« Je suis une femme indépendante bien accompagnée »
3 questions à Myriam Raymond, responsable développement collection 3D chez Krobady
Quel est votre parcours ?
« J’ai travaillé à Paris comme modéliste chez Sergent Major. Grâce à eux, j’ai eu l’occasion de me rendre en Asie. J’ai rejoint Tape à l’œil à Shanghai avant d’accepter cette aventure chez Krobady en septembre 2018 : c’était excitant ! Tout était à créer en Colombie et j’ai donc déménagé en 2019 avec mari et enfant. Je suis une femme indépendante bien accompagnée. Mon mari s’adapte à mes évolutions professionnelles. Seule, je n’aurais pas pu avoir ce parcours. »
En quoi consiste votre métier ?
« Nous développons les collections en 3D. Les marques envoient les dessins, à partir desquels nous créons un avatar afin de réaliser un prototype virtuel. »
Pourquoi cet intérêt pour la 3D ?
« Parce qu’elle croise mon goût pour la mode, les vêtements et mon engagement pour une consommation durable. Concrètement, on peut faire une rotation à 360°, des zooms… Elle permet en production de limiter les erreurs et les allers-retours de produits car toutes les modifications peuvent être faites en amont. Si une styliste hésite sur un choix de tissu, nous lui faisons des propositions en 3D sans gaspiller les tissus. La 3D permet de gagner du temps et de l’argent en ayant un langage commun pour tous les services et une approche responsable. »
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Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ?
Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%.
Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan).
Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue.
Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie.
Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise…
Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH.
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