Comment Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët veulent fédérer le secteur de l’habillement autour de l’Ufimh.

11 décembre 2025

En janvier dernier, Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët devenaient co-présidents de l’Union française des industries de la mode et d’habillement, prenant le relais du mandat de trois ans de Sylvie Chailloux. Les deux dirigeants, figures reconnues du secteur, qui connaissent parfaitement les rouages des organisations patronales, annonçaient alors un « projet refondateur » et une évolution des structures de décision du secteur. L’Ufimh réunit au niveau national la Fédération française des industries du vêtement masculin et la Fédération française du prêt-à[1]porter féminin, auxquelles s’ajoutent la Fédération des industries diverses de l’habillement, le Groupement de la fabrication française (GFF) et de nombreux syndicats régionaux. L’ambition affichée est de fédérer les énergies de ces différents acteurs. Alors que le secteur de l’habillement et de la mode est confronté à une intense transformation et à des difficultés structurelles, FashionNetwork.com a fait le point avec le binôme sur cette nouvelle approche, sur les projets portés par l’organisation et sur leur philosophie.

FashionNetwork.com : En janvier dernier, vous avez été élus co-présidents de l’Ufimh. Pourquoi cette organisation en binôme ?

Lionel Guérin : C’était important car nous sommes tout d’abord complémentaires. Ensuite car cela peut faciliter une logique de rapprochement dans laquelle nous sommes engagés. Et enfin, parce que le secteur est confronté à de nombreux sujets auxquels nous devons apporter des réponses.

FNW : En quoi êtes-vous complémentaires ?

Pierre-François Le Louët : Nous possédons des compétences et des histoires un peu différentes. Lionel est un très grand professionnel de l’univers du social, de la formation. Pour l’Ufimh c’est absolument essentiel car notre fonction implique de négocier les conventions collectives. Pour ma part, j’ai une expertise de l’innovation et des marques alors que Lionel maîtrise l’univers du vêtement d’image et de fonction, qui est une autre composante importante de notre union.

FNW : Lorsque votre mandat a été annoncé, vous avez glissé dans votre lettre d’intention vouloir une évolution des structures de décision et un rapprochement des équipes des différentes structures. Qu’est-ce que cela signifie ?

PFLL : Cela veut dire que nous avons mis en place une nouvelle gouvernance. Et nous annonçons aujourd’hui le déménagement de la fédération du prêt-à-porter féminin au 8 rue Montesquieu, à Paris, qui rassemblera donc l’ensemble des fédérations professionnelles composant l’Ufimh. La fédération des industries du vêtement masculin est déjà là, la maison du savoir-faire et de la création est déjà là. La FFPAPF nous rejoindra en octobre.

FNW : Qu’est-ce que cela doit apporter ?

LG : Cela va permettre que les équipes puissent travailler beaucoup plus ensemble et mener à bien des projets. Mais nous avons surtout la mise en place de la nouvelle gouvernance avec huit vice-présidents statutaires qui ont été chacun choisis pour leurs compétences sur l’un des huit sujets stratégiques que nous avons identifiés en conseil d’administration. Nous avons aussi défini des référents opérationnels membres des équipes des fédérations pour pouvoir soutenir chaque vice-président.

FNW : Quel est l’objectif de cette mise en place et qui sont les vice-présidents ?

PFLL : Il y a un souci d’efficience. Notre objectif est d’avoir des prises de positions extrêmement claires de l’Ufimh sur tous les sujets qui la concernent et d’être présent dans toutes les négociations ou discussions. Notre rôle est de représenter notre profession sur tous les sujets régaliens liés aux discussions avec les assemblées, avec le gouvernement et les différents ministres. Nous savons qu’il y a de très fortes ambitions pour notre secteur. Donc il faut chez nous des interlocuteurs qui sachent exactement de quoi ils parlent. Chacun a mis en place ses notes de contexte et des visions d’avenir.

LG : Les vice-présidents ont été élus ce 20 mars en assemblée générale. Claire Besançon, qui avait déjà en charge ce sujet précédemment, coordonne la thématique de la transformation RSE, Sylvie Chailloux est vice-présidente en charge de la relocalisation et de la réindustrialisation, Hervé Coulombel supervise les sujets sur l’innovation, Jacques Martin-Lalande prend en main le social et la formation alors que Pierre-Jacques Brivet se charge de la formation initiale, Laurent Marck dirige la plateforme des savoir-faire, Yann Rivoallan est vice-président de la transformation digitale et Hervé Huchet du développement international. Enfin, Dominique Jacomet est notre référent sur les questions européennes.

FNW : Étiez-vous confrontés à un manque de visibilité des enjeux du secteur du fait des nombreuses fédérations ?

PFLL : En réalité il y a beaucoup trop de fédérations professionnelles et d’interlocuteurs potentiels. C’est le sens de la mise en place d’une gouvernance unifiée et du rassemblement des fédérations dans un même lieu, mais Lionel Guérin et Pierre-François Le Loüet – Ufimh aussi du rapprochement des structures en régions.

FNW : Mais chacune des entités a un président et des équipes, comment allez-vous fonctionner ?

PFL : Les choses vont évoluer dans le sens du rapprochement des organisations. C’est ce qui a été voté à l’unanimité par notre conseil d’administration. C’est important pour pouvoir aller dans le même sens. Concrètement les présidents de fédérations sont élus et sont vice-présidents de l’Ufimh. Nous ne nous marchons pas sur les pieds, au contraire. Nous prenons le meilleur de chacun d’entre nous pour avancer et pouvoir apporter des réponses au gouvernement.

LG : Par exemple, je reste président de la fédération des industries du vêtement masculin, qui m’a élu en février suite au décès de Claude Tétard, donc je reste président de cette fédération et vice-président de Promas, qui se charge de promotion internationale des marques du masculin.

FNW : Vous évoquez une évolution de l’organisation. Qu’est-ce qui a changé ?

LG : Nous avons mis le focus sur les axes stratégiques. Récemment il n’y avait qu’une commission dédiée à l’innovation et à la RSE. Nous l’avons scindée car les questions de la transformation technologique et de la transition écologique nécessitent des actions dédiées. Par ailleurs chaque vice-président s’appuiera sur une équipe au sein de l’Ufimh avec l’idée d’ouverture à d’autres experts et des start-ups extérieurs à nos fédérations. En effet, les chefs d’entreprises ont parfois tendance à avoir le nez dans le guidon. Nous voulons avoir cette ouverture pour avoir un regard prospectif.

FNW: Vous débutez votre mandat de trois ans. Quels sont les sujets clés ou défis auxquels vous allez être confrontés ?

PFL : Il y en a quatre. Il y a tout ce qui a trait à la réindustrialisation et la souveraineté industrielle. Le second concerne le développement durable car au niveau européen il y a 13 textes qui vont impacter la mode dans les années qui viennent dont neuf sur le développement durable. Le troisième sujet c’est l’humain. Et en particulier l’adéquation entre l’offre et la demande de formation. Enfin, il y a l’innovation technologique. Si nous voulons la réindustrialisation et la transformation RSE, il faut que les entreprises soient accompagnées par de nouvelles solutions qui leur permettent d’embrasser ces nouvelles contraintes sans trop de difficultés.

« La transition durable n’est plus une question, c’est une nécessité »

FNW : Vous évoquez les textes européens. Mais au niveau français, la future loi portée par la députée Anne-Cécile Violland, présentée comme « contre l’ultra fast-fashion », ou le prochain dispositif d’affichage environnemental, vont apporter des changements au niveau français. Il semble que le gouvernement a prêté l’oreille à des organisations comme En mode Climat ou la Fédération de la mode circulaire. La nouvelle structure de l’Ufimh est-elle aussi une réaction au poids de ces acteurs ?

PFL : Non, il n’y a pas de réaction. D’ailleurs, nous avons de bonnes relations avec la fédération de la mode circulaire comme avec beaucoup d’autres acteurs de notre écosystème, comme l’Alliance du commerce et la Fédération de la maille. Qu’il y ait des activistes qui soient écoutés par le gouvernement c’est absolument normal. Si nous voulons être efficaces nous avons besoin que les entreprises s’approprient les réformes et notre mission est de les représenter. Avec le ministère de la Transition écologique nous avons participé aux différents travaux et aux différentes auditions qui ont mené à cette loi anti-fast-Fashion que nous soutenons. Il faut reconnaître le poids considérable de Yann Rivoallan, le président de la fédération du prêt-à-porter féminin, dans ce combat dans lequel il a eu un rôle crucial, autant voire plus, que beaucoup d’activistes.

Donc les fédérations professionnelles ont été à l’avant-garde de ce mouvement contre l’ultra-fast-fashion et nous sommes très heureux du vote à l’unanimité de cette loi à l’Assemblée nationale. Mais notre rôle ne se limite pas là. Nous serons aussi très attentifs à la bonne application de cette loi car cela dépendra d’un certain nombre de décrets sur les seuils, la question des modalités d’affichage environnemental ou de la définition d’une référence. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour que cette loi ne rate pas sa cible. Nous sommes alignés avec l’Alliance du commerce et la Fédération de la maille pour, le diable étant dans les détails, pour vraiment être sûr que cette loi vise l’ultra fast fashion qui a tellement déstabilisé notre écosystème.

FNW : Avec cette période d’inflation, les entreprises du secteur voient leurs marges attaquées. Comment envisagez-vous qu’elles investissent dans la RSE et l’innovation alors que leur priorité est plutôt, comme le disait Lionel Guérin, d’avoir la tête dans le guidon et de continuer à avancer ?

PFLL : Je comprends parfaitement les difficultés des entreprises, je suis chef d’entreprise moi-même et confronté à la transformation radicale des industries de la mode. Mais en fait ça n’est plus une question c’est une nécessité car c’est une obligation légale. Les lois qui sont votées ou les neuf textes en cours de discussion au niveau européen font que de toutes les façons nous n’avons pas le choix. L’Ufimh a mis en place avec le soutien du Défi des subventions avec un accompagnement financier des entreprises pour pouvoir les aider à embrasser cette transformation. Nous avons créé des outils, avec des guides donnant la direction concrète. Les fédérations peuvent aider à définir une stratégie.

LG : Nous sommes passés d’une logique d’acculturation, qui permettait de faire comprendre les enjeux et d’éviter d’avoir des entreprises qui mettent ces sujets au fond d’un tiroir, à une logique d’action. Tout le monde doit avoir compris, et notre job est maintenant de pouvoir leur fournir un système clé en main car toutes les entreprises n’ont pas la puissance de feu des grands groupes pour développer des réponses en interne. Pour les petits, on ne fait plus de l’information, on va leur proposer un guide de mise en place.

PFL : Car aujourd’hui si on est une marque et que l’on n’a pas commencé à s’intéresser à ces sujets, je confirme qu’on est très mal parti !

FNW : Pourtant, dans d’autres secteurs une musique se fait entendre de la part de représentants d’entreprises quant au coût trop élevé de la transition. Qu’il faudrait alléger les cadres voire repousser les échéances. Est-ce l’approche de l’Ufimh ?

PFL : Que ce soit bien clair, nous avons été la première organisation professionnelle il y a huit ans à financer une étude sur le développement durable et la mode. Cela fait fait huit ans que nous alertons les entreprises et que nous comptons parmi nos membres les entreprises les plus engagées de France sur ce sujet-là. Si l’idée est décalée d’un an ou deux, en fait ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est que toutes les sociétés aujourd’hui doivent avoir une stratégie RSE, avec un plan d’actions. Encore une fois, nous n’avons pas le choix ! La question n’est pas de décaler de 12 ou 18 mois quand on parle de la vie d’entreprises qui s’étend sur plusieurs dizaines d’années. Le sujet c’est d’avancer !

FNW : Mais, vous l’avez dit, les sociétés peuvent difficilement répondre seules à ces défis. Les dirigeants sont-ils prêts à travailler collectivement ?

PFL : Je pense qu’il y a déjà un joli travail collectif. Nous testons plein de choses avec nos organisations professionnelles. Effectivement, il faut encourager les entreprises qui se sentent un peu perdues à se rapprocher de nos organisations pour qu’on puisse les embarquer et, comme le disait Lionel, avoir de l’impact. Mais collectivement il y a un autre sujet sur lequel nous sommes extrêmement attentif, c’est la question de la relocalisation, de la souveraineté qui est liée aux questions de durabilité. Nous lançons un appel à toutes les marques de mode premium pour qu’elles puissent relocaliser une partie de leur production en France.

FNW : C’est-à-dire ?

PFL : C’est-à-dire qu’on ne parle pas de mettre en place une capsule alibi, mais de mettre en place des partenariats avec des fabricants français qui sont à l’écoute, capables de fabriquer pour le moyen de gamme. Nous devons nous assurer de ne pas être dépendants exclusivement des importations très lointaines.

FNW : Sur ce sujet, le salon Première Vision Made in France se tient actuellement. Quel état des lieux faites-vous de la situation du secteur. N’y a-t-il pas une défense de l’existant à mener ?

PFL : Oui toujours. Aujourd’hui, il y a les fabricants français qui font du haut de gamme et sont portés par le luxe. Et ceux qui font du moyen de gamme et qui sont portés par des marques souvent de petite taille, souvent très engagées sur la question du Made in France et qui ont bénéficié d’un vent porteur en sortie de Covid. Cette engagées sur la question du Made in France et qui ont bénéficié d’un vent porteur en sortie de Covid. Cette deuxième population souffre de l’inflation et de la désorganisation des approvisionnements de matières. Il faut la soutenir maintenant car sinon elle ne sera plus là quand il y aura des obligations légales pour les marques de réaliser de la production en France. Et à ce moment-là nous n’aurons pas de solution et les marques vont se retrouver extrêmement démunies. Il faut absolument que du côté des marques premium, nous arrivions à reconstruire une culture industrielle pour créer ces ponts avec les fabricants français. Nous pouvons déjà nous appuyer sur la Maison du savoir-faire et de la création dont la nouvelle plateforme a mis en lien l’an dernier 400 sociétés.

FNW : Parmi vos axes, il y a un sujet qui est un axe complexe depuis plusieurs années pour les entreprises, c’est le recrutement et la transmission des savoir-faire. Quelles actions voulez-vous mener ?

LG : Nous travaillons très bien avec l’Opco de référence. La difficulté est liée à l’accompagnement des entreprises de plus de 50 salariés qui n’ont plus accès à des fonds mutualisés. Nous réfléchissons à créer un fonds mutualisé professionnel pour accompagner toutes les entreprises. Nous visons à que ce dispositif soit opérationnel en 2025. Et puis il y a une image du secteur qu’il faut enjoliver. Il faut réussir à attirer les jeunes et pouvoir présenter des politiques sociales motivantes. Par exemple l’an passé nous avons signé un accord type d’intéressement[1]participation. Nous faisons face à une concurrence pour attirer les profils, notamment par la maroquinerie. La force du secteur est que le travail peut être intéressant. L’aspect formation initiale a été confié à Pierre-Jacques Brivet, avec un travail sur les référentiels de formation d’un BTS, d’un CAP mais aussi d’une dizaine de certificats de qualification professionnelle et des titres du ministère du Travail. Nous souhaitons remettre en adéquation les cursus d’éducation et la réalité des métiers.

FNW : L’actualité du secteur en France est assez morose. Vous débutez votre mandat commun. Quels sont les aspects positifs et motivants dans la période actuelle ?

PFL : Ce qui nous motive, c’est l’incroyable transformation de notre industrie. C’est ce qui est palpitant. Sur les aspects de développement technologique, de développement durable, de relocalisation, de développement international… tout change ! Le cadre législatif change les les aspirations des consommateurs changent, les modèles de distribution changent. Ce qui nous motive c’est d’éclairer les entreprises sur ces transformations pour qu’elles soient le mieux à même de prendre les bonnes décisions.

LG : La transformation est en partie contrainte et il est vrai qu’en tant que présidents de fédération, nous aurions préféré avoir un marché où les entreprises étaient en expansion, cela rend les choses plus faciles et donne un état d’esprit positif. Mais justement nous voulons arriver à être utiles à un secteur dans lequel nous naviguons depuis longtemps qui nous intéresse et nous plaît.

PFL : La chance que nous avons dans cette transformation, c’est que nous comptons sur des ministres qui s’intéressent à nous. Tant du côté de la transformation écologique que de Bercy, nous sommes reçus et écoutés, avec un grand nombre de chefs d’entreprises auditionnés. Ils sont extrêmement attentifs à notre secteur.

Par Olivier Guyot  – Fashionnetwork – 28 mars 2024

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Bilan de l’UFIMH 2025.

Mode ultra éphémère, développement international… Des actions très concrètes pour défendre le secteur, et assurer sa croissance.  A lheure où la mode française fait face à des défis inédits, lUFIMH a engagé en 2025 une série dactions très ambitieuses pour soutenir la filière et penser demain, le tout avec une conviction ; le collectif est plus important que jamais. Le point sur les axes forts de cette politique avec les co-présidents de lUnion, Pierre-François Le Louët et Lionel Guérin.  Ensemble, on est plus forts. C’est avec cette certitude que l’UFIMH s’est engagée tout au long de l’année, notamment dans la lutte contre la mode ultra éphémère et les volontés d'hégémonie chinoise, alors que les difficultés de pouvoir d'achat réorientent la consommation vers plus de services et moins de biens. Dans ce contexte, l’UFIMH a travaillé à bâtir un projet collectif pour se défendre contre ces agressions mais pas seulement. Ce projet -solide, français et européen- est également orienté vers le développement durable, la conquête de nouveaux marchés et la désirabilité des marques en mettant en lumière créativité et savoir-faire. Pour cela, l’UFIMH a renforcé son influence, son pouvoir d’action, et concentré ses efforts autour de trois axes forts 1/ La fast fashion, un combat crucial pour lavenir de la filière.  Sur le plan national, l’UFIMH a œuvré auprès des parlementaires, de l'Assemblée nationale et du Sénat pour l’élaboration d’une loi en faveur de la réduction de l'impact environnemental, visant directement les plateformes d’e-commerce de mode ultra-express. Cette loi, votée à l’unanimité à l'Assemblée nationale en 2024, l’a été également au Sénat au mois de juin dernier. Parallèlement à cet engagement, l’UFIMH a soutenu l’instauration d'une taxe sur les petits colis, qui sera discutée dans le projet de loi de finances 2026, à l'initiative du gouvernement. « Nous avons, plus globalement, cherché à mobiliser les pouvoirs publics sur les multiples effets délétères de ces plateformes, ajoute Pierre-François Le Louët. Le secteur a été entendu puisque le ministre du commerce, Serge Papin, a exigé la suspension de Shein pendant quelques jours, en lançant une action judiciaire et en incitant la Commission européenne à accélérer les travaux sur le sujet”.  Des actions largement déployées à l’échelle européenne. L’UFIMH a également mené plusieurs initiatives d’envergure sur le plan européen, rassemblant notamment 24 fédérations européennes de la mode autour d'un texte condamnant l‘ultra-fast fashion et appelant la Commission à agir, ceci en collaboration avec l’association européenne Euratex, partenaire privilégiée de l’Union. Alors que le dialogue est désormais engagé avec les représentants de la Commission européenne, l’objectif s’articule autour de plusieurs axes.  Il s’agit tout d’abord de faire aboutir les enquêtes menées contre ces plateformes avec, à la clé, le paiement d’amendes extrêmement importantes. Rappelons qu’à la suite des actions menées par l’UFIMH en France, la Chine a été condamnée à 190 millions d'euros d'amende, uniquement pour notre pays. « Dautres actions sont également en cours, notamment la réforme du code des douanes européen afin que les petits colis (moins de 150 ,) puissent être taxés de droits de douane, ce qui permettrait également à ces services de contrôler les envois, précise Pierre-François Le Louet. En France, 200 000 colis ont déjà été contrôlés, révélant quune grande majorité comportait des anomalies : produits dangereux, factures manquantes. Tout cela participe à lutter contre la concurrence totalement déloyale menée par ces plateformes. » Un volet médiatique pour sensibiliser le public à cette cause commune. Troisième axe d’engagement, l’action médiatique avec plusieurs dizaines d'interventions en 2025 dans la presse, à la télévision, à la radio, pour sensibiliser le grand public à ces sujets. « Ces victoires donnent beaucoup d’énergie pour la suite, notamment avec la perspective dune action portée par une centaine de marques qui vise à dénoncer les agissements frauduleux de Shein et leur impact sur les entreprises de mode, poursuit Pierre-François Le Louët. Laffaire sera plaidée en janvier 2026 au tribunal d'Aix en Provence et lUFIMH est associée à cette action, tout comme les membres de la fédération. Dans ce même esprit collectif, les liens seront renforcés avec d'autres pays européens - Italie, Portugal… où des initiatives locales similaires sont en train d'émerger contre la mode ultra-express ». 2/ Un accompagnement au développement international et à la transition écologique.   En 2025, plus de 250 entreprises ont été soutenues par l’UFIMH dans leur développement international via une démarche sur mesure, selon les besoins et le degré de maturité de chaque marque. « Certaines ont participé à des salons professionnels à l’étranger, dautres ont découvert de nouveaux marchés grâce à des séjours dimmersion permettant de rencontrer les principaux acteurs locaux, précise Lionel Guérin. Une politique de développement à l'export dautant plus stratégique quelle intervient à un moment où le marché intérieur est compliqué. » Par ailleurs, un plan d'action digital a été mis en place pour permettre à plus de 200 entreprises de participer à un programme d'aide à la transformation numérique - développement de plateformes de vente en ligne, renforcement du potentiel de leur e-shop. En 2025, quarante entreprises ont aussi bénéficié de l’expertise de consultants RSE pour accélérer leur politique de transformation en termes de développement durable ; le tout avec le soutien du Défi. 3/ Des programmes pour repenser et vitaliser les formations.  Le sujet est notamment emmené par l’IFM, école d’excellence de la mode française et par l’AICP qui développe un partenariat avec l’Ecole Supérieure des Industries du Vêtement permettant aux deux organismes à prendre chacun en charge les formations qu'il maîtrise le mieux. Elle a également soutenu la campagne de valorisation des métiers techniques du secteur, portée depuis 2019 par le Comité Stratégique de Filière Mode & Luxe. Par ailleurs, l’Ufimh a mené des actions de sensibilisation à la richesse de la filière dans les écoles et les lycées avec des visites d'entreprises et des stages école-industrie. L’objectif est bien sûr de susciter des vocations en accélérant le maillage entreprises et établissements scolaires, notamment dans les territoires afin de répondre aux difficultés de recrutement de professionnels qualifiés. Reste maintenant à agir pour que ces actions soient prolongées en 2026, dans une période de restriction budgétaire. « Cest une affaire de cohérence des politiques publiques, assure Pierre-François Le Louët. On ne peut, d'un côté, affirmer que le secteur est une priorité du gouvernement et, de l'autre, affaiblir les moyens collectifs de ces entreprises. Dans ce contexte, lUFIMH reste extrêmement mobilisée pour que les ressources du Défi soient préservées, condition-clé pour prolonger cette politique de soutien aux entreprises ».

En Mode Durable : une nouvelle plateforme pour faciliter la démarche responsable des entreprises…

L’Union Française des Industries Mode et Habillement, Promincor – Lingerie Française et la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire se sont réunies pour imaginer un portail offrant à toutes les entreprises de la filière, des contenus concrets et des outils pratiques pour accélérer leur politique en termes de développement durable. Le tout avec le soutien précieux du Défi…. Selon le rapport Quantis paru en 2018, “la mode représenterait près de 8% des émissions mondiales de CO2, sans compter les enjeux liés aux conditions de travail dans la chaîne d'approvisionnement et à la surconsommation encouragée par la fast fashion” rappelle la plateforme En Mode Durable sur son site enmodedurable.fr. Face à ces défis écologiques, ce ne sont certes pas les initiatives et sources (labels, associations, structures publiques ou privées…) qui manquent. Mais les acteurs de la Mode française peinent souvent, surtout les petites et moyennes structures, à se retrouver dans un tel maquis, pour accéder aux bonnes informations et à prioriser leurs actions. Un portail pour faciliter laccès à linformation C’est le constat qu’ont justement réalisé les trois organisations professionnelles de l’Habillement que sont l’Union Française des Industries Mode et Habillement (Ufimh), Promincor – Lingerie Française et la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire. Cela les a incitées à imaginer un autre dispositif d’accès et d’utilisation de l’information de la Mode Durable, à savoir le portail enmodedurable.fr, lancé en avril dernier. Financé par le Défi, le Comité de Développement et de Promotion de l'Habillement, celui-ci est libre d’accès pour toutes les entreprises du secteur. “Il semble exister beaucoup d’informations que nous pouvons trouver sur divers canaux. Mais celle-ci n’est pas toujours juste, souvent très partielle et pas toujours très claire et compréhensible. Nous avons donc voulu créer quelque chose de structuré, pédagogique, interactif et le plus complet sur les thématiques abordées, afin que les entreprises puissent mieux comprendre ces sujets, les prioriser et les anticiper, voire élaborer une feuille de route RSE en fonction de leur stratégie globale", explique Karine Sfar, Déléguée Générale de Promincor - Lingerie Française et de la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire. “La genèse de cette plateforme a été les trois guides que nous avons successivement publiés en 2019, 2021 et 2022, portant sur les approvisionnements, puis l’écoconception et enfin, la communication responsable, explique Adeline Dargent, Responsable RSE de l’Ufimh. Nous avons toujours associé les entreprises à la conception de ces guides destinés à les accompagner de façon pédagogique et didactique, avec à la fois du contenu et des outils très concrets… Les acteurs de la filière, y compris ceux du mass market et du luxe, soit au-delà des marques premium que nous fédérons initialement, se sont bien emparés de ces guides. Mais ces derniers avaient été conçus dans un format PDF un peu lourd, pas forcément évident à utiliser, surtout pour de petites entreprises. Nous nous sommes donc demandés comment rendre plus accessibles ces informations et outils de façon plus simple et qui prenne moins de temps". Un outil pragmatique Les équipes RSE des trois Fédérations ont ainsi collaboré avec l’agence de communication spécialisée Hyssop, pour un travail de réécriture et de rendu plus accessible, et avec les experts qui avaient déjà travaillé sur les guides, à savoir les cabinets Blue Quest et Ecoeff Lab, pour la validation des contenus. “Notre portail n’est peut-être pas le plus complet, mais il est le plus pragmatique, souligne Adeline Dargent (Ufimh). Aucun outil n’existait sous cette forme, il existait des plateformes liées au Développement Durable comme Refashion par exemple, qui s’avère complémentaire. Notre idée n’était pas de refaire ce qui existait déjà”. En Mode Durable se distingue ainsi des plateformes déjà en place, mettant en relation des acteurs ou des annuaires de la Mode responsable. La Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin a d’ailleurs elle-même déployé, en 2020, un tel annuaire, initialement baptisé “Ressources Green”, refondu début 2024 dans “l’Ecosystème de la Mode” et devenu ainsi un outil global de mise en relation entre tous les acteurs de la Mode Responsable. En Mode Durable se situe, lui, sur un autre plan en apportant des éléments de réponse pratiques pour “outiller” les entreprises, les “accompagner et progresser” sur de tels sujets. “Il facilite l’accès à l’information sur la Mode Responsable et la rend aussi plus ludique, explique Adeline Dargent. Cet outil est abordable quelle que soit la maturité de l’entreprise, sa taille et est tout public. Quels que soient le service et la nature de l’entreprise, il y a une réponse". Approvisionnement responsable, écoconception et communication responsable La plateforme a été bâtie avec quatre entrées renvoyant aux principales thématiques -Approvisionnements Responsables, Écoconception et Communication Responsable-, plus une partie “News” évoquant l’actualité réglementaire et des dispositifs déployés par les fédérations. “Les entreprises peuvent accéder à différents degrés d’informations en fonction de leur niveau de maturité progressive, au nombre de trois: débuter (débutant), se structurer (intermédiaire) et enfin, accélérer (avancé), débouchant sur des cartes (ou fiches) différentes à consulter” détaille Adeline Dargent, qui insiste sur le caractère “interactif” de la plateforme, le contenu d’une fiche pouvant renvoyer au contenu d’une autre fiche. Outre du contenu, le portail intègre des outils pratiques, comme une priorisation d’actions à réaliser via des check lists ou des questionnaires à destination, par exemple de ses fournisseurs, ou encore des études de cas exemplaires. “Les guides ayant servi de base à la plateforme avaient été élaborés avec un comité de pilotage d’entreprises variées et représentatives afin d’orienter les sujets vers de l’opérationnel, indique Karine Sfar (Promincor -Lingerie Française et Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire). Les témoignages alors intégrés ont été repris sur la plateforme afin de montrer qu’il ne s’agit pas de simple littérature mais de réalisations concrètes. Et le but sera de l’enrichir encore à l’avenir avec d’autres ambassadeurs (marques, industriels…) d’autres exemples probants, des bonnes pratiques…”. En matière d’approvisionnement, le portail répertorie ainsi, pour chaque matière, des options plus responsables, comme le coton labellisé “GOTS” (Global Organic Textile Standard). D’autres fiches proposent du contenu pour avancer en fonction de la maturité de l’entreprise. Les entreprises plus “débutantes” peuvent, par exemple, accéder à une évaluation des risques pays et celles, ayant un niveau intermédiaire, prendre connaissance de la synthèse du projet pilote de Traçabilité coordonné par le Défi en 2020 et 2022, et ayant réuni 13 marques pour développer et tester des solutions. Casser les idées reçues Sur cette thématique de l’Approvisionnement responsable, Adeline Dargent (Ufimh) observe que “la plateforme permet de casser certaines idées reçues. Des entreprises se demandent par exemple si le fait d’utiliser des matières recyclées aboutit forcément à un bilan écoresponsable positif dans la mesure où le produit risque d’être moins solide et donc moins durable de ce point de vue là. Beaucoup de gens sont par ailleurs persuadés que le transport a un impact très important sur le bilan, alors qu’en fait, il est très limité. En revanche, la partie amont de l’approvisionnement des matières, de la culture (par exemple celle du coton non bio, qui est gourmande en eau et pesticides) jusqu’aux apprêts, compte bien davantage”. Côté écoconception, la plateforme propose par exemple aux entreprises débutantes une boîte à outils avec des fiches dédiées, inspirée et adaptée pour la Mode, des travaux de la norme X30-260, qui proposent une méthodologie pragmatique de mise en place d’une telle démarche. Par ailleurs, une fiche livre le témoignage du groupe de lingerie Chantelle, évoquant sa réflexion sur les notions de réparabilité afin de faciliter la seconde main de ses articles. Éviter les pièges du “greenwashing Enfin, dans la thématique “communication responsable”, que cela soit auprès des clients, des fournisseurs ou des salariés, et en particulier, du personnel de vente, le portail explique aux entreprises débutantes comment “se lancer, sans brûler ni les étapes, ni les ailes” ; à celles de niveau intermédiaire, comment adapter ses prises de parole en fonction du profil de ses collaborateurs, et enfin ; pour les sociétés d’un niveau avancé, comment “gagner en influence” sur le sujet de la RSE, via les réseaux sociaux. Sur ce dernier thème, Adeline Dargent (Ufimh) évoque, parmi les outils, une checklist de questions à se poser pour éviter les pièges du greenwashing. “Il s’agit d’être très vigilant sur ce plan, y compris en termes réglementaires, détaille la responsable RSE de l’Ufimh. La plateforme propose aussi un “stress test” pour sensibiliser les responsables de vente sur les termes à ne jamais employer”. D’une façon générale, Adeline Dargent voit dans le portail “un formidable outil de sensibilisation qui peut être pris en main aussi bien par l’équipe de direction que par la totalité des salariés, que ce soit dans l’achat, la vente, le marketing, la communication, etc”. Il permet aussi de former “ses éventuels nouveaux collaborateurs” aux “enjeux et points sensibles de la Mode Durable à prioriser”, souligne-t-elle. “Chaque salarié va se nourrir d’informations concernant son domaine d’activité et sa fonction, renchérit Karine Sfar (Promincor- Lingerie Française et Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire). Par exemple, les responsables de collections et les stylistes pourront plutôt s’intéresser aux bonnes pratiques d’écoconception pour mieux concevoir leurs produits”. Elle ajoute que “la plateforme permet de démystifier un certain nombre de croyances et de sortir des idées préconçues pour ouvrir positivement ses chakras. Chaque professionnel va pouvoir appréhender les problématiques RSE avec son niveau de connaissances et y trouver son compte. Si l’objectif est commun à tous, à savoir avancer vers une Mode plus Responsable et plus Durable, les chemins seront propres à chaque entreprise. Certaines auront pour priorité de concevoir tous leurs produits en coton issu de l’agriculture biologique, d’autres d’augmenter fortement la part de fibres recyclées dans leurs collections et d’autres encore de favoriser la biodiversité…”. Mieux se faire connaître La plateforme a jusqu’ici limité sa communication, les Fédérations étant très mobilisées par les sujets réglementaires et législatifs actuels (tels que la loi Anti Fast Fashion…). Dans de telles conditions, Adeline Dargent (Ufimh) ne s’étonne pas qu’En Mode Durable n’ait pas encore été contactée par des structures tierces pour créer d’éventuelles synergies. Mais la plateforme y serait tout à fait ouverte, ajoute-t-elle. Observant, malgré tout, une hausse immédiate des consultations d’En Mode Durable dans la foulée de la publication d’un article dans la presse B to B, la plateforme projette de mieux se faire connaître à court terme.  Un atelier, s’appuyant sur ses outils, est d’ores et déjà envisagé au second semestre. S’il est encore trop tôt pour citer des statistiques de consultation, Adeline Dargent estime comme “très large”, “le profil de marques susceptibles d’être intéressées” par ce nouvel outil et qui “va de la grande distribution au luxe en passant par des marques premium”. En attendant, En Mode Durable compte bien activer sa communauté, notamment en incitant ses utilisateurs à faire des recommandations sur d’éventuels manques qu’ils aimeraient la voir combler. Un onglet “proposer une idée” est ainsi à leur disposition sur la plateforme afin de “soumettre des sujets qui posent question”. De façon générale, la plateforme est vouée à évoluer au fil du temps. A court terme, “il y aura des mises à jour nécessaires d’un point de vue réglementaire, car cela bouge beaucoup actuellement à ce niveau tant en France qu’en Europe. Nous envisageons donc, à partir de l’an prochain, de compléter nos outils et informations en ce sens”, explique Adeline Dargent (Ufimh).  “A plus long terme”, la plateforme devrait aussi élargir son périmètre, ses initiateurs souhaitant “développer tout ce qui a trait à la biodiversité ou à l’impact social pour l’enrichir, des guides devant voir le jour sur ces sujets au cours du premier semestre 2026”. Premiers objectifs atteints En attendant, Adeline Dargent pense qu’En Mode durable a d’ores et déjà atteint ses premiers objectifs. “Si j’étais dans une entreprise, c’est l’outil que j’aurais adoré avoir pour travailler sur les sujets de la Mode Responsable, il est très didactique, permet d’aller directement à l’information en fonction de son sujet ; le tout répondant à la curiosité de chacun” souligne la responsable RSE de la l’Ufimh. Certes, les Fédérations constatent actuellement un ralentissement des actions des entreprises en termes de Développement Durable. “Leurs budgets alloués à ces sujets sont plutôt en baisse en raison, d’une part, d’un contexte économique compliqué et d’autre part, de l’allocation d’une partie de leurs ressources à la mise en conformité juridique (loi Agec, Traçabilité…) avec, à la clé, de nouveaux outils coûteux. En 2024, les très grosses entreprises ont aussi dû appliquer la mise en oeuvre de la Directive CSRD, imposant du reporting extra financier sur la durabilité”, note Adeline Dargent. Malgré cette nouvelle donne, En Mode Durable compte bien s’imposer comme une aide précieuse pour les entreprises de la filière Habillement dans leur cheminement vert. “Notre ambition est que la plateforme devienne un outil de référence sur la Mode Responsable à moyen terme”, annoncent Adeline Dargent et Karine Sfar. Pour accéder à la plateforme En Mode Durable : https://www.enmodedurable.fr

3 questions à… Marie Bouhier, responsable RSE de Rivedroite Paris

“Notre projet, allier plaisir et consommation responsable”.  Avec ses lignes d’accessoires éco-conçus, cette jeune marque française relève l’ambitieux défi de proposer une marque à la fois vertueuse et ultra-désirable. Le point sur les axes forts qui font le succès de Rivedroite Paris, alors que la maison s’apprête à fêter son dixième anniversaire.  Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre maison…. Rivedroite Paris a été fondée en 2016 par deux sœurs et une amie - Aurélie Jansem, Yasmine Auquier Buron et Sofia Buron avec un même objectif. Faire évoluer une industrie de la mode encore peu consciente des enjeux sociaux et écologiques. En 2016, elles choisissent de sauter le pas alors qu’elles voient défiler, sur les routes du Maroc, des camions entiers emplis de déchets textiles destinés à la destruction. Elles décident alors de lancer une marque de sacs et d’accessoires fabriqués exclusivement à partir de matières premières recyclées ou upcyclées. Des matières provenant de chutes ou de fins de tissus, récupérées et revalorisées dans une entreprise près d’Alicante. Yasmine est désormais responsable de la stratégie et du développement de la marque, Sofia est chargée de la conception des produits et de l’image et Aurélie pilote les opérations en boutique et digitales. Le tout avec un motto – créer une mode engagée pour une génération consciente. Cette philosophie fédère sans cesse de nouveaux adeptes et l’entreprise est rentable depuis ses débuts. Les collections sont distribuées via un site internet, nous avons ouvert deux boutiques à Paris et travaillons avec un réseau de distributeurs et revendeurs en France et à l'international, États-Unis et Asie. Décrivez-nous vos collections, comment les développez-vous ? Nous avons commencé par l’univers des accessoires avec tous types de sacs : cabas, sacs de voyage, bananes… Nous menons une vraie réflexion en termes d’esthétique et de praticité, avec des portés fluides et des modèles versatiles - sac de sport transformé en sac 24h etc. Nous proposons une collection intemporelle avec une large palette -du bleu marine, camel, rouge intense. Nous présentons aussi une gamme avec des motifs animaliers vitaminés – nos sacs à main léopard ou zèbre, imaginés en collaboration avec une artiste française ; le tout enrichi de 2-3 collections capsules chaque année. Depuis 2024, nous avons développé une collection de prêt à porter, avec quelques pièces iconiques (veste worker, tee-shirts…) fabriquées avec des matières recyclées ou naturelles, comme le Corozo issu des graines de palmier que nous utilisons pour les boutons. Notre pull best-seller est à base d’un molleton mixant matières recyclées et organiques, reprenant l’esprit des anciens pulls des années 60, 70 aux États-Unis. Depuis 2024, vous êtes reconnue comme entreprise à mission. Qu’est-ce que cela implique au quotidien ? La responsabilité sociale et environnementale est au cœur des préoccupations de la maison, ceci depuis sa naissance. Nous fabriquons près de Casablanca et, dès notre première collection, nous avons travaillé avec des artisans que nous rémunérons dignement en les aidant sur le chemin de l’entreprenariat -formation, gestion administrative de leur société…. Nous travaillons en circuit court, essentiellement autour du bassin méditerranéen. Nous avons également développé un service de réparation et un département seconde main, pour amplifier nos différentes offres circulaires. Notre développement a été rapide, nous cherchons aujourd’hui à conforter nos acquis en restant plus que jamais fidèles à nos engagements. Proposer un nouvel art de consommer où l'hédonisme durable devient le nouveau standard, en alliant plaisir et consommation responsable. Pour en savoir plus: https://www.rivedroite-paris.com/

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