, plus généralistes et flexibles, qui produisent de petites séries afin de répondre aux besoins des jeunes marques de mode et des créateurs émergents, qui souhaitent des productions maîtrisées (sans surstock), dans une démarche RSE.

Dans ce contexte global, les fabricants français doivent relever plusieurs défis. D’abord celui de la compétitivité, car on sait que le prix du Made in France est plus élevé que le « Made in ailleurs ». Si on ne peut agir sur le coût de production (indexé sur les salaires), l’enjeu est de réduire le temps de confection grâce à plusieurs innovations, notamment le prototypage virtuel. L’automatisation de certaines étapes de production se développe également lorsqu’elle ne nécessite pas de maîtrise particulière de savoir-faire. Par ailleurs, les enjeux de formation et de recrutement restent importants, de même que le contexte géopolitique et la morosité de la consommation qui freinent le développement du Fabriqué en France.

Votre objectif-clé est la promotion de la fabrication française. Quels sont ses atouts dans un univers très compétitif et comment participez-vous à les valoriser ? 

Le Fabriqué en France bénéficie d’une image très positive auprès des consommateurs en France comme à l’international, grâce à la qualité et la durabilité intrinsèque des produits. C’est un facteur de vente, avec un impact important sur l’économie française : il permet de créer des emplois, soutient l’économie locale et favorise la préservation des savoir-faire. Il s’agit d’une caractéristique à laquelle les marques sont de plus en plus sensibles car elles constituent un atout majeur de leur communication. Fabriquer en France induit aussi des avantages en termes de RSE, avec un impact carbone réduit du fait de notre système énergétique. C’est également la garantie du respect des normes sociales et environnementales les plus strictes et d’une totale traçabilité de la production. Pour les marques, fabriquer en France induit enfin une flexibilité de production avec des minimums de quantités souvent inférieurs aux autres pays, permettant une meilleure gestion des stocks.

Nous valorisons ces atouts grâce à notre plateforme qui permet aux fabricants de promouvoir leurs savoir-faire, d’être identifiés et directement contactés par les donneurs d’ordres qui l’utilisent. Surtout, nous rappelons cette valeur ajoutée aux marques et nous attirons leur attention sur les questions de business model et de marges compatibles avec les coûts de fabrication français.

Comment encouragez-vous les relations fabricants & marques ? Et quelles sont vos actions de conseil auprès des uns et des autres ? 

Faciliter les relations fabricants & marques est au cœur de notre activité. Notre plateforme de mise en relation dispose d’un moteur de recherche puissant, capable de croiser 200 critères pour proposer des résultats ultra-ciblés. Près de 800 marques utilisent aujourd’hui cette plateforme, disponible en anglais (20% de nos visiteurs venant de l’international). Notre taux de fréquentation est excellent, avec plus de 32 000 visiteurs par an.

Par ailleurs, nous multiplions les actions de conseil auprès des donneurs d’ordres qui nous sollicitent pour produire en France ou relocaliser une partie de leur production. Ceci représente un large éventail d’acteurs : Maisons de luxe, marques haut de gamme et premium, jeunes marques, grands magasins, retailers… Selon leurs besoins, nous leur recommandons plusieurs fabricants en précisant leurs savoir-faire et spécificités. Nous avons aussi créé un forum d’échange et d’entraide entre fabricants qui connaît un vrai succès. Et nous animons tous les mois des webinaires de sensibilisation à destination des porteurs de projets, sur les questions de production en France.

L’engagement éco-responsable et l’innovation sont des éléments clés pour l’avenir de la filière. Comment contribuez-vous à accélérer cette transition ?

En agissant sur la mise en relation entre marques et fabricants français, nous participons concrètement à cette transition. Nous facilitons l’accès à des ateliers implantés en France et encourageons une production plus locale, plus transparente et plus responsable. Notre plateforme permet d’identifier des partenaires adaptés, grâce à notre outil de recherche qui intègre plus de 30 labels RSE. Nous jouons également un rôle de sensibilisation. À travers notre magazine et nos échanges avec les marques, nous diffusons les bonnes pratiques du Made in France, encourageant une meilleure compréhension de la production pour éviter des erreurs fréquentes qui alourdissent l’empreinte des collections. Enfin, nous valorisons des ateliers français les plus innovants, engagés dans l’optimisation des matières, l’innovation technique et la production en séries maîtrisées. La France et l’Europe sont aujourd’hui pionnières sur les enjeux RSE et notre rôle est de donner de la visibilité à ces acteurs en orientant les marques vers des solutions concrètes et durables. A ce titre, nous avons co-organisé l’année dernière un évènement avec le Groupement de la Fabrication Française (membre de l’UFIMH), qui dispose d’un label RSE « Les Ateliers Engagés » pour valoriser les atouts d’une fabrication locale.

Autre sujet-clé, la formation et le recrutement. Là encore, comment agissez-vous pour répondre aux besoins des entreprises ?

L’enjeu de valorisation et de préservation des savoir-faire est essentiel, sachant qu’un quart des salariés en atelier partiront à la retraite dans les 10 prochaines années. Les métiers techniques de la mode, comme les couturiers et couturières, sont des métiers en tension. Les ateliers forment et recrutent une jeune génération, mais aussi des personnes en reconversion qui ont envie de se réaliser par leurs aptitudes manuelles. Plusieurs ateliers ont même leur école de formation intégrée.

De notre côté, nous sommes contributeurs de la campagne Savoir pour Faire, en charge de la promotion des métiers techniques de la mode et du luxe, initiée par le Comité Stratégique de Filière Mode & Luxe il y a 7 ans. Cette campagne, très active sur les réseaux sociaux, permet de découvrir la richesse des métiers techniques, d’identifier les établissements de formation et de trouver un emploi, un stage ou une alternance grâce à un job board.

Votre institution est affiliée à l’UFIMH et soutenue par le DEFI. Que vous apporte ce compagnonnage et quels sont vos projets ? 

Notre lien à l’UFIMH nous permet d’être au cœur de l’écosystème des Fédérations professionnelles de l’habillement, une filière innovante et engagée qui puise sa dynamique dans le collectif. Faire partie de cet écosystème nous donne une assise indéniable. Nous sommes réunis dans les mêmes locaux, ce qui permet un travail en synergie pour faire avancer les sujets. Par ailleurs, nous sommes entièrement financés par le DEFI depuis notre création. Notre maison est une structure d’intérêt général, et tous nos services sont gratuits, grâce à ce soutien.

Fort de nos résultats, nous sommes engagés dans une stratégie de visibilité accrue pour continuer à faire connaître nos services et poursuivre nos actions de promotion des fabricants français. Nous sommes très présents sur les salons et serons exposant au prochain Blossom Première Vision, qui accueille pour la première fois des façonniers français. Un nouveau rendez-vous pour promouvoir les savoir-faire, et valoriser une mode durable et désirable.

En savoir plus sur la Maison du savoir-Faire et de la Création : maisondusavoirfaire.com

Et sur la campagne Savoir pour Faire : savoirpourfaire.fr

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Lutte contre la mode ultra-express. Les fédérations européennes veulent porter les frais de gestion à 10 euros par colis.

Après leur première Rencontre de 2025, les fédérations européennes du textile et de l’habillement se sont à nouveau réunies -à l’initiative de l’UFIMH et de l’UIT et avec la collaboration d’Euratex- le 1er septembre dernier lors du salon Première Vision. L’objectif ? Poursuivre ensemble la lutte contre la déferlante de la mode ultra-express. Le point sur les principales propositions énoncées, qui visent toutes à préserver l’intégrité du marché européen. Pas d’actions ponctuelles mais bien une stratégie cohérente et pensée sur le temps long. En septembre 2025, 22 fédérations européennes du textile et de l’habillement représentant 17 pays se réunissaient lors du salon Première Vision, décidant de s’engager ensemble dans la lutte contre l’ultra fast-fashion. Les premiers objectifs fixés par cette coalition ? La suppression de l’exonération des droits de douane pour les envois de faible valeur (moins de 150 euros) et l’instauration d’un droit de douane temporaire de 3 euros par colis jusqu’en 2028, le temps de s’accorder sur un dispositif pérenne. Baptisé « Déclaration de Villepinte », cet engagement commun a incontestablement porté ses fruits. Le 1er juillet dernier, les ministres de l’économie de l’Union européenne réunis en conseil sont passés à l’attaque pour contrer l’arrivée massive en Europe de produits chinois à très bas prix, vendus principalement par les plateformes Shein et Temu, avec la suppression de cette exonération et la mise en place de la taxe forfaitaire. « Une immense victoire et une avancée majeure », soulignait alors Roland Lescure, le ministre de l’économie français depuis Bruxelles. Par ailleurs, cette avancée s’est doublée d’un autre succès avec, le 8 juillet dernier, le vote par le parlement français de la loi sur la mode ultra-express, portée par la députée Anne-Cécile Violland et la sénatrice Sylvie Valente-Le Hir. « Cette loi n’est ni contre la mode, ni contre le pouvoir d’achat, ni contre les consommateurs, précise Sylvie Valente Le-Hir. Elle vise les excès d’un modèle fondé sur la multiplication permanente des références, la faible durée d’usage des produits et des pratiques commerciales agressives. Elle agit sur trois leviers. Elle renforce l’information du consommateur sur les lieux de fabrication, et prévoit des messages encourageant sobriété, réemploi et réparation. Elle prévoit une pénalité selon le score environnemental des produits, jusqu’à 12 euros dès 2026, et 20 euros en 2030. Enfin, elle interdira, dès 2027, la publicité des produits et des marques relevant de la mode ultra-express. Une présentation très concrète, prolongée par une mise en perspective d’Anne-Cécile Violland. « Derrière cette régulation, c’est tout un modèle de société qui est questionné. Il ne s’agit pas de culpabiliser le consommateur mais de lui redonner le pouvoir de choisir de manière éclairée, et de s’orienter vers des pratiques durables ». Un second train de mesures élaboré par l’ensemble des fédérations. Forte de ces victoires, la coalition choisit donc d’aller plus loin, assure Pierre-François Le Louët, co-président de l’UFIMH. « Il y a un an, ici même, on nous disait que rien n’était possible. Les décisions prises le 1er juillet dernier montrent que l’Europe sait agir quand elle le décide. Mais si ces premiers dispositifs constituent un progrès réel, ils ne suffisent pas pour lutter contre le déferlement des produits venus d’Asie. C’est la raison pour laquelle les fédérations européennes ont décidé d’élaborer un second train de propositions ». Principale recommandation énoncée le 1er septembre dernier à Villepinte, porter à 10 euros le montant des frais de gestion par colis (le « Handling fee »), et ceci à l’échelle de l’Union, ce qui permettra de contribuer aux coûts réels générés par ces importations, explique Lionel Guérin, co-président de l’UFIMH. « Chaque colis qui entre dans l’Union génère un coût : contrôles douaniers, sécurité des produits, surveillance du marché… Aujourd’hui, ces frais sont paradoxalement supportés par le contribuable européen et les entreprises qui respectent les règles. Pour réparer cette injustice, nous proposons l’instauration d’une redevance européenne pour frais de gestion d’environ 10 euros par colis. Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’une juste évaluation des frais de ces contrôles imposés par ce modèle économique ». Un objectif clé, préserver l’intégrité du marché européen… Une proposition-clé, suivie d’un ensemble de mesures qui vise notamment à une meilleure application des règles déjà mises en place. Parmi elles, on notera la responsabilisation des plateformes qui facilitent l’importation de ces produits dans l’UE ; l’établissement des mêmes contraintes concernant les petits colis pour l’univers du B2B et du B2C afin d’éviter que les plateformes visées ne basculent vers des importations en gros pour échapper aux taxes.  Ou encore un allégement de la charge pesant sur les entreprises européennes qui respectent les règles, un point essentiel comme l’explique Mario Jorge Machado, président d’Euratex, la confédération européenne de l’habillement et du textile. « Notre industrie représente aujourd’hui 1,3 million d’emplois et 200 000 entreprises, en grande majorité des PME, qui appliquent des normes sociales et environnementales parmi les plus exigeantes au monde. Celles-ci ne peuvent rivaliser avec le flux de marchandises qui échappent à ces règles. Face à ce constat, nous demandons deux choses simples : que ces colis soient déclarés en douane avec la même précision que n’importe quelle autre marchandise, et que le coût des contrôles soit financé par ceux qui les rendent nécessaires ».  …Et rétablir tous les critères d’une concurrence loyale.  Cette déclaration commune des fédérations vise, plus globalement, à préserver l’intégrité du marché unique et construire les bases d’une véritable harmonisation européenne, explique Olivier Ducatillion, président de l’UIT, l’Union des Industries Textiles. « Un an après nos premiers engagements, nous avons observé des avancées concrètes, et il faut rappeler que la France a joué un rôle moteur dans ce dossier. Maintenant, il est essentiel de maintenir la pression. Il ne s’agit pas de restreindre le commerce légitime mais de protéger l’intégrité du marché unique en garantissant que les opérateurs de pays tiers soient soumis aux mêmes règles et aux mêmes exigences de conformité que les entreprises européennes. C’est aujourd’hui la seule façon de rétablir une concurrence loyale. Pour cela, nous devons plus que jamais agir ensemble -fédérations françaises et européennes- aux côtés de nos partenaires internationaux. Seuls, nous donnons l’alerte. Ensemble, nous pesons ». Une fois encore, ces actions ont été pensées en synergie pour l’établissement d’une solution durable à l’échelle européenne, combinant contrôles efficaces, responsabilité des plateformes importatrices et conditions d’une concurrence équitable pour l’industrie européenne. La feuille de route est claire ; l’ensemble des fédérations européennes entend désormais la défendre à Bruxelles, avec le même succès.

Grand entretien avec… Sylvie Pourrat, Directrice du salon Première Classe, directrice du développement du groupe WSN.

“ Notre salon entend jouer, plus que jamais, son rôle de précurseur” Nouvelle scénographie, création d’une boutique… Alors que Première Classe s’apprête à ouvrir ses portes du 2 au 5 octobre prochain dans les jardins des Tuileries, sa directrice nous dévoile les axes d’une stratégie qui fait de l’événement l’un des rendez-vous majeurs de l’univers des accessoires, de la mode et du lifestyle.  Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler l’histoire et la mission de Première Classe ? Né en 1989, ce salon a été le premier événement consacré aux designers d’accessoires de mode. Son objectif était alors de mettre en lumière des créateurs qui ne montaient pas sur les podiums, comme le font les marques de prêt à porter. Depuis son origine jusqu’à aujourd’hui, notre ambition est la même… Repérer et valoriser les nouveaux talents ; des signatures, des personnalités qui portent une expression artistique forte. Preuve de la pertinence de notre démarche, le salon est aujourd’hui LA plateforme de référence durant la fashion-week parisienne. Son offre n’est plus exclusivement dédiée aux accessoires, elle s’est adaptée aux mutations de l’époque avec une forte présence du prêt à porter, mais aussi de l’univers du lifestyle : design, beauté, art, food. Cette alliance entre prêt à porter et accessoires constitue l’une des forces de l’événement. Comment travaillez-vous à l’équilibre entre les deux univers ?  Vous avez raison de parler d’équilibre. Il s’agit avant tout de proposer une offre homogène et lisible pour nos acheteurs et visiteurs. La présence du prêt-à-porter permet de valoriser notre proposition d’accessoires en créant de véritables silhouettes qui valorisent l’artisanat et les savoir-faire, valeurs clés dans l’univers des accessoires. Par ailleurs, les parcours de visite constituent les éléments majeurs de nos réflexions. Le visiteur vient chercher l’inspiration sur notre salon : les plans, l’organisation de l’offre et les animations doivent guider et nourrir sa recherche. Cette année, le salon se déploiera au fil de deux immenses tentes dans le Jardin des Tuileries, pensées comme deux lieux de vie avec un mot d’ordre :  la convivialité. Plus concrètement, comment le salon est-il organisé ? Cette édition  marque une nouvelle étape dans notre développement. Nous avons confié à l’agence SUCH&SUCH la direction artistique de l’événement, leur demandant de poser leur regard sur la sélection, la façon de présenter les produits et la réalisation de la campagne de communication. Nous avons choisi cette agence pour le regard très sélectif qu’elle porte sur le produit et sa capacité à faire dialoguer différents univers, tout en conservant exigence et cohérence dans la scénographie. Pour appliquer au mieux ces best practices, nos équipes ont fait un vrai travail d’accompagnement auprès des marques invitées. Pour les aider à préparer leur présentation, elles ont proposé des guides lines allant d’une palette de couleurs pour leur scénographie à des conseils pour leurs affiches et logos. Par ailleurs, d’autres nouveautés signent cette édition…. En effet, je suis fière de vous annoncer la création de la boutique Première Classe aménagée dans le salon et ouverte au public avec un objectif précis, faire dialoguer les univers B&B et B&C. La curation a été menée par l’agence, associant des créateurs de Première Classe à des marques hors salon. Par ailleurs, les collaborations et les éditions limitées auront également leur premier événement dédié dans l’espace Tuileries, baptisé JILL.  Enfin, de nombreuses animations viendront enrichir notre propos et notre vision. Le showroom RunXAndam issu d’un partenariat entre l’ANDAM et le groupe WSN, des talks, des expositions et, bien sûr, la soirée Première Classe devenue un rendez-vous incontournable. Avec ces initiatives, le salon répond aux nouvelles tendances du marché et continue de jouer son rôle de précurseur. Ce type de projet s’impose d’ailleurs dans nos projections pour demain, avec la volonté de nous tourner, plus que jamais, vers l’innovation. Combien de visiteurs attendez-vous et combien de marques allez-vous exposer ? Cette édition présentera plus de 300 marques, réparties dans les deux tentes des Tuileries. L’Italie et le Japon sont les pays les plus représentés (hors France) et nous observons une forte présence des pays européens. Cette saison, l’Amérique latine renforce sa position, territoire qui mérite toute notre attention et que nous explorons. Côté visiteurs, nous bénéficierons comme chaque année, de l’audience de la Fashion Week, fidèle à notre salon. Nous comptons sur la venue de nos acheteurs réguliers, mais nous avons aussi élaboré un programme pour inviter de nouveaux acheteurs internationaux à découvrir le salon. Nos équipes effectuent un travail de recherche permanent pour capter les nouveaux acteurs du marché et nous espérons que la Boutique participera à attirer une communauté mode et influence. Il est encore tôt pour donner des chiffres précis en termes de fréquentation, mais la tendance est au niveau de celle des années précédentes. Première Classe se distingue par sa façon de valoriser la jeune création. Pouvez-vous nous rappeler vos liens avec les festivals et prix qui soutiennent les demains de la mode ? Nous avons établi des partenariats de longue date avec l’ANDAM, le Festival d'Hyères, les prix de la ville de Paris. Le groupe WSN (auquel appartient le salon) est mécène de tous ces événements prestigieux qui ont un point commun,  l’identification et la promotion de la  nouvelle scène. Valoriser cette jeune création fait partie de la mission du salon, tout comme l’accompagnement des designers dans la naissance de leur propre label. Ces mécénats illustrent la force de notre engagement. WSN est partenaire de l’UFIMH. Qu’apporte ce compagnonnage ? Les bénéfices sont réciproques. Cette saison et grâce au soutien de l’UFIMH et du DEFI, nous recevons, par exemple, une délégation d’acheteurs internationaux sur le salon, qui bénéficieront d’un programme personnalisé de sensibilisation au marché français, avec notamment des rencontres avec les marques françaises. En effet, nous considérons que nos salons sont parties prenantes du système de la mode française et travailler en collaboration avec les institutions qui représentent cet univers fait partie de notre mission. Nos événements sont des plateformes pour elles. Nous leur donnons la parole, nous construisons avec elles des partenariats et nous effectuons les remontées terrain des tendances dont nous sommes les premiers témoins. Nous sommes en effet aux avant-postes pour établir un baromètre fiable du marché. Ce type d’échanges constitue un vrai bénéfice pour la filière toute entière. Pour visiter Première Classe : https://wsn-events.com/visiter-premiere-classe  

3 questions à… Olivia Chammas, Déléguée générale de IFM Alumni, l’association des Diplômés de l’Institut Français de la Mode.

« Les rencontres de Faverolles, une opportunité unique d’échanger sur les grands enjeux du secteur » Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 40 ans, l’association des anciens de l’IFM multiplie les projets pour valoriser ses diplômés tout au long de leur carrière. Chaque année, elle leur donne aussi rendez-vous dans le domaine des Oseraies à Faverolles pour confronter expériences et points de vue sur l’avenir de la mode. En avant-première, le point sur la prochaine édition, le 12 septembre 2026.  1/ Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre association ? IFM Alumni a été créée dès 1987 pour accueillir la toute première promotion de l'Institut Français de la Mode. Elle se fixe pour mission de réunir les anciens de l’IFM en articulant ses actions autour de trois axes principaux : accompagner les diplômés dans le développement de leur carrière en mettant en place un solide réseau d’entraide ; valoriser leur réussite et contribuer au rayonnement de l'Institut. Depuis notre fusion avec l’Ecole de la Chambre syndicale en 2019, l’association compte environ 6500 membres. Ce chiffre en témoigne, IFM Alumni fédère ainsi les grands acteurs de la mode en France, et illustre la diversité des métiers du secteur. L'école a été créée par Pierre Bergé avec l’ambition de former des profils business et management pour accompagner les créateurs mais elle a, très vite, développé des programmes de création, doublés aujourd’hui de cursus autour des savoir-faire. Cette richesse est l'une des grandes spécificités de l'IFM, et donc de l’association. Le tout avec une forte dimension internationale, puisque l’école accueille des étudiants venus du monde entier. 2/ Les rencontres de Faverolles, organisées chaque année depuis 1987, constituent l’un des grands rendez-vous de l’association. Quelle est leur mission ? L’événement a été initié dès la création de l’école par Sylvie Grumbach, fondatrice de l’agence de presse iconique Deuxième Bureau et son frère Didier Grumbach, grande personnalité de la mode. Président de la Fédération de la Haute Couture, cofondateur d’Yves Saint Laurent Rive Gauche et à la tête de maisons de couture comme Mugler, il est l’un des membres fondateurs de l'IFM. Tous les deux ont proposé, en 1987, une première rencontre festive et informelle dans la propriété de Faverolles. Ce déjeuner sur l’herbe est devenu en 2024 un rendez-vous plus sérieux et  incontournable, l’occasion de se nourrir et d'échanger sur les problématiques du secteur mais aussi d’imaginer ensemble de nouvelles pistes. Depuis la fusion de l’événement avec le Forum de la Mode en 2025, ces rencontres ont encore enrichi leur programme avec un mix de talks, de conférences et de temps d’échanges plus informels, le tout rassemblant environ 450 personnes ; le format idéal pour réunir les acteurs-clés du secteur tout en préservant l’esprit convivial qui préside depuis toujours à l’événement. 3/ Cette édition semble déjà particulièrement riche. Pouvez-vous nous en dévoiler déjà les axes-forts ? Plusieurs tables rondes permettront d’aborder les thèmes les plus concernants du moment. Le dialogue créateur & CEO au sein des maisons de luxe avec le créateur américain Mike Amiri (AMIRI) et Pascal Morand, président de la FHCM ; les nouvelles frontières du luxe avec Anthony Drouot (Directeur accessoires Lemaire) et Nicolas Rohr (co-fondateur Faguo) ou encore l’alliance France-Italie et plus largement le rôle clé de l’Europe face aux nouveaux équilibres géopolitiques de l’industrie mode et luxe, avec Luca Sburlati (Pattern Group), Carlo Capasa (Camera Nazionale della Moda Italiana), Tristan de Witte (Président, Réseau Excellence Entreprises du Patrimoine Vivant), et Pierre-François Le Louet (Co-Président UFIMH). Le tout sera entrecoupé de performances (dont un spectacle mode & danse), d’un déjeuner convivial et des prises de parole de Pierre-François Le Louet, Vice-président de l’IFM Alumni et co-président de l’UFIMH, de Catherine Jacquet, présidente de IFM Alumni et CEO, d’Isabel Marant ou encore de Sylvie Ebel, DG adjointe de l’IFM. Cette édition 2026 est soutenue par le Ministère de La Culture et le DEFI. Informations sur les Rencontres de Faverolles 2026 et inscriptions : https://www.ifm-alumni.fr/fr/event/rencontres-de-faverolles-forum-de-la-mode/2026/09/12/623      

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