Nous avons TOUS un pouvoir d’action sur la mode responsable
La qualité environnementale a un prix. Il passe par la mutation de tous les acteurs de la chaîne de valeur du secteur Textile-Habillement. Ainsi, pour répondre aux enjeux RSE (décarbonation de l’industrie, meilleure utilisation des ressources) et au besoin de transparence sur l’origine des vêtements, de nouvelles compétences sont nécessaires au sein de nos entreprises. L’extension de nos marchés dans la réalité virtuelle nécessite également de l’expertise 3D dans les équipes.
La traçabilité est notre chantier prioritaire pour mesurer l’empreinte de chaque vêtement et chercher les moyens de nous améliorer. Cela commence par le réemploi des fibres qui nécessite de concevoir des produits facilement recyclables, d’où l’importance de l’écoconception. C’est très vertueux, mais cela appelle aussi une réflexion nouvelle car la mode durable et responsable impose des contraintes (limitation des couleurs, qualité des fibres, réparabilité…) qui ne doivent pas restreindre la créativité. Bien au contraire ! Nous imaginons aisément les nouveaux créatifs dotés d’un parcours en design et d’une culture RSE.
Enfin, l’utilisation du produit est elle-même en train d’évoluer avec la possibilité de louer un vêtement quand nous en avons besoin. Ou alors, si nous craquons pour un nouvel article, c’est pour l’insérer dans le circuit de la seconde main dès que nous l’avons assez vu. En terme d’usage, les marques parlent aujourd’hui d’expérience plutôt que de nouveauté. Les stratégies omnicanales nécessitent de former les équipes en place et les compétences transverses se développent.
Pour tous ces nouveaux aspects, nous avons besoin d’experts RSE, juridiques, stylistiques, digitaux…. qui doivent concevoir les produits ensemble pour prendre le train de la durabilité. La traçabilité, la blockchain, les scores… sont les outils de demain pour permettre aux marques d’être irréprochables aux yeux du consommateur. Au final, c’est bien lui qui aura le dernier mot.
Sylvie CHAILLOUX
Présidente de l’UFIMH
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3 questions à… Nathalie Barataud, associée de la marque Mapoésie.
Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ?
Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%.
Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan).
Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue.
Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie.
Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise…
Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH.
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