3 questions à… Eleonore Baudry, présidente de la maison Figaret.
A la tête de Figaret depuis 2018, Eleonore Baudry a retravaillé l’identité de la marque et sa modernité, avant de penser les axes forts de sa croissance.
Les objectifs de ces cinq prochaines années ? Le développement de ses collections femme et une amplification de sa présence à l’international.
Vous avez rejoint Figaret il y a sept ans. Quel regard portiez-vous sur la maison et comment avez-vous souhaité la faire évoluer ?
Lorsque j’ai rejoint l’entreprise, je me suis dit que j’avais la chance de prendre la direction d’une très belle maison française, renommée depuis plus de 50 ans pour son savoir-faire et la qualité de ses chemises. J’ai eu à cœur de préserver ce patrimoine, tout en donnant à la marque une résonnance avec l’époque : une vitalité contemporaine. Nous avons actualisé l’offre en retravaillant les coupes, en élargissant nos propositions avec des modèles pensés dans des matières plus exclusives, tout en conservant nos traditionnelles popelines blanches. Nous sommes restés fidèles à notre raison d’être : un style qui traverse les saisons et les générations. Toutefois, la pandémie nous a donné l’opportunité de penser une offre plus casual avec des modèles en lin, denim ou flanelle pour accompagner les évolutions de style de nos clients. Nous avons aussi développé une offre mixte et des propositions pour la femme avec de belles réussites, comme la collection ‘Je t’aime’ imaginée après avoir revu le film « Les choses de la vie » de Sautet et cette scène où Romy Schneider emprunte la chemise d’homme de Piccoli et s’installe à sa machine à écrire pour y découvrir cette déclaration.
L’une de vos missions est aujourd’hui d’accélérer le développement de la marque…
Après avoir élargi et fidélisé notre communauté, priorité est désormais à l’expérience en boutique. Nous avons à cœur de créer un lien fort avec nos clients en valorisant la qualité et en suscitant l’intérêt par la singularité de notre offre. En 2025, nous prévoyons des ouvertures de boutiques dont une première, imminente, dans le quartier des Batignolles. Nous développons aussi la communication digitale, l’e-commerce et venons de lancer le wholesale à l’international en ciblant boutiques multimarques et grands magasins. Enfin, nous avons beaucoup d’ambition pour la Femme chez Figaret. Cette saison, nous lancerons une collection Studio, inspirée des femmes cinéastes qui ne renoncent pas à leur féminité tout en adoptant un « métier d’homme ». A suivre !
Vous avez lancé un concept de diners littéraires. Une façon de renforcer l’identité de la marque ?
Figaret aime le bel ouvrage, et la création. La marque est associée au cinéma mais aussi à la littérature. En partenariat avec Gallimard, nous avons travaillé autour de Rimbaud et Saint-Exupéry avec, chaque fois, une chemise exclusive qui dévoile une citation brodée. Nous organisons aussi des diners dans notre boutique de la rue de la Paix qui s’intitulent « la passion du Style ». Lors de ces événements, une quinzaine de personnes sont réunies autour de leur engouement commun pour un auteur comme Kessel ou Bret Easton Ellis. Une belle façon de se rencontrer…
*la maison Figaret est membre du Syndicat de Paris de la Mode Féminine, première composante de la Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin. Eléonore Baudry siège au conseil d’administration de cette Fédération, membre de l’UFIMH, depuis 2022.
Pour en savoir plus sur la maison Figaret : https://www.figaret.com/
Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ?
Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%.
Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan).
Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue.
Quels sont vos projets pour les prochaines années ?
Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie.
Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise…
Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH.
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