L’IA peut-elle révolutionner l’industrie de la mode ?

14 mai 2026

Largement présente dans les champs de la création ou de la vente, l’Intelligence artificielle investit peu à peu l’ensemble de la chaine de valeur. Où se révèle-t-elle la plus efficace et comment en tirer parti ? Le point sur les multiples usages de l’IA avec les temps forts de l’enquête réalisée par la Maison du Savoir-Faire et de la Création, affiliée à l’UFIMH.  

L’IA redessine les contours de l’industrie de la mode

Si elle commence à se déployer dans la création de vêtements, le textile et la vente, l’intégration de l’IA dans la confection est encore limitée. Mais cela pourrait changer…

L’intelligence artificielle (IA) pourrait révolutionner la mode. “Cette technologie est désormais mature. Nous ne sommes plus dans la seule phase de recherche mais dans celle de l’industrialisation. On peut y aller de manière confiante, il n’y a plus de verrous technologiques” assure Robby Dubus, responsable du développement de Textil’IA, une start-up créée en 2020 par la profession textile pour tirer parti de nouvelles technologies comme l’IA. L’idée ? Développer des applications répondant à des problématiques comme la demande de digitalisation, la lutte contre la contrefaçon, la valorisation de la créativité…

Essor rapide en amont

Comme le soulignait l’article “Texprocess 2024 se place sous le signe de l’IA”, paru dans le magazine M&T2, cette technologie était la vedette de la dernière édition du Salon international leader dans le traitement des matériaux textiles et souples. “L’IA a trouvé sa place et se développe très rapidement en amont : à savoir la création d’un produit avec tous les paramètres que cela comporte, ainsi que sa préparation. Il en est de même en aval jusqu’à sa vente. Mais pour la partie « dure », la fabrication et notamment la couture, c’est plus compliqué”, souligne le magazine. La mode s’intéresse ainsi de plus en plus au potentiel de l’IA. Mais aux étapes successives de la chaîne -création, production, distribution- les pionniers sont plus ou moins nombreux à avoir déjà testé ses possibilités.

Création à la pointe

Pour la création, la mode se montre à la pointe, comme l’explique Frédéric Rose, fondateur en 2020 d’IMKI, start-up spécialisée dans les solutions d’intelligence artificielle générative d’images, dédiées à tous les métiers des ICC (Industries Culturelles et Créatives). “Quand on a travaillé sur ces industries, le secteur ayant réagi le plus rapidement a été la mode. Celle-ci a en effet besoin que l’IA se spécialise dans le stylisme modélisme”.

Pour affiner ses solutions, IMKI s’appuie à la fois sur des experts IA et métiers. “L’IA ne répète pas de choses. Nous prenons des IA qui ont appris à dessiner, nous améliorons leur entraînement sur des métiers et de ce fait, la justesse de leurs réponses. Nous sommes les seuls à avoir une telle approche”, affirme le dirigeant.

Pour la mode, la start-up fait plancher des data-scientists et ingénieurs et ses quatre stylistes modélistes (prêt-à-porter femme, homme, sportwear ou “360 degrés”) pour entraîner l’IA à dessiner des vêtements. “On implique également des spécialistes métiers comme pour une capsule denim présentée à VivaTech 2024, améliorée par un expert externe”.

Gain de temps assuré

IMKI va plus loin dans le “sur-mesure” pour ses clients, comme The Kooples, avec qui elle a développé une capsule pour la collection hiver 2024-2025. “On apprend aux IA à comprendre un corpus artistique, les codes à prendre en compte pour aligner les dessins sur une marque. Cela peut être le logo, un motif, un fermoir typique pour un sac à main. On améliore ainsi la connaissance de l’IA en intégrant l’ADN de la marque”. De quoi aussi éviter un risque auquel les clients d’IMKI se montrent très attentifs : “faire en sorte que les données qu’ils utilisent pour entraîner leur IA ne relèvent pas de tiers, mais de leur propriété”. Pour leur donner la main sur l’IA, IMKI forme ainsi ses clients au “prompting”, soit la manière de lui donner des instructions.

La question qui se pose : est-ce que l’IA peut remplacer l’humain pour la création ? Pour certaines tâches mais pas toutes, indique Frédéric Rose. “L’IA est imbattable en termes de vitesse d’exécution d’un dessin précis, par exemple, mais bien que hyper puissant, cet outil n’est cependant pas doué de volonté ni d’un “esprit de synthèse” de l’air du temps ou des tendances. Il a besoin d’un input créatif. Si le designer ne sait pas dans quelle sphère artistique l’emmener, l’IA ne sortira rien de bon”.

“L’IA accélère le processus de création, améliore l’aide à la décision et permet de rapprocher le produit de la tendance finale et de la demande du client. Aujourd’hui, sans elle, on met 8 mois pour créer un produit après avoir détecté une tendance. Avec l’IA, on divise ce temps par trois”, conclut Frédéric Rose.

Au service de la matière

A l’amont de la chaîne mode, l’industrie textile s’est aussi emparée de l’IA. “Dès nos débuts, nous avons rencontré des experts en IA et listé les applications possibles pour créer des solutions innovantes à valeur ajoutée mais accessibles pour nos PME textiles. La profession investit dans ces solutions via Textil’IA avant de les déployer. Contrairement aux idées reçues, le coût de l’IA n’est pas exorbitant et l’utilisation assez vite rentable” explique Robby Dubus de Textil’IA.

Textil’IA a déjà développé deux solutions intégrant l’IA. Son catalogue intelligent de produits en ligne permet depuis 2023 aux textiliens d’archiver digitalement leurs nombreuses créations : “on numérise leurs tissus pour les transférer vers la plateforme dotée d’outils de recherche fonctionnant à base d’IA”, explique Robby Dubus. L’utilisateur peut aisément faire des recherches parmi ses archives textiles parfois très nombreuses (plusieurs dizaines de milliers de motifs), via des mots clés ou par similarité avec une autre image, sans avoir besoin de catégoriser manuellement chacun des motifs lors de leur importation. “Ce catalogue intelligent permet de valoriser ses créations. Il facilite aussi les échanges entre fabricants et marques, en fournissant aux prospects un accès digital aux collections. L’IA générative va également permettre d’analyser leurs recherches et de leur faire soit des nouvelles propositions graphiques, soit des modifications des motifs textiles pour s’adapter à leurs besoins”.

La deuxième solution à base d’IA signée Textil’IA facilitant une veille anti-contrefaçon se nomme LOCKEO Détection. Elle permet aux textiliens de faire de la reconnaissance d’images en comparant leurs dessins à ceux présents sur des articles textiles en ligne. “Pour une PME, il ne serait pas possible d’embaucher quelqu’un pour réaliser une telle veille sept jours sur sept et ce, sans même parvenir à ces résultats”.

Transition digitale

Le troisième outil développé par Textil’IA -ODITH- déjà testé par une quarantaine d’entreprises de la filière textile-habillement (dont des confectionneurs) et commercialisé dès ce mois de septembre, ne fonctionne pas encore avec l’IA. Mais cela n’est pas exclu qu’il l’utilise un jour.

Son but est de faciliter la traçabilité en sécurisant la récupération, le stockage et la transmission des informations de fabrication des produits textiles. “Aujourd’hui, on est dans le déclaratif des fournisseurs. Avec l’IA, grâce au croisement des données, on pourrait vérifier la provenance d’un tissu, d’une origine de fabrication, cela permettrait d’améliorer la solution” indique Robby Dubus. De façon générale, il souligne que “l’IA débouche sur des solutions facilitant la transition digitale des entreprises. Sans IA, c’était ainsi impossible de digitaliser tout le patrimoine créatif des entreprises textiles !”.

S’il n’est pas spécialisé dans la confection, Robby Dubus imagine “sûrement plein d’applications IA, avec des tâches (comme les patronages)” susceptibles “d’être largement optimisées grâce à l’IA”.

Automatisation et précision

L’expérience de Haase Innovation montre que l’IA peut en effet avoir un impact significatif dans la confection. Marine Anton, dirigeante de l’atelier, a récemment investi dans une machine de coupe automatique gérant les motifs placés avec caméra embarquée recourant à l’IA. “C’est très surprenant, la caméra va scanner le motif, on va placer le patronage sur l’ordinateur et la machine va faire en sorte que les motifs soient raccordés entre le dos et le devant”, explique-t-elle.

Le gain de temps impressionne : alors que les salariées mettaient 17 minutes pour couper, à la main, un t-shirt avec motif placé, cela ne demande que 2 minutes 50 à la machine.

Marine Anton précise que son intention initiale n’était pas “d’acheter la machine pour aller plus vite” mais de pallier une difficulté de recrutement. “Les personnes à la coupe partant bientôt à la retraite, nous avons essayé de les remplacer par des jeunes”. Mais ce “travail physique, debout, long et répétitif” attirait peu.

Cela a servi de déclic pour investir dans la machine de coupe automatique et faire de premiers pas dans l’IA. Un choix que la dirigeante ne regrette manifestement pas, même si cela représente “sans doute le plus gros investissement jamais réalisé” dans l’atelier créé en 2014.

L’IA s’intègre progressivement dans l’ensemble du processus produit. Bien qu’elle soit déjà en cours d’implémentation dans les phases de création et de sourcing matières, son intégration dans la confection, où l’intelligence de la main est cruciale, demeure complexe. Cependant, elle permet d’améliorer la compétitivité dans les étapes de fabrication qui ne requièrent pas de valeur ajoutée humaine.

Pour en savoir plus sur les solutions citées:

IMKI

Textil’IA

Haase Innovation

 

Retrouvez les articles du magazine en ligne de la Maison du Savoir-Faire et de la Création sur www.maisondusavoirfaire.com

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Grand entretien avec… Xavier Romatet, directeur général de l’Institut Français de la Mode (IFM)

“L’IFM entretient des liens uniques au monde avec l’écosystème de la mode” C’est l’une des écoles internationales les plus reconnues, plébiscitée pour l’excellence de ses formations en mode, savoir-faire et fashion design, mais également en management. Avec Xavier Romatet, le point sur les différents cursus et les défis que l’institution doit relever pour former les jeunes générations aux métiers de demain. L’IFM est aujourd’hui l’une des écoles les plus prestigieuses. Qu’est ce qui fait sa force et sa singularité ?  La première force de l'IFM, c'est Paris ; la capitale mondiale de la mode qui abrite les sièges des plus grands acteurs du secteur et les fashion weeks les plus influentes. Quand un étudiant français ou étranger s’intéresse à la mode, il se pose d'abord la question de la ville où suivre sa formation et la réponse est Paris. Et il s'avère qu'il y a sur place une grande école de mode qui s'appelle l'IFM. Le second atout de l’école tient aux liens qu’elle a tissés avec tout l'écosystème de la mode : grandes et petites maisons, industriels, distributeurs…. Ecole privée mais à but non lucratif, l’IFM a été voulue et elle est aujourd’hui soutenue par tous les acteurs de la profession. Preuve de cette intégration unique au monde, ce sont les étudiants de Master et de Bachelor en design de l’IFM qui ouvrent la Fashion Week de Paris avec leur défilé. Diffusé sur les grandes plateformes de la Fashion Week parisienne, ceux-ci constituent une vitrine unique pour nos élèves. Notre troisième atout tient au fait que - contrairement à d’autres écoles internationales-, nous ne sommes pas une école d'art, avec un département mode. L’IFM est une école de mode qui forme à tous les métiers de la mode. Nous réunissons 1400 étudiants dans 3 cursus principaux (management , design, savoir-faire), tous capables de comprendre les codes et le langage des autres. Ils sont ainsi mieux préparés à la réalité des entreprises. Dernier atout enfin, qui est essentiel, l’excellence de nos formations. Les programmes de l'IFM sont des références ; certifiés par le ministère de l'Enseignement Supérieur avec un mix d'intervenants académiques et professionnels, ce qui crée une dualité très complémentaire et spécifique à l’IFM. Quel constat faites-vous de l’univers de la mode aujourd’hui et quels sont, selon vous, les défis auxquels il est confronté ?  La mode connaît une profonde évolution qui n’est pas uniquement conjoncturelle mais également structurelle. Le rapport à la mode et au luxe en général a totalement changé. Le premier défi est de recréer de la désirabilité auprès de consommateurs qui doivent retrouver du sens et des raisons d’acheter des produits de mode. Le second sujet tient à l’intégration de la technologie, notamment de l’IA, qui percute tous les modes opératoires de la mode, qu’il s’agisse de création, de distribution, de communication ou de production avec l’ensemble de la supplychain. Le questionnement est double, sociologique et opérationnel, avec un défi à la clé : comment opérer de façon efficace pour concevoir et produire une mode plus désirable, plus rationnelle et plus respectueuse de l'environnement ? Pour l’IFM, cela pose en creux une question-clé : quels profils former pour penser les demains de la mode. Dans ce contexte, comment faites-vous évoluer vos formations ? Nous répondons à la question sociologique en renforçant le socle d’enseignement historique et culturel. L’histoire de la mode et celle de l'art, et plus généralement la culture, sont intimement liées et cette relation entre mode, art et société est essentielle dans les enseignements. Quand vous disposez d’une connaissance forte de l'origine de ces liens, d’un socle et d’une ouverture culturelle importante, vous pouvez davantage répondre aux questions qui se posent aujourd'hui. Par ailleurs, nous intégrons de façon massive à nos cursus les sujets de tech et d’IA comme nous l’avons fait il y a cinq ans avec la sustainability. Tous nos étudiants ont un socle minimum de 9h d'enseignement à l’IA avec un cursus qui leur permet à la fois de comprendre le contexte, les enjeux, les langages et les outils… Nous proposons aussi des ateliers où les étudiants utilisent l’IA, par exemple des analyses de défilés. Nous développons des expérimentations avec notre chaire d'enseignement et de recherche où nous travaillons avec des maisons sur différents sujets. Nous mettons à la disposition de nos étudiants en design des outils sophistiqués qui permettent de travailler sur des processus de création alternant une phase de conception dite « humaine » et un temps d'exploration et d’expérimentation avec l’IA. Cette formation à l’éducation et à l'usage de l’IA permet d’évaluer ses forces et ses faiblesses à travers une multitude d'expérimentations. Nos étudiants explorent ainsi de nouveaux territoires et observent concrètement ce qui fonctionne ou pas. A partir de septembre, ce cursus concernera l'intégralité des disciplines, avec deux professeurs référents qui superviseront l'ensemble de la pédagogie autour de l’IA et nous aborderons les questions de l’agentique. Dans ce contexte de mutation, comment pensez-vous l’avenir de l’école ? Quels sont vos projets pour les 5-10 prochaines années ? Durant cette période de mutation, notre façon d'enseigner évolue profondément. Nous offrons toujours à nos étudiants une expertise en matière de management, de création, de communication mais une question reste en suspens. Ce que l’on enseigne aujourd'hui sera-t-il valable demain ? Il n’y a pas de réponse à cela. Voilà pourquoi notre ambition est d’aider nos étudiants à développer une capacité d’analyse, de questionnement pour adopter les bons réflexes... Nous les plaçons dans des situations où ils apprennent à se poser les bonnes questions. On ne les juge pas sur les solutions trouvées mais sur leur appréhension des sujets, et leur capacité à penser le champ des possibles. L’IFM est adhérente à l’UFIMH. Quels liens avez-vous tissé avec l’Union et que vous apporte ce compagnonnage ? Il est essentiel que les acteurs du secteur se réunissent autour d’organisation fédératrices comme l’UFIMH, qui puissent être des porte-paroles respectés, notamment des pouvoirs publics. L’IFM a la particularité d’être soutenu par tous les acteurs du secteur qui considèrent l’éducation comme un bien commun, au service de tous. Un lien fluide avec l’ensemble de la profession fait d’écoute, de dialogue et de respect mutuel est l’une des raisons du succès de l’IFM au cours des dernières années. Pour en savoir plus sur l’IFM : www.ifmparis.fr  

Enquête : L’Homme est aussi l’avenir de l’AICP

L’Académie Internationale de Coupe de Paris (AICP) relance sa formation de Modéliste International du Vêtement Homme interrompue pendant la pandémie, initiative d’autant plus attendue que le secteur connait un regain d’activité. Les enjeux de ce cursus à découvrir au fil de l’enquête réalisée par la Maison du Savoir-Faire et de la Création, membre de l’UFIMH. L’Académie Internationale de Coupe de Paris (AICP) s’apprête en effet à ouvrir en septembre 2026 un nouveau cursus de "Modéliste International du Vêtement Homme”, de niveau 5 et renoue avec ses anciennes amours… Créée en 1830 par une association de tailleurs pour hommes, l’AICP était historiquement destinée à former les techniciens de ces derniers. Au fil des décennies et épousant l’évolution de la filière, l’école s’est ouverte à la formation, initiale ou continue, aux métiers techniques de la mode, essentiellement au métier de modéliste, et cela aussi bien pour l’Homme que la Femme. Nouvelle classe de Modéliste International du Vêtement Homme “Après une interruption entre 2019 et 2023 de l’enseignement Homme, nous l’avons repris doucement en 2023 et souhaitons désormais le relancer de manière plus ambitieuse, explique Christine Walter Bonini, la Présidente de l’AICP. Nous avons en effet constaté des besoins. Alors que les hommes font aujourd’hui davantage attention à leur apparence, s’intéressent à la mode et la consomment, le masculin est en effet devenu un levier de croissance. Certains créateurs et marques développent des collections Homme en complément de la Femme. Or, les programmes en formation technique sont rares alors que beaucoup de modélistes dans les entreprises sont à la veille de leur retraite”. Comme les précédents programmes de l’école, la nouvelle formation Modéliste International du Vêtement Homme dispensera à temps plein, à raison de 35 heures par semaine dans ses locaux, dans le quinzième arrondissement de Paris, un apprentissage de neuf mois entièrement centré sur des notions techniques. Objectif : former des modélistes, des techniciens produits-finis, des patronniers-gradeurs, des mécaniciens modèles ou encore des chefs d’atelier. “D’autres écoles françaises forment au stylisme et modélisme pour l’Homme, mais peu enseignent la technique, pourtant fondamentale. Nous sommes les seuls à faire un tel focus sur celle-ci, en enseignant à la fois la coupe à plat, le moulage et le prototypage”, souligne la Présidente. Partie d’un enseignement tailleur, l’AICP a fait évoluer sa propre méthode de réalisation des patronages, dite “Vauclair-Darroux”, à la base sur mesure, pour l’adapter à l’industrialisation masculine et ensuite féminine. “En sortant de l’école, nos étudiants peuvent travailler aussi bien dans l’industriel que dans le sur-mesure et la demi-mesure -dont nous constatons le retour en France. Les hommes veulent en effet des pièces de qualité, bien confectionnées et dotées de technicité”. 18 à 22 étudiants maximum La future classe de 18 à 22 étudiants (un maximum, comme toutes celles de l’AICP) accueillera surtout des jeunes diplômés en mode (bac pro MMV, BTS MMV ou école de mode) et des professionnels expérimentés dans la fabrication du vêtement souhaitant se spécialiser dans l’Homme. “Il n’est possible de suivre ce programme, identique pour ces deux publics, qu’à condition d’être déjà capable de coudre et de monter des vêtements. Pour des reconversions professionnelles ou des jeunes diplômés issus d’une formation différente, n’ayant jamais eu d’accès à la couture, les élèves doivent d’abord intégrer notre cursus préparatoire avant d’entrer dans nos formations au modélisme”, précise Christine Walter Bonini. Pour obtenir le diplôme, il faut valider l’ensemble des modules (Coupe à plat, Patronage, Transformation, Fiche technique, Prototypage, Moulage, Retouches, Gradation et CAO) de la formation et réaliser un stage d’environ trois mois, un service de l'AICP aidant à le trouver, en général en France. Mais il est aussi possible de ne pas viser le diplôme et de ne suivre qu’une partie de ces modules. “Nous proposons un puzzle qui laisse une grande liberté aux professionnels notamment”, fait valoir la Présidente. Les étudiants ont tous affaire à des professeurs à la fois experts de la méthode Darroux-Vauclair de l’AICP et connectés à la réalité. Tous sont en effet d’anciens diplômés de l’école ayant travaillé dans la filière avant de la réintégrer en tant qu’enseignants. Rendez-vous privés avant admission Ce ne sont pas les occasions qui manquent pour découvrir l’école et décider de déposer son dossier. Des Journées Portes Ouvertes sont en effet organisées tous les mois. Pour les personnes intéressées, des rendez-vous privés sont alors organisés avec l’équipe, soit in situ, soit par téléphone pour les internationaux. “Nous tenons à connaître tous ceux qui vont rejoindre l’école” souligne Christine Walter Bonini avant de préciser : “pour intégrer l’AICP, le passage d’un test est aussi obligatoire afin d’évaluer les compétences techniques déjà acquises et si les postulants ont le niveau pour intégrer nos cours”. Ceux-ci auront toutes les chances, à l’issue de leur formation, d’être recrutés par les entreprises du secteur masculin : des marques, des créateurs, des bureaux d’étude, des façonniers… Christine Walter-Bonini n’hésite d’ailleurs pas à orienter des marques avec lesquelles elle est en contact, en quête de fabricants pour leurs collections masculines, vers la Maison du Savoir-Faire et de la Création (MSFC). C’est en effet la vocation de la MSFC et de sa Plateforme de mise en relation d’orienter les donneurs d’ordre vers les façonniers hexagonaux qui répondent à leurs besoins de confection. L’international en ligne de mire Aujourd’hui vouée à répondre aux besoins de la filière française, la nouvelle formation Modéliste International du Vêtement Homme pourrait s’exporter dans un futur plus ou moins proche. Et ce, en commençant par…Tashkent, en Ouzbékistan, où l’AICP a ouvert un campus en 2019 en partenariat avec l’université ITILT. Mais elle pourrait aussi s’implanter dans un pays majeur pour le textile, la Chine, où l’Académie travaille sur un projet de partenariat voué à démarrer fin 2026, début 2027. D’autres destinations pourraient s’ajouter à la liste : désireuse de se développer davantage à l’international via de nouvelles collaborations, l’AICP expose à cette fin sur de nombreux Salons, avec Campus France, l’agence nationale chargée de promouvoir l’enseignement supérieur hexagonal à l’étranger… Quoi qu’il en soit, le nouveau programme Homme de l’AICP s’inscrit dans une tendance encourageante en France : celle de la demande croissante dans la filière habillement et ses clients pour la maîtrise de ses savoir-faire. Avec un besoin, à la clef : de nouveaux cursus pour former les salariés à même de répondre aujourd’hui et demain aux besoins des créateurs et des Maisons de mode… La Maison du Savoir-Faire et de la Création est affiliée à l’UFIMH et soutenue par le DEFI : www.maisondusavoirfaire.com Pour en savoir plus sur l’AICP : www.aicp.fr

3 questions à ….Charlotte Jamas, cheffe de projets, direction Appui aux Branches et Action Prospective, OPCO2i.

« Nous accompagnons les entreprises dans tous leurs projets de formation ». Participation au recrutement d’alternants, financement de plans de formation pour les salariés et valorisation des métiers de la filière… Cet opérateur multiplie les actions pour permettre aux entreprises d’agir en faveur de la transmission des savoir-faire et du renouvellement des compétences. Explications. 1/ Pouvez-vous tout d’abord nous rappeler les grandes missions d’OPCO 2i ? OPCO 2i est l’opérateur de compétences des entreprises du secteur de l’industrie. Nous agissons principalement en faveur des TPE et des PME et nous avons pour mission de les conseiller et les accompagner, en apportant notre expertise dans l’élaboration de projets ou la simplification des procédures administratives. Nous finançons notamment des actions de formation pour les salariés, notamment des plans de développement des compétences. Nous mettons à disposition un catalogue de formation et des diagnostics & accompagnements sur des enjeux tels que l’appropriation de nouveaux outils industriels, la digitalisation de certains process ou la transition écologique. Nous participons au recrutement d’alternants en prenant en charge les coûts pédagogiques et en accompagnant les entreprises dans le montage des contrats. Nous finançons des contrats d’apprentissage et de professionnalisation. Par ailleurs, nous mettons à disposition des entreprises des études prospectives sur l’emploi et les compétences. De façon plus globale, nous travaillons à soutenir l’attractivité des métiers industriels en valorisant l’alternance et en développant des actions emploi-formation. Enfin, nous menons des actions collectives au niveau national ou régional pour former des salariés à coûts optimisés autour de compétences stratégiques (industrie du futur, performance industrielle). 2/ Dans le cadre de la branche « Industries créatives mode et luxe », quels types d’accompagnement proposez-vous aux entreprises ? Dans le secteur de l’habillement, nous proposons un large éventail de formations continues autour de métiers précis ou de compétences plus transversales. Nous accompagnons le recrutement d’apprentis dans les secteurs de la couture, du modélisme ou de la maintenance, afin de répondre aux besoins de transmission des savoir-faire et de renouvellement des compétences. Nous offrons également un accompagnement à la création et finançons des actions en faveur de la promotion et de l’attractivité des métiers du secteur, via des kits de communication ou des événements. Nous soutenons par exemple « Savoir pour Faire », la campagne nationale de valorisation des métiers techniques, des formations et savoir-faire d’exception des industries créatives françaises, portée depuis 2019 par le Comité Stratégique de Filière Mode et Luxe dont l’UFIMH, partenaire actif, siège au conseil d’administration. 3/ Comment, concrètement, bénéficier de ces différents services ? Les entreprises peuvent s’adresser à leur conseiller OPCO 2i pour être accompagnées dans le développement des compétences de leurs salariés via un compte dédié. Ce conseiller aidera concrètement l’entreprise à identifier ses besoins, mobiliser les dispositifs de financement adaptés (formation, alternance) et monter des projets de formation. Dans tous les cas, nous offrons un accompagnement personnalisé tout en tenant compte des enjeux du territoire. Toutes les infos sur la campagne Savoir pour Faire : www.savoirpourfaire.fr Et sur l’OPCO2i : www.opco2i.fr  

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