Développement à l’international… 5 bonnes raisons de se tourner vers l’Italie.
Une même culture de mode, une proximité précieuse en termes de transport et des conditions d’implantation qui permettent de réduire les risques… L’Italie reste l’un des marchés les plus porteurs pour les marques de mode française. Le point sur les atouts spécifiques du pays et les étapes essentielles pour y construire son développement avec Anne-Laure Druguet, directrice internationale de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin.
1/ C’est le marché de la communauté européenne le plus dynamique, et le plus proche.
On ne le sait pas assez, mais l’Italie est historiquement le premier client de la France dans le secteur de la mode, en tête d’un top 5 qui place ensuite l’Allemagne, l’Espagne, la Chine et les Etats-Unis. Au dernier semestre 2025, la France a exporté pour 6,6 milliards d’euros d’habillement, dont 3,6 milliards à destination de l’Union Européenne. Dans ce contexte de repli des marchés, le pays représente donc l’une des zones les moins impactées. « De plus, l’Italie reste pour la France « le marché d’à côté ». Cette proximité géographique se révèle très précieuse en termes de facilité et de coût de transport, par rapport aux marchés du grand export. Il faut toutefois rester vigileants sur les modalités de paiement rappelle Anne-Laure Druguet..
2/ Les Italiens aiment la mode… et la mode française.
Nos amis transalpins ont un vrai goût pour le vêtement et une solide culture de mode. La preuve avec la consommation moyenne consacrée à l’habillement en Italie, évaluée à 710 euros par an alors que le chiffre moyen en Europe est de 490 euros**. La tendance, néanmoins baissière, tient à un effet de conjoncture global (difficultés de pouvoir d’achat, contexte géopolitique international qui freine la consommation) mais également à des causes plus structurelles…. La volonté de consommer moins mais mieux et un fort intérêt pour la mode « seconde main » qui séduit désormais 25% des consommateurs locaux. Face à cette situation, nos marques de mode bénéficient néanmoins d’un atout majeur, comme l’assure Anne-Laure Druguet. « La mode française reste très reconnue et appréciée des Italiens. Nous partageons un goût pour le style et l’excellence des savoir-faire qui signent la création française autant qu’italienne. Nos maisons implantées sur place capitalisent, aujourd’hui comme hier, sur cette image forte », précise Anne-Laure Druguet.
3/ La diffusion fait la part belle au wholesale, permettant aux jeunes marques de s’implanter par étapes.
L’Italie est aujourd’hui le premier pays d’Europe en termes de magasins multimarques, ce qui induit une structure particulière de la filière avec un nombre important d’acheteurs, de showrooms et de représentants locaux B2B. Ce contexte constitue une réelle opportunité, notamment pour les jeunes maisons qui ont ainsi la possibilité de penser une implantation par étape, avec des investissements mesurés. « Elles peuvent d’abord entrer en contact avec des représentants qui les aideront à sélectionner quelques multimarques pour une première collaboration. Elles ont alors l’opportunité de tester le potentiel de leur production, de constater la convergence de leur marque avec les désirs des consommateurs avant, éventuellement, d’aller plus loin, assure Anne-Laure Druguet ».
Lorsque les premiers résultats sont encourageants, les marques peuvent accroître leur présence via un réseau élargi de boutiques, participer aux salons locaux (Pitti Uomo pour l’homme et White Milano pour l’univers féminin) afin de construire réseau et visibilité. Dans le même temps, elles ont aussi la possibilité d’ouvrir l’e-commerce à l’Italie pour tester plus précisément le potentiel de leurs produits, et observer le comportement des consommateurs. « Ce mode d’entrée dans le marché permet de développer un chiffre d’affaire en Italie et acquérir une certaine maturité, avant d’envisager les investissements importants qu’exigent l’ouverture d’une boutique » confirme Anne-Laure Druguet.
4/ Les italiens restent sensibles à l’univers d’une marque, qu’ils aiment retrouver dans une boutique.
Si le wholesale constitue une stratégie d’exportation en soi, de nombreuses marques en font une étape avant une implantation pérenne. « L’ouverture d’une boutique est toujours bénéfique à une marque, confirme Anne-Laure Druguet. Elle permet de montrer l’ensemble d’une collection et de proposer un esprit. Cette dimension est importante dans un pays comme l’Italie, très attachée à l’identité d’une marque. Son univers et son incarnation constituent une réassurance, l’appartenance à une communauté de style, et souvent de statut social ». L’inauguration d’une boutique est aussi la clé d’une accélération en termes de notoriété avec des événements dans le lieu, des collaborations avec des artistes et des influenceurs locaux. Autant d’initiatives qui participent à renforcer l’adhésion à l’identité de la marque.
5/ La filière propose un accompagnement précieux pour favoriser les exportations vers l’Italie.
Membres de l’UFIMH, la Fédération du Prêt à Porter, pour la mode féminine, et Promas pour l’univers masculin, avec le soutien du DEFI, proposent un dispositif d’aide à l’implantation en Italie, pour les entreprises répondant aux critères établis par les fédérations et le Défi. Cet accompagnement concerne notamment la participation aux salons Pitti Uomo et White Milano et la mise en place de partenariats avec des showrooms locaux. La Fédération du Prêt à Porter a ainsi accompagné une trentaine de marques françaises en 2025, tout en proposant des webinaires autour des conditions de l’export en Italie et des rencontres avec des directeurs de showrooms, notamment dans le cadre de l’événement Welcome On board, en novembre 2025.
* Données de l’ISTAT.
*chiffres Union Européenne
*IFM – Douanes