Grand entretien avec… Sylvie Pourrat, Directrice du salon Première Classe, directrice du développement du groupe WSN.

1 septembre 2026

“ Notre salon entend jouer, plus que jamais, son rôle de précurseur”

Nouvelle scénographie, création d’une boutique… Alors que Première Classe s’apprête à ouvrir ses portes du 2 au 5 octobre prochain dans les jardins des Tuileries, sa directrice nous dévoile les axes d’une stratégie qui fait de l’événement l’un des rendez-vous majeurs de l’univers des accessoires, de la mode et du lifestyle. 

Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler l’histoire et la mission de Première Classe ?

Né en 1989, ce salon a été le premier événement consacré aux designers d’accessoires de mode. Son objectif était alors de mettre en lumière des créateurs qui ne montaient pas sur les podiums, comme le font les marques de prêt à porter. Depuis son origine jusqu’à aujourd’hui, notre ambition est la même… Repérer et valoriser les nouveaux talents ; des signatures, des personnalités qui portent une expression artistique forte. Preuve de la pertinence de notre démarche, le salon est aujourd’hui LA plateforme de référence durant la fashion-week parisienne. Son offre n’est plus exclusivement dédiée aux accessoires, elle s’est adaptée aux mutations de l’époque avec une forte présence du prêt à porter, mais aussi de l’univers du lifestyle : design, beauté, art, food.

Cette alliance entre prêt à porter et accessoires constitue l’une des forces de l’événement. Comment travaillez-vous à l’équilibre entre les deux univers ? 

Vous avez raison de parler d’équilibre. Il s’agit avant tout de proposer une offre homogène et lisible pour nos acheteurs et visiteurs. La présence du prêt-à-porter permet de valoriser notre proposition d’accessoires en créant de véritables silhouettes qui valorisent l’artisanat et les savoir-faire, valeurs clés dans l’univers des accessoires. Par ailleurs, les parcours de visite constituent les éléments majeurs de nos réflexions. Le visiteur vient chercher l’inspiration sur notre salon : les plans, l’organisation de l’offre et les animations doivent guider et nourrir sa recherche. Cette année, le salon se déploiera au fil de deux immenses tentes dans le Jardin des Tuileries, pensées comme deux lieux de vie avec un mot d’ordre :  la convivialité.

Plus concrètement, comment le salon est-il organisé ?

Cette édition  marque une nouvelle étape dans notre développement. Nous avons confié à l’agence SUCH&SUCH la direction artistique de l’événement, leur demandant de poser leur regard sur la sélection, la façon de présenter les produits et la réalisation de la campagne de communication. Nous avons choisi cette agence pour le regard très sélectif qu’elle porte sur le produit et sa capacité à faire dialoguer différents univers, tout en conservant exigence et cohérence dans la scénographie. Pour appliquer au mieux ces best practices, nos équipes ont fait un vrai travail d’accompagnement auprès des marques invitées. Pour les aider à préparer leur présentation, elles ont proposé des guides lines allant d’une palette de couleurs pour leur scénographie à des conseils pour leurs affiches et logos.

Par ailleurs, d’autres nouveautés signent cette édition….

En effet, je suis fière de vous annoncer la création de la boutique Première Classe aménagée dans le salon et ouverte au public avec un objectif précis, faire dialoguer les univers B&B et B&C. La curation a été menée par l’agence, associant des créateurs de Première Classe à des marques hors salon.

Par ailleurs, les collaborations et les éditions limitées auront également leur premier événement dédié dans l’espace Tuileries, baptisé JILL.  Enfin, de nombreuses animations viendront enrichir notre propos et notre vision. Le showroom RunXAndam issu d’un partenariat entre l’ANDAM et le groupe WSN, des talks, des expositions et, bien sûr, la soirée Première Classe devenue un rendez-vous incontournable.

Avec ces initiatives, le salon répond aux nouvelles tendances du marché et continue de jouer son rôle de précurseur. Ce type de projet s’impose d’ailleurs dans nos projections pour demain, avec la volonté de nous tourner, plus que jamais, vers l’innovation.

Combien de visiteurs attendez-vous et combien de marques allez-vous exposer ?

Cette édition présentera plus de 300 marques, réparties dans les deux tentes des Tuileries. L’Italie et le Japon sont les pays les plus représentés (hors France) et nous observons une forte présence des pays européens. Cette saison, l’Amérique latine renforce sa position, territoire qui mérite toute notre attention et que nous explorons.

Côté visiteurs, nous bénéficierons comme chaque année, de l’audience de la Fashion Week, fidèle à notre salon. Nous comptons sur la venue de nos acheteurs réguliers, mais nous avons aussi élaboré un programme pour inviter de nouveaux acheteurs internationaux à découvrir le salon. Nos équipes effectuent un travail de recherche permanent pour capter les nouveaux acteurs du marché et nous espérons que la Boutique participera à attirer une communauté mode et influence. Il est encore tôt pour donner des chiffres précis en termes de fréquentation, mais la tendance est au niveau de celle des années précédentes.

Première Classe se distingue par sa façon de valoriser la jeune création. Pouvez-vous nous rappeler vos liens avec les festivals et prix qui soutiennent les demains de la mode ?

Nous avons établi des partenariats de longue date avec l’ANDAM, le Festival d’Hyères, les prix de la ville de Paris. Le groupe WSN (auquel appartient le salon) est mécène de tous ces événements prestigieux qui ont un point commun,  l’identification et la promotion de la  nouvelle scène. Valoriser cette jeune création fait partie de la mission du salon, tout comme l’accompagnement des designers dans la naissance de leur propre label. Ces mécénats illustrent la force de notre engagement.

WSN est partenaire de l’UFIMH. Qu’apporte ce compagnonnage ?

Les bénéfices sont réciproques. Cette saison et grâce au soutien de l’UFIMH et du DEFI, nous recevons, par exemple, une délégation d’acheteurs internationaux sur le salon, qui bénéficieront d’un programme personnalisé de sensibilisation au marché français, avec notamment des rencontres avec les marques françaises.

En effet, nous considérons que nos salons sont parties prenantes du système de la mode française et travailler en collaboration avec les institutions qui représentent cet univers fait partie de notre mission. Nos événements sont des plateformes pour elles. Nous leur donnons la parole, nous construisons avec elles des partenariats et nous effectuons les remontées terrain des tendances dont nous sommes les premiers témoins. Nous sommes en effet aux avant-postes pour établir un baromètre fiable du marché. Ce type d’échanges constitue un vrai bénéfice pour la filière toute entière.

Pour visiter Première Classe : https://wsn-events.com/visiter-premiere-classe

 

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3 questions à… Olivia Chammas, Déléguée générale de IFM Alumni, l’association des Diplômés de l’Institut Français de la Mode.

« Les rencontres de Faverolles, une opportunité unique d’échanger sur les grands enjeux du secteur » Alors qu’elle s’apprête à fêter ses 40 ans, l’association des anciens de l’IFM multiplie les projets pour valoriser ses diplômés tout au long de leur carrière. Chaque année, elle leur donne aussi rendez-vous dans le domaine des Oseraies à Faverolles pour confronter expériences et points de vue sur l’avenir de la mode. En avant-première, le point sur la prochaine édition, le 12 septembre 2026.  1/ Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre association ? IFM Alumni a été créée dès 1987 pour accueillir la toute première promotion de l'Institut Français de la Mode. Elle se fixe pour mission de réunir les anciens de l’IFM en articulant ses actions autour de trois axes principaux : accompagner les diplômés dans le développement de leur carrière en mettant en place un solide réseau d’entraide ; valoriser leur réussite et contribuer au rayonnement de l'Institut. Depuis notre fusion avec l’Ecole de la Chambre syndicale en 2019, l’association compte environ 6500 membres. Ce chiffre en témoigne, IFM Alumni fédère ainsi les grands acteurs de la mode en France, et illustre la diversité des métiers du secteur. L'école a été créée par Pierre Bergé avec l’ambition de former des profils business et management pour accompagner les créateurs mais elle a, très vite, développé des programmes de création, doublés aujourd’hui de cursus autour des savoir-faire. Cette richesse est l'une des grandes spécificités de l'IFM, et donc de l’association. Le tout avec une forte dimension internationale, puisque l’école accueille des étudiants venus du monde entier. 2/ Les rencontres de Faverolles, organisées chaque année depuis 1987, constituent l’un des grands rendez-vous de l’association. Quelle est leur mission ? L’événement a été initié dès la création de l’école par Sylvie Grumbach, fondatrice de l’agence de presse iconique Deuxième Bureau et son frère Didier Grumbach, grande personnalité de la mode. Président de la Fédération de la Haute Couture, cofondateur d’Yves Saint Laurent Rive Gauche et à la tête de maisons de couture comme Mugler, il est l’un des membres fondateurs de l'IFM. Tous les deux ont proposé, en 1987, une première rencontre festive et informelle dans la propriété de Faverolles. Ce déjeuner sur l’herbe est devenu en 2024 un rendez-vous plus sérieux et  incontournable, l’occasion de se nourrir et d'échanger sur les problématiques du secteur mais aussi d’imaginer ensemble de nouvelles pistes. Depuis la fusion de l’événement avec le Forum de la Mode en 2025, ces rencontres ont encore enrichi leur programme avec un mix de talks, de conférences et de temps d’échanges plus informels, le tout rassemblant environ 450 personnes ; le format idéal pour réunir les acteurs-clés du secteur tout en préservant l’esprit convivial qui préside depuis toujours à l’événement. 3/ Cette édition semble déjà particulièrement riche. Pouvez-vous nous en dévoiler déjà les axes-forts ? Plusieurs tables rondes permettront d’aborder les thèmes les plus concernants du moment. Le dialogue créateur & CEO au sein des maisons de luxe avec le créateur américain Mike Amiri (AMIRI) et Pascal Morand, président de la FHCM ; les nouvelles frontières du luxe avec Anthony Drouot (Directeur accessoires Lemaire) et Nicolas Rohr (co-fondateur Faguo) ou encore l’alliance France-Italie et plus largement le rôle clé de l’Europe face aux nouveaux équilibres géopolitiques de l’industrie mode et luxe, avec Luca Sburlati (Pattern Group), Carlo Capasa (Camera Nazionale della Moda Italiana), Tristan de Witte (Président, Réseau Excellence Entreprises du Patrimoine Vivant), et Pierre-François Le Louet (Co-Président UFIMH). Le tout sera entrecoupé de performances (dont un spectacle mode & danse), d’un déjeuner convivial et des prises de parole de Pierre-François Le Louet, Vice-président de l’IFM Alumni et co-président de l’UFIMH, de Catherine Jacquet, présidente de IFM Alumni et CEO, d’Isabel Marant ou encore de Sylvie Ebel, DG adjointe de l’IFM. Cette édition 2026 est soutenue par le Ministère de La Culture et le DEFI. Informations sur les Rencontres de Faverolles 2026 et inscriptions : https://www.ifm-alumni.fr/fr/event/rencontres-de-faverolles-forum-de-la-mode/2026/09/12/623      

Grand entretien avec… Isabelle Lefort, co-fondatrice et directrice exécutive de l’association Paris Good Fashion

Il faut répondre aux attentes du consommateur avec des informations simples et transparentes”. Fondée en 2019 pour faire de Paris LA capitale de la mode durable, lassociation multiplie les actions pour donner une nouvelle dimension à son engagement. Le point avec Isabelle Lefort...  1/ Cette année sannonce comme lune des plus fertiles pour votre association, notamment avec une consultation citoyenne autour du thème : comment rendre désirable une mode plus éthique et plus durable. Comment sest organisée lenquête ?   Après celle de 2020, nous avons décidé de lancer cette deuxième consultation citoyenne pour donner, à nouveau, la parole aux consommateurs. Contrairement aux sondages qui proposent des pré-réponses, la parole est ici totalement libre. Les participants expriment leurs propositions ; les uns et les autres votent, affirmant leurs accords ou désaccords. Cela a été  très riche d'enseignements. Tout d’abord, nous ne nous attendions pas à une telle adhésion. La participation a été massive. 107 000 personnes se sont connectées en France et 63 000 à l’international :  32 000 en Italie, 18  000 au Royaume-Unis et 12 000 aux Etats-Unis (focus New-York). Cette ouverture à 3 autres pays est une première, elle nous permet de mettre en lumière des consensus très intéressants. 2/ Les conclusions de cette étude viennent d’être publiées. Pouvez-vous nous en donner les grandes lignes  ? Le sujet N°1, c’est le besoin d’information. Les citoyens demandent une information fiable, simple à comprendre et dans une totale transparence ; et cela dans les 4 pays. Leurs propos sont simples : « nous ne comprenons rien à la mode durable ; entre le greenwashing, le hush washing, les reportages qui font scandale, on ne sait pas comment faire. Nous avons envie dacheter durable mais indiquez-nous la démarche. » C’est un énorme challenge pour nous. Nous travaillons tous à la traçabilité et à l’affichage environnemental. Les marques dépensent depuis 10 ans des sommes colossales en développement durable ; elles font d’énormes progrès et le législateur veille au grain. Et pourtant, le consommateur ne saisit pas cela de façon claire et intelligible. L’autre sujet important est lié à la circularité. Les consommateurs souhaitent une mode qui apporte des services. Ils nous disent : « quand nous entrons dans un magasin, nous voulons une mode de qualité, au prix juste, mais nous souhaitons aussi faire réparer, donner, acheter de la seconde main ». Troisième sujet-clé, une demande de réduction du rythme de la mode. Cela vise l’ultra fast fashion mais pas seulement. La trop grande sollicitation, l’absence de messages clairs sont des questions plus vastes qu’il est important de prendre en considération, dans un contexte où les consommateurs réduisent leurs achats d’habillement au profit notamment des loisirs. 3/ Comment allez-vous exploiter ces résultats ? Durant toute l’année prochaine, nous allons tenter de répondre aux attentes du consommateur avec la mise au point d'informations claires, simples et dans une totale transparence. Nous souhaitons aussi nous attaquer au paradoxe entre intentions déclarées et comportements réels. Malgré les progrès réalisés et les millions investis, pourquoi les consommateurs n’achètent-ils pas davantage de mode durable ? Où est le nœud et comment le résoudre ? Pour cela, nous allons travailler en étroite collaboration avec l’Institut Français de la Mode (dont l’UFIMH est membre fondateur), Spallian (expert en data géolocalisation), BVA Behaviour – Ipsos, et appelons toutes les bonnes volontés à collaborer à ce vaste chantier. Il ne s’agit pas d’un problème français, mais international. D’où l’implication de nos futurs partenaires de la Fashion Cities Coalition. 4/ Cette coalition a été officiellement lancée lors de la 2eme édition du Midsummer Camp qui sest déroulée au Domaine de Chaalis les 8-9 juillet. Pouvez-vous nous la présenter? Notre motto n’a pas changé, il faut accélérer le changement. L’idée est donc de créer un effet boule de neige en partageant les bonnes pratiques développées dans les grandes capitales internationales de la mode. Chaque écosystème présente une singularité, une vision qui permet une approche complémentaire. Nous faisons le pari qu’en travaillant ensemble -non sur des discours, mais sur des actions de terrain- nous pouvons accélérer. Déjà, 8 villes avec Paris, Copenhague, Cotonou, Dubaï, Londres, Milan, New-York, Singapour sont engagées sur un agenda qui va nous conduire jusqu’en février 2028. Avec l’implication de nos membres, et l’accompagnement du cabinet d’audit KPMG, nous avons défini une feuille de route ambitieuse et urgente. L’UFIMH, en tant que membre essentiel de l’écosystème français, a naturellement soutenu cette initiative internationale. 5/ Plus largement, quel bilan faites-vous de ces deux jours de rencontres et de débats ?  Avec plus de 600 participants, nous sommes très satisfaits de ces rencontres. Le premier jour, la conférence scientifique, pilotée par Andrée-Anne Lemieux, chercheure HDR, directrice de l’environnement de l’IFM et ses doctorants, a attiré plus de 70 scientifiques spécialistes de la mode durable à l’international. Le deuxième jour a aussi affiché complet. L’ouverture sur l’international avec le lancement de la Fashion Cities Coalition, la participation de la British Fashion Council, du CFDA (Conseil des créateurs de mode américains), de la Camera della Moda, du Groupe Chalhoub, Singapour Fashion Council et du GFA allemand a donné un nouvel élan à nos échanges. La présence des métiers d’art avec des artisans d’art autour du Comité Colbert et du Mobilier National, des lauréats de l’ANDAM autour de Nathalie Dufour ont aussi montré que la mode durable n’est plus un sujet à traiter en silos. Mais bien un thème transversal qui, comme l’a démontré Hélène Valade, directrice environnement du groupe LVMH, est un sujet business au cœur de la stratégie d’avenir des entreprises. 6/ Paris Good Fashion connaît ainsi une nouvelle impulsion. Sagit-il dune redéfinition de vos objectifs ? Nous ne souhaitons pas changer de mission, nous ouvrons le champ des possibles. Et notre obsession est la même, il faut accélérer la transition. Les scientifiques le répètent depuis longtemps, il faut désormais agir vite. Et ceci est tout aussi vrai pour la biodiversité que pour les salariés, soumis à des conditions de travail extrêmes. 7/ Vos actions sinscrivent dans un moment où le sujet de l’écologie est parfois éclipsé dans un contexte géopolitique difficile. Quel regard portez-vous sur cette situation ? Les discours politiques sont une chose, nous nous appuyons sur la science. Avec les entreprises, avec les fédérations telles que l’UFIMH qui les représentent, nous partageons la même conviction. Il en va de notre responsabilité d’œuvrer pour le bien commun. A chacun de faire sa part pour que notre industrie reste ce qu’elle doit être : une industrie du beau au service de tous. C’est une question de survie industrielle, entrepreneuriale. Globale en vérité.   Pour en savoir plus sur Paris Good Fashion : parisgoodfashion.fr

UFIMH & transition écologique : le bilan d’une décennie d’actions.

En 2016, l’UFIMH s’engageait de façon pionnière sur les questions de développement durable ;  elle s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs clé de la transition écologique pour l’ensemble de la filière. Le bilan de ses actions et ses prochains objectifs avec Adeline Dargent, déléguée générale du Syndicat de Paris de la Mode Féminine et chargée de la stratégie RSE de l’Union.  C’était il y a tout juste dix ans. L’UFIMH décidait de s’impliquer très concrètement sur les questions de développement durable, publiant la première grande étude sur le sujet pour le secteur de l’habillement. Depuis 2019, l’Union renforce cet engagement à travers de multiples actions. Elle édite régulièrement des guides précieux autour des sujets d’approvisionnement responsable, d’éco-conception, de communication responsable … Disponibles sur la plateforme  En mode durable, ces ouvrages -destinés au grand public et à tous les acteurs de la filière- rappellent les grands engagements en termes de RSE du secteur et répondent à toutes les questions que peuvent se poser entreprises et fournisseurs pour accélérer la transition écologique. Par ailleurs, l’Union continue d'œuvrer sur le sujet de l’affichage environnemental avec le ministère de la Transition écologique. « Notre objectif est double, précise Adeline Dargent. Nous cherchons à promouvoir l’outil existant et travaillons à son amélioration, afin de parvenir à un calcul du coût environnemental le plus complet possible. Ceci passe notamment par l’intégration de la notion de durabilité physique (aujourd’hui non adressée) à travers des tests permettant d’identifier ce qui peut mettre fin à la vie du produit, des coutures qui vrillent, du boulochage…». Autre sujet qui fait l’objet d’études approfondies, l'application du règlement éco-conception européen avec la future mise en place du passeport digital produit. Cette « carte d'identité » est destinée à réunir des informations qui président à un choix éclairé de la part des consommateurs. « Le propos est d'y intégrer des informations relatives notamment à la présence de matières recyclées dans les vêtements ou la présence d’informations fondamentales telles que la composition que, parfois, l’on ne trouve plus, l’étiquette (obligatoire) ayant été coupée après l’achat, poursuit Adeline Dargent ». Durant les derniers mois enfin, l’UFIMH a été particulièrement mobilisée par le vote de la loi contre la mode ultra-express, rendu compliqué par l'instabilité politique en France qui a suivi la dissolution de l’assemblée. L'Assemblée nationale et le Sénat l’ont enfin votée les 24 et 29 juin derniers, permettant à la  France de se doter d'un outil officiel de lutte contre l'ultra fast-fashion. La loi définit notamment l’ultra-fast-fashion à l'aune de deux critères clés : une large profondeur de gamme (nombre de références) et un critère de réparabilité du vêtement, un prix trop bas n’incitant pas à réparer mais plutôt à jeter. Par ailleurs, les acteurs du secteur sont désormais interdits de publicité et devront répondre à une obligation d'information concernant le lieu de fabrication de leurs produits, à côté du prix et dans une police de même taille. Enfin, l’introduction de la taxe de 3 euros pour les petits colis à l’entrée de l’Union Européenne est également une très bonne nouvelle.  Dans ce contexte, l’UFIMH entend, plus que jamais, prolonger ses actions pour les prochains mois, déployées autour de ces trois axes clés… Une lutte contre la mode ultra-express renforcée au niveau européen. En septembre dernier, durant le Salon Première Vision, 22 fédérations européennes ont signé une déclaration commune portée à la Commission européenne, réaffirmant leur engagement dans la lutte contre l'ultra fast-fashion. Lors de la prochaine édition du salon, une réunion identique est prévue pour élargir ces actions à un plus grand nombre de pays européens, sachant que cette lutte ne peut passer que par un engagement actif au sein de l’ensemble des pays de l’Union Européenne. Un nouveau guide autour des bonnes pratiques en matière de biodiversité. Les actions de la filière ont été, jusqu’ici, largement centrées sur le thème de la décarbonation. La volonté est d’ouvrir le débat de façon plus large autour de la biodiversité, ce qui induit une réflexion autour des matières premières, dans un contexte d’augmentation des coûts liée à leur raréfaction et à la surexploitation des sols. Stress hydrique, pollution de l’eau liée à l’usage de teintures toxiques sans système de filtrage… Un nouveau guide à paraître dressera un état des lieux des principaux dangers du secteur pour la biodiversité ainsi que les bonnes pratiques déjà mises en place afin d’aider les marques à mieux comprendre ces enjeux, et renforcer leur politique RSE en termes de sourcing notamment. Un outil inédit pour sensibiliser les fournisseurs sur les sujets de responsabilité sociale.  Accompagner les marques dans leurs liens avec leurs fournisseurs dans le cadre d’une démarche d’évaluation et de progrès notamment sur les sujets-clés de sécurité au travail… Cet objectif prendra la forme d’un outil d’autodiagnostic qui permettra d’identifier les risques sociaux, doublé d’une enquête sur le bien être des travailleurs, via le recours au « worker voice ». Ce dispositif a déjà été testé l’année dernière avec cinq entreprises. L’idée est simple. Les marques proposent à leurs partenaires de faire appel à une structure indépendante qui va interroger les travailleurs locaux via leur téléphone sur leurs conditions de travail.. « Ce questionnaire, très élaboré, permet -sans question directe qui pourrait être embarrassante- d’identifier d’éventuels problèmes, notamment dans le droit d'expression des travailleurs, précise Adeline Dargent. L’initiative, testée cette année auprès d’une dizaine de fournisseurs, a vocation à être généralisée si les retours des marques sont positifs. Les premiers résultats sont prometteurs. Les entreprises qui ont déjà réalisé ces diagnostics, ont pu ainsi identifier des points d'alerte qui nécessitaient des plans de correction auprès de leurs fournisseurs. Une façon, très efficace, d’accompagner ceux-ci sur ces sujets, et d’agir concrètement pour l’amélioration des conditions de travail tout au long de la chaîne de valeur. »

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