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Grand entretien avec… Yann Rivoallan, Président de la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin.

Lutte contre l’ultra fast fashion  « Maintenant, il faut faire appliquer la loi » Si l’année 2025 a permis de réelles avancées avec l’adoption par le Sénat de la proposition de loi visant à freiner l’essor de l’ultra fast fashion, il reste désormais à veiller à la mise en œuvre de l’ensemble des actions engagées. Avec Yann Rivoallan, le détail de la feuille de route 2026…  Le 1er mars prochain verra tout d’abord la mise en place d’une taxe sur les petits colis. Pouvez-vous nous en dire plus ? A partir du 1er mars en effet, une taxe de 2 euros viendra cibler les petits colis, de moins de 150 euros, en provenance des pays extra-européens. Cette mesure devrait rapporter 1,5 milliard d’euros et financer ainsi les contrôles douaniers sur les produits entrant sur le sol français. Rappelons que quelque 800 millions de colis sont arrivés en France l’an dernier et le récent contrôle de 200 000 d’entre eux a montré que 80% des colis de la marque Shein étaient hors normes, voire dangereux. Shein prendra vraisemblablement cette taxe à sa charge, rendant l’action moins visible pour ses clients. Quoi qu'il en soit, cette mesure permettra aux services des douanes de se doter d’outils plus performants et de renforcer leur personnel avec un objectif :  mieux suivre la mise en adéquation des produits arrivants avec les législations, française et européenne. Mieux encore, la commission européenne devrait mettre en place au 1er juillet une taxe sur le même modèle, cette fois de 3 ou 4 euros. Cette action européenne joue un rôle important dans la lutte ? Elle est essentielle, d’abord en terme de symbole. Elle montre une Europe unie, capable d’agir autour d’une même ambition : la préservation de notre industrie textile. Elle permet aussi un meilleur respect de la loi. Nous savons que les plateformes asiatiques d'ultra fast fashion vont chercher à détourner la législation, en tentant de recevoir leurs colis dans certains pays comme la Hongrie, pour les acheminer ensuite en France, échappant ainsi aux taxes. Si la loi européenne est votée, cette option ne sera plus possible. Revenons en France, vous attendez beaucoup du procès engagé par l’état pour bloquer la marketplace Shein, Pouvez-vous nous en dire plus ?  A l’automne dernier, l'État français a demandé le blocage total du site Shein, après la découverte de la vente de poupées sexuelles à l’apparence de fillettes, d’armes de catégorie A et de médicaments interdits. Le tribunal judiciaire de Paris a rejeté cette demande, la jugeant disproportionnée, même s’il reconnaissait un dommage grave à l’ordre public. L’Etat revient devant la cour d’appel avec un autre angle, exigeant le seul blocage de la marketplace. Ce que l’Etat demande à Shein ? Une activité limitée à la vente de vêtements de la marque et l’application de mesures de contrôle efficaces pour éviter le retour illicite de produits similaires, ainsi qu'un audit du site. Par ailleurs, vous suivez le déroulement du procès d’Aix-en-Provence, intenté à la marque Shein pour « réparation en concurrence déloyale…» Ce procès est également essentiel car il répond à une plainte déposée par 19 fédérations dont l'UFIMH bien sûr, qui représentent l’ensemble de la chaîne de valeur de la mode (de la fabrication à la distribution) sans compter les fédérations du bijou, de la chaussure… et plus d'une centaine de marques. Une mobilisation inédite qui montre la détermination, et la force de frappe, de la filière. Ceci intervient dans un contexte particulier, l’attente du passage en commission paritaire de la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile, passage qui rendrait son adoption définitive. Avez-vous une date pour cela ? Et quelles sont les grandes lignes de la future loi ? Nous espérons que ce sera bouclé en 2026. Rappelons que cette proposition de loi s’articule autour de différents axes. D’une part, une définition officielle de la fast fashion, avec l’établissement de seuils de mise sur le marché de nouvelles références de vêtements ou d’accessoires sur un temps donné, seuils qui ne pourront pas être dépassés. D’autre part, la mise en place de différentes mesures pour sanctionner la fast fashion. Un bonus/malus pour récompenser ou condamner les entreprises selon leur note au score EcoVadis, ce malus environnemental (jusqu’à 10 euros par produit) permettant de soutenir les acteurs les plus vertueux. L’interdiction de la publicité et de la promotion des entreprises de fast fashion pour lutter contre l’incitation à la surconsommation. Enfin, les entreprises proposant de la vente en ligne devront afficher sur leur site des messages sensibilisant à l’aspect environnemental de la mode. L’UFIMH et les institutions adhérentes ont été particulièrement investies dans cette lutte. Comment pensez-vous la suite ? Nous allons poursuivre nos actions, et redoubler de vigilance. Nous sommes pour le moment très concentrés sur la question du nouvel entrepôt construit par Shein en Pologne, dont nous allons tenter de comprendre les enjeux. Nous allons également poursuivre nos observations des différentes plateformes asiatiques (Shein, Temu) pour en repérer toutes les actions illégales. Enfin, nous allons poursuivre nos actions avec les parlementaires, les médias, les consommateurs et les marques pour faire entendre notre voix. Une chose est sûre, la filière ressort plus forte et déterminée après ces années de lutte, elle est surtout plus unie que jamais face à ces marques de la honte. Les actualités de l’UFIMH sur https://www.lamodefrancaise.org et celles de la FFPAPF sur https://pretaporter.com  

Enquête : Les corps se transforment, le vêtement s’adapte…

Grâce à sa dernière campagne de mensurations, l’IFTH dévoile les nouvelles morphologies des Français. Autant d’informations précieuses pour les marques et les confectionneurs qui bénéficient ainsi de données précises pour réaliser un vestiaire adapté, aussi confortable que désirable. Membre de l’UFIMH, la Maison du Savoir-faire et de la Création, nous détaille le résultat de cette enquête. La dernière Campagne Nationale de Mensuration (CNM) des Français datait de 2006. Depuis, les habitudes de vie et morphologies ont beaucoup évolué. L’IFTH (Institut français du textile habillement) vient donc de réitérer l’exercice, indispensable pour permettre aux confectionneurs et marques de fabriquer et proposer des vêtements combinant aisance et confort. Objectif : mettre à jour données et outils pour apporter le bon niveau de précision dans la gradation des modèles. Pour parvenir aux résultats actualisés, l’IFTH a utilisé des outils technologiques encore plus pointus qu’en 2006, époque à laquelle il s’était déjà appuyé sur les tous nouveaux scanners 3D. 9000 avatars adultes, 2,25 millions de points de mensurations adultes avaient alors été générés. De quoi constituer de riches bibliothèques de données morphologiques, permettant aux marques de viser des cibles précises. Mené de 2021 à début 2025 par l’IFTH en collaboration avec l’Université de Technologie de Tours (UTT) le projet “MOVE”, acronyme de développement d’un “MOdèle de Vieillissement d’Echantillon cible”, a tiré partie des outils algorithmiques pour réactualiser la précédente base de données à partir de celles d’une nouvelle collecte réalisée auprès de “seulement” 4000 personnes. Une actualisation nécessaire Les résultats récoltés ont validé la nécessité de cette actualisation car en vingt ans, les adultes français ont à la fois grandi et pris du poids. En moyenne, la Française mesure aujourd’hui 164,2 cm et pèse 65 kg. Son tour de poitrine s’est arrondi d’un cm supplémentaire et elle a aussi pris en tour de taille et de bassin. Conséquence : une femme sur deux s’habille entre la taille 40 et 44, une sur trois en 46 ou plus et moins de 20 % en 38 ou moins.  De son côté, le Français moyen mesure 3 centimètres de plus qu’en 2006 pour un poids moyen resté stable. Son tour de taille est de 91,5 cm (plus deux centimètres versus 2006). “Aujourd’hui les très grands sont plus nombreux qu’ils ne l’étaient en 2006 avec une stature moyenne de 1,91 m. Cela reste un marché de niche mais qui a progressé”, note François Pezeril, FabManager LE LAB by IFTH . “Tout cela a évidemment un impact sur la définition des tailles commerciales et par conséquent sur toute la chaîne de valeur, de la conception à la distribution des articles”. Un barème “Mode” et un barème “Général” Les données brutes fournies pour la CNM 2025 à l’issue du projet MOVE ne pouvant pas être directement utilisées par un bureau d’études, elles ont dû être “ajustées selon une progression arithmétique, cohérente et linéaire, de manière à garantir une graduation régulière, conforme aux exigences de l’industrialisation, tout en maintenant la cohérence avec le système de tailles commerciales existant”. Deux stratégies ont été déployées pour la standardisation des nouveaux barèmes Femme. Pour ne pas changer les habitudes de modélistes habitué(e)s à concevoir leurs vêtements pour une population cible “moyenne et grande” (environ 10,4 millions d’individus), l’IFTH a réalisé un premier barème, dit “Mode”. Mieux refléter la femme actuelle Le second barème, dit “Général” prend, lui, en compte la totalité des femmes adultes françaises (environ 21,6 millions), grâce à une gradation respectant réellement l’évolution morphologique en taille (stature moyenne de 164,2 cm). ”L’ancien  barème de 2006 n’habillait que 46 % de la population. Ce barème General, qui reflète mieux la femme actuelle, peut par exemple intéresser une entreprise proposant des vêtements sportifs très près du corps” souligne Hafida Boulahoite. Les entreprises peuvent choisir un de ces deux livrets anthropométriques (homme et femme) désormais disponibles à la vente. “Avec ces nouvelles données et des outils de CAO 3D, on pourra personnaliser les mensurations d’un avatar par rapport à sa cible client jusqu’à  visualiser les zones les plus sollicitées et/ou ajustées au corps, voire trop ajustées (entrejambes, coutures…), et débouchant sur un inconfort et des problèmes de durabilité à l’usage”, explique François Pezeril. Pour les confectionneurs, la mise en place de nouveaux barèmes n’est pas neutre. “Soit l’atelier a son propre bureau d’études qui va devoir faire évoluer sa base de patronage pour s’adapter aux évolutions morphologiques. Soit il recevra des dossiers d’industrialisation technique de la part de ses donneurs d’ordre, avec des fichiers de patronage qui auront évolué” explique Hafida Boulahoite. Cette meilleure adaptation à la réalité aura un impact sur la consommation des matières, grâce à un plan de coupe optimisé. Améliorer sa rentabilité avec Explored Pour les donneurs d’ordre, l’efficacité de l’utilisation des nouveaux barèmes sera décuplée avec l’application Explored, également développée par l’IFTH. Cet outil d’exploration et d’optimisation des barèmes à partir des données 2025 permet aux marques de connaître plus finement leur marché cible d’un point de vue morphologique. Pour que leurs collections de vêtements soient adaptées à leurs clientèles, la grille de tailles élaborée doit refléter réellement la morphologie des individus. “Notre méthode Explored permet d’avoir un barème de tailles adapté à la cible. De quoi ouvrir la discussion entre chefs de marché et modélistes afin d’avoir les tailles qui se vendent réellement et en quantité correcte”, explique Guy Scemama. Selon lui, toutes les marques ayant utilisé un outil d’optimisation ont observé une amélioration de leur rentabilité. De façon générale, “la bonne connaissance des tailles 2025 permettra aux marques de mieux connaître les parts de marché et taux de couverture de leur cible, de se positionner par rapport aux autres marques et de se projeter sur des nouveaux marchés”. A l’international aussi, Explored est précieux. L’IFTH s’appuie en effet sur le réseau Isize, réunissant des données morphologiques du monde entier (Europe, Etats-Unis, Chine, Corée du Sud, Canada, etc). Diminuer le risque de gestion des retours La CNM 2025 s’annonce comme un atout supplémentaire pour le Made in France et ses donneurs d’ordre, en permettant d’optimiser le bien-aller des produits. “Des vêtements mal taillés représentent autant de risques de retour pour les marques à l’heure du phygital, voir du direct to consumer. Cela peut entraîner une insatisfaction des clients et une baisse des ventes directes”, souligne François  Pezeril. Il cite des statistiques européennes et américaines édifiantes : le retour des marques commandées via Internet est d’environ 20 %,  dont plus de la moitié pour des problèmes de tailles non adaptées ! Or, le coût d’un vêtement renvoyé est d’environ 10 à 15 €… “Sans compter le coût écologique des retours à mesurer en termes de CO2 rejeté”. Les enjeux de compétitivité et de durabilité sont donc bien au cœur du sujet. Le premier livret anthropométrique CNM 2025 ciblant la Femme adulte est disponible auprès de l’IFTH depuis le 3 novembre 2025. Le Livret Homme est en en cours de finalisation pour décembre sera édité très prochainement. L’IFTH propose aussi un accompagnement technique complémentaire pour mieux appréhender ces nouveaux barèmes. Retrouvez les actualités de la Maison du Savoir-Faire et de la Création ici. Replay du RDV IFTH Oct 2025 –  "Mensurations : vos collections sont-elles adaptées aux Français(es) d’aujourd’hui ?"

3 questions à… Gildas Minvielle, Directeur de l’observatoire économique de l’Institut Fançais de la Mode (IFM)

« En 2026, pas d’embellie mais certains leviers de croissance » Alors que les chiffres du secteur textile & mode ont été publiés le 12 février dernier, Gildas Minvielle nous rappelle les grandes tendances de consommation qui ont signé l’année 2025 avant de nous dévoiler les perspectives pour 2026.  Quel bilan global faites-vous de l’année 2025 ? Plus précisément, quelles sont les grandes évolutions de la consommation de mode en France ?  Après une légère augmentation des ventes en 2024, le secteur a été plutôt en recul puisque nous sommes à - 1,6% en valeur pour l'ensemble textile & habillement, l'habillement seul affichant - 1,3%. Il s’agit toutefois d’une moyenne qui cache de profondes disparités selon les secteurs. La vente en ligne a augmenté chez les pure-players comme chez les distributeurs, avec une progression de + 1,2% en 2025 alors que les magasins sont en recul de 2,7%. A l’évidence, les boutiques sont particulièrement à la peine, constat renforcé par le Baromètre de l’IFM qui interroge les consommateurs tous les mois. Celui-ci confirme une dynamique pour le e-commerce, au détriment des magasins physiques. Selon ce baromètre, le commerce en ligne dans son ensemble représente, en valeur, 30,4 % des achats en 2025. On y observe une progression de la part de la seconde main avec 11,2% de la consommation d’habillement en moyenne, et jusqu’à 18% pour les 18-24 ans. Par ailleurs, le trio Shein & Temu & AliExpress représente 6% du volume total des achats d'habillement et 2% en valeur (en raison de prix moyens plus faibles). C’est considérable…. Enfin, je préciserais que si l’on associe les achats de la seconde main et ceux de l'ultra fast fashion, on obtient 25% des achats en volume, qui échappent donc aux acteurs historiques de l’habillement en France. Le tout dans un marché qui ne progresse quasiment pas, mais change totalement de nature. La filière a également fait face à l’augmentation des droits de douane vers les Etats-Unis. Quelles en ont été les conséquences ? Cela a-t-il été compensé par des exportations dans d’autres régions du monde ? On parle beaucoup des décisions prises par Donald Trump mais il faut rappeler que la filière n’est pas la plus mal lotie en termes de droits de douane effectifs vers les Etats-Unis. Nous en sommes à 9% (vêtements chaîne et trame) alors qu’ils s’élèvent à 15% pour les cosmétiques ou la parfumerie, et 12% pour les chaussures. De plus, les segments ne sont pas tous touchés de la même façon, le luxe étant le plus affecté. La tendance à retenir est néanmoins une baisse générale des exportations : -12% vers les Etats-Unis, un peu moins vers l’Europe avec de belles surprises, comme en Pologne où les exportations françaises connaissent une croissance de 8%. Après les fortes progressions des années 2022-23, alimentées de façon très artificielle par la hausse des prix, nous revenons en 2025 à la tendance de l’avant COVID. En termes d’exportations, nous avons donc dépassé les chiffres de 2019 alors que nous sommes encore en-deçà pour le marché français. Dans ce contexte, je serai plus positif sur le sujet que le discours ambiant, précisant qu’une entreprise française a tout intérêt à se tourner vers l’international, dans un marché local atone. La tendance de l'export fonctionne encore depuis 2019, même si elle connaît une pause vers les Etats-Unis, elle est bien orientée vers des zones géographiques comme les pays de l’Est qui sont dans un vrai élan économique. Quelles sont les perspectives pour 2026 ? Disons-le d’emblée, elles ne sont pas très positives. En France, l'économie est atone et à l’international, les tensions géopolitiques ne créent pas de contexte favorable à une grande dynamique commerciale. Au-delà de cette situation générale, il y a tout de même des raisons d’être un peu plus optimiste, comme en témoigne la réussite de certaines jeunes maisons françaises, qui proposent une façon neuve de penser la mode. Néanmoins, toutes les marques doivent faire face à l’évolution de notre écosystème : une concurrence accrue et une modification de la perception des consommateurs vis-à-vis des prix. Aujourd'hui, beaucoup pensent que 50 € est un montant trop élevé pour un vêtement. Ceci est totalement injuste car c’est oublier la création, la qualité, le travail. Aujourd'hui, de nombreux consommateurs sont très critiques. Ils ont l'impression que tout se vaut, que le Made in China est partout… Face à ce constat, il y a sans doute une vraie stratégie à mettre en place en proposant à nouveau des vêtements de qualité, en déployant aussi une communication capable de mettre en valeur un savoir-faire, l’excellence d’une matière, et en rappelant que tout cela vaut un certain prix. Enfin, tout économiste se doit de donner des chiffres pour l’année à venir. Le scénario optimiste est autour de + 1% en valeur pour 2026 ; le scénario médian - 0,5 et le pessimiste - 2. En étant optimiste, je mise sur une fourchette entre -0,5 et +1. Ce n'est pas une reprise, mais c’est très loin d’un effondrement. Pour en savoir plus sur l’IFM et son observatoire : https://www.ifmparis.fr/fr/expertise-economique-et-marketing  

Grand entretien : UFIMH, les grands défis pour 2026

En dépit d’un contexte géo-politique et économique chahuté, l’UFIMH multiplie les projets pour accompagner les entreprises de la filière à poursuivre leur développement en 2026, qu’il s’agisse de croissance à l’international, de RSE ou d’innovation. Le point sur la stratégie déjà mise en place avec les co-présidents de l’Union, Lionel Guérin et Pierre-François Le Louët.  L’UFIMH a largement défini sa stratégie pour l’année 2026. Quels en sont les grands axes? PFLL. Notre stratégie s’articule autour de deux grands pôles - les actions institutionnelles et celles qui concernent directement notre soutien aux entreprises. Le tout avec une même mission, défendre nos marques de mode créatives et responsables, ce qui passe d’abord par une lutte renforcée contre le modèle de l’ultra fast fashion que nous avons déjà mise en œuvre. Après un dialogue constructif avec le gouvernement, les assemblées françaises et européennes, la nouveauté 2026 devrait être l'ampleur européenne que va prendre le débat. Pouvez-vous nous préciser les temps forts de cette mobilisation européenne ? PFLL. L’UFIMH a mené plusieurs initiatives d’envergure sur le sujet en 2025, rassemblant 24 fédérations européennes de la mode autour d'un texte condamnant l‘ultra fast fashion et appelant la Commission à agir, ceci en collaboration avec l’association européenne Euratex. Nous comptons sur une amplification des actions et sur une coordination avec nos homologues des différents pays, qui travaillent eux aussi à la promulgation de lois anti ultra-fast fashion. Alors que nous attendons la promulgation de décrets en France, d'autres lois vont voir le jour dans les pays européens, notamment en Italie. Au niveau de la Commission européenne, nous avons en ligne de mire la mise en place de la taxe douanière de 3 euros sur les petits colis (qui arrivent de l’extérieur de l’UE) mais aussi dans le cadre de la France, avec celle de 2 € pour la gestion des contrôles de ces mêmes colis. Par ailleurs, nous suivrons tout le mois de janvier la tenue du procès à Aix-en Provence à laquelle l’UFIMH est associée, avec plus de 120 marques et 19 organisations professionnelles. Ensemble, nous accusons la marque Shein de “concurrence déloyale” et demandons réparation pour le préjudice économique subi. Par ailleurs, l’UFIMH sera à la manœuvre tout au long de l’année pour contrôler la mise en place des procédures et décisions prises en 2025. Avec toujours une même conviction, la préservation de la mode française passe par celle de la mode européenne. Par ailleurs, l’UFIMH va accompagner les principaux organismes à réécrire leur stratégie ?  LG. En 2026, le DEFI et l'IFTH (Institut Français du Textile et de l’Habillement) sont appelés à renouveler leur gouvernance et à réécrire leur stratégie favorisant l'innovation des marques de mode françaises. L'UFIMH est naturellement impliquée puisque nous siégeons dans les conseils d’administration de ces organismes. Cette réécriture passera par le lancement d’études, des échanges avec les autres fédérations professionnelles mais aussi des administrations concernées afin d’aligner la vision du gouvernement et celle des fédérations. Le tout en gardant comme seul objectif l’intérêt des entreprises que nous servons. Dans le même temps, l'IFM – malgré la réduction du soutien de l’Etat - va poursuivre son développement en se fixant de nouvelles ambitions, soutenu là encore par les professions. Enfin, nous attendons avec impatience le nouveau cahier des charges de Refashion qui permettra sans doute à cet organisme d’être plus efficace et de déployer une véritable filière industrielle du recyclage en France que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. En 2026, c’est donc l’ensemble de nos organismes collectifs qui devront retravailler leurs stratégies pour relever de nouveaux défis. Un certain désengagement de l’Etat, la prise en compte de nouvelles concurrences, sans compter les impératifs liés à l'innovation, au développement durable ou à l'émergence de nouveaux modèles économiques nous imposent de revoir les feuilles de route. Dans ce contexte, l’UFIMH œuvrera pour que l’ensemble des acteurs de la filière travaillent de manière collégiale, alignant leurs stratégies pour rendre la mode française plus forte, plus innovante, plus responsable. Pour cela, l’UFIMH entend jouer un rôle de catalyseur, favorisant le dialogue et les synergies. Deuxième axe-clé, l’accompagnement des entreprises françaises, et celui-ci passe d’abord à l’export….  PFLL. L’ambition est d’aider nos entreprises à maintenir ou augmenter leur chiffre d'affaires dans un contexte où le marché français reste très difficile. Cet objectif passe naturellement par le développement à l’international.  Nos fédérations, appuyées par le DEFI, vont soutenir en 2026 environ 200 entreprises, via l’organisation de quelque 500 opérations à l’étranger. Notre accompagnement se veut à la fois opérationnel et personnalisé. Nos équipes spécialisées dans l’export travaillent avec les marques pour mettre en place une démarche personnalisée, qui leur permettra au mieux de pénétrer ou de conforter de nouveaux marchés : séjours d’immersion, participation aux salons locaux les plus stratégiques, présence dans des showrooms, sans compter des conférences, des workshops et la constitution, sur place, de réseaux avec les acteurs locaux… Les principales zones concernées restent l’Asie (Chine, Corée, Japon) et les Etats-Unis, même si ce dernier territoire s’inscrit dans un contexte géopolitique compliqué. Dans tous les cas, nous avons la conviction que l’international reste l’un des leviers majeurs de croissance pour nos entreprises, ce qui explique l’augmentation de notre investissement dans ce domaine. Après l’international, passons au deuxième axe fort de la stratégie de l’UFIMH, le développement durable… LG. Participer au développement d’une mode créative et responsable reste plus que jamais l’objectif de l’UFIMH et, dans ce contexte, environ 80 entreprises vont bénéficier d'un accompagnement pour optimiser leur stratégie en termes de RSE. Une volonté qui se concrétisera par des aides financières et un soutien à l’élaboration de leur stratégie, qu'il s’agisse d’un accompagnement personnalisé ou du suivi de conférences et workshops en ligne sur notre plateforme www.enmodedurable.fr. Plateforme qui réunit toutes les informations et conseils clés sur le sujet : point sur les certifications, enquêtes sur les couleurs et matières les plus vertueuses, approvisionnement responsable…. Reste le domaine de l’innovation que l’UFIMH compte également  investir… PFLL & LG. Au second semestre 2026, à l’initiative de l’UFIMH, l’IFTH organisera à Paris la première Journée de l'innovation. L’objectif ? Partager avec toutes les marques l’ensemble des nouveaux procédés, technologies et matières qui permettent d'être plus innovants dans les process. L’événement se voudra très concret, l’occasion de présenter de nouvelles fibres, de nouveaux tissus, de nouveaux procédés pour être plus efficace et moins impactant. L’événement sera également consacré à l'usage des outils numériques, et notamment de l'intelligence artificielle. Via notre plan d'action digital, nous aidons déjà des entreprises à amplifier leur impact numérique et beaucoup utilisent ces subventions pour financer des formations à l'intelligence artificielle ou l’acquisition de logiciels d’IA. Avec le soutien du DEFI, nous continuerons de proposer à presque 200 entreprises une aide à la transformation numérique, nous poursuivrons notre mission en proposant en 2026 un panorama de toutes les solutions d'intelligence artificielle existantes au service des différentes fonctions dans une entreprise de mode. Là encore, notre approche sera pragmatique avec un ensemble de solutions répondant à des problématiques concrètes : « quelles solutions existent si je veux mettre en place l’automatisation de mes étiquettes ? Optimiser ma logistique ? ». Cette démarche ambitieuse sera menée également avec l'IFTH, l’occasion de montrer une fois encore les multiples synergies au sein de la filière, bien décidée collectivement à œuvrer pour son avenir.

Salon Maison & Objet 2026, ce qu’il faut retenir de l’événement…

Du 15 au 19 janvier dernier, la 61ème édition du salon Maison & Objet a présenté les tendances et les acteurs qui font le design de demain ; sans compter de nombreuses marques d’accessoires, de plus en plus intéressées par la décoration. Le point avec Julie Pradier, directrice marketing et communication du salon. 2300 marques (dont 500 nouvelles) venues de 145 pays, quelque 70 000 visiteurs et surtout une édition jugée très riche, dévoilant un panorama à 180° des grandes inspirations du moment… Le salon Maison & Objet a, une fois de plus, accompli sa mission. La preuve avec ces cinq tendances et moments clés. 1/ “Past Reveals future”, un thème fédérateur autour de la mémoire revisitée.  « Avec ce thème, nous avons voulu nous replonger dans l’héritage pour mieux penser demain. Cette volonté s’inscrit dans l’ADN de Maison & Objet qui a toujours été la caisse de résonance des métiers d'art comme de la création contemporaine. Une passerelle entre des savoir-faire ancestraux et le design contemporain, assure Julie Pradier. Cette problématique, qui fait plus que jamais écho aux préoccupations de l’époque, s’est déployée autour de quatre tendances qui ont ponctué la déambulation. Métamorphose a magnifié la dynamique de l’upcycling et les nouvelles créations réalisées à partir des rebuts du quotidien. Mutation a présenté les grandes hybridations entre gestes traditionnels et techniques innovantes. Le Baroque revisité a mis en lumière la puissance de cette tendance portée par une nouvelle génération qui travaille les savoir-faire dans une approche contemporaine. Et enfin, le Néo-folklore a consacré les récits locaux réinventés à l'aune des nouvelles technologies. Quatre thématiques déclinées notamment dans les espaces What’s new, à l’image de celui d’Elisabeth Leriche qui a imaginé une scénographie immersive remettant à l’honneur les arts décoratifs dont les savoir-faire exceptionnels servent de matrice pour créer les décors, objets et mobilier de demain. Une Ode aux savoir-faire qui s’est prolongée dans l’espace In Materia dédié aux métiers d’art, avec une sélection de pièces uniques ou de petites séries façonnées dans des ateliers d’art, le tout imaginé en partenariat avec Ateliers d’Art de France. 2/ Un nombre grandissant de marques d’accessoires désireuses d’élargir leur univers. Si le salon a, depuis sa création, accueilli des marques de mode dans un espace dédié (fashion accessories), le secteur a, depuis plusieurs années, largement accru sa présence. Lors de cette édition, 206 marques ont exposé à Maison & Objet, ce qui traduit le nouvel intérêt de ces maisons pour l’univers de la décoration et, plus globalement, celui de la maison, explique Julie Pradier. « De nouvelles marques de prêt à porter et d’accessoires choisissent aujourd’hui de développer un esprit plus concept-store, introduisant dans leur proposition globale des pièces de design et de décoration, qu’il s’agisse de petits objets (bougies, vases, art de la table) ou même de mobilier. Une façon pour elle construire un univers à part entière avec une offre multiproduits qui peut constituer de nouveaux relais de croissance. » 3/ Harry Nuriev, designer de l’année. Nommé designer de l’année 2026, Harry Nuriev a imaginé un espace porté par les valeurs du “Transformisme”, qu’il définit par la volonté de donner une seconde vie aux objets qui ont perdu leur place dans nos sociétés. Mêlant créations contemporaines et savoir-faire ancestraux, le jeune designer a présenté plusieurs pièces issues de sa collaboration avec des maisons de luxe françaises. Des objets qui cherchent tous à remettre en question le concept de beauté, pour le redécouvrir à travers ce qui a été rejeté, ignoré ou oublié. « Dans un monde qui n’a plus besoin de davantage de choses, le transformisme offre un geste bienveillant, un outil de réflexion, un acte créatif honnête », affirme-t-il. Une façon personnelle d’illustrer l’une des tendances fortes du salon, autour du réemploi des matériaux. 4/ L'éco-responsabilité, plus que jamais… Si la sustainability infuse l’ensemble de la création présentée au salon, les halls 1 & 2 ont été largement dédiés à cette thématique, notamment l’Eco Materials Corner qui a réuni une sélection internationale de fabricants de matériaux et de revêtements éco-conçus pour l’architecture intérieure, la décoration et le mobilier. « Une manière pour Maison & Objet d’affirmer son rôle de prescripteur dans la promotion de solutions responsables et de réaffirmer que la durabilité est au cœur des valeurs du salon, reprend Julie Pradier. Rappelons que Maison & Objet, depuis sa création, met en avant des marques haut de gamme qui militent pour une création durable. Dans cet esprit, le salon imagine chaque année un parcours spécifique avec une sélection de marques (réalisée par un jury indépendant) qui présente une démarche particulièrement innovante en termes de « sustainability ». 4/ Un salon et beaucoup plus… Un salon pour découvrir la création, un salon pour penser demain… Comme chaque année, Maison & Objet a conçu pour sa communauté une série de conférences sur les thèmes les plus fédérateurs (le rayonnement du design français aux Etats-Unis, l’IA au service de la culture et de la création…). En parallèle, le programme Maison & Objet In the City a proposé cette année un parcours parisien exceptionnel avec 100 adresses de référence dans l’univers du design. « Avec ce programme, nous voulons offrir une expérience globale à nos visiteurs, notamment aux étrangers qui représentent 50% de notre public et qui entendent bien profiter aussi de la ville. Cette année, l’événement leur a permis de découvrir des lieux exclusifs et surtout, de participer à de multiples événements imaginés dans ces espaces ». Par ailleurs, Maison & Objet se veut aussi une communauté d'acheteurs, de fabricants, de prescripteurs, d’architectes d’intérieur. « Notre mission est de connecter cette communauté, la nourrir et l'inspirer, explique Julie Pradier. Nous le faisons toute l’année avec notre market place mais aussi via des événements comme celui organisé chaque année à Hong Kong ». Lors de son édition de décembre dernier, Maison & Objet Interieurs Hong Kong a réuni plus de 200 marques, artisans et architectes d’intérieurs pour une expérience immersive permettant de découvrir in situ le meilleur de la création. L’événement qui a attiré de nombreux visiteurs venus de toute l’Asie, devrait être bientôt décliné dans d’autres villes. Pour en savoir plus sur le salon : https://www.maison-objet.com/paris    

3 questions à… Nathalie Barataud, associée de la marque Mapoésie.

« Nous proposons une fantaisie textile et créative » Fondée en 2010, la maison parisienne de prêt à porter, d’accessoires textiles et de décoration connaît un succès jamais démenti grâce à un univers singulier, fait de couleurs chatoyantes et de motifs ultra-graphiques. Retour sur 15 années d’un développement créatif sans fausse note, avec Nathalie Barataud.  Pouvez-vous tout d’abord nous définir l’esprit de votre marque, sa signature créative ? Mapoésie a été imaginée en 2010 par Elsa Poux (diplômée des Arts Déco) que j‘ai rejoint en 2018. Nous proposons un univers bien précis entre mode, design et arts graphiques, avec une signature visuelle très identifiable : des motifs géométriques, des jeux de couleurs, une esthétique inspirée de l’artisanat du monde entier. Cette singularité tient sans doute au fait que nous travaillons comme un studio créatif, l’ADN de la marque réside dans la création de motifs qui sont ensuite déclinés sur différents supports : des pièces de mode, de l’accessoire ou encore du linge de maison. Ici, tout part du dessin et de la couleur ! Nous avons commencé par l’accessoire, notamment les foulards en matière naturelle : coton, ou soie pour l’été et principalement des laines pour l’hiver. En 2014, nous avons investi l’univers de la maison avec des coussins, des tapis…. En 2017, nous avons franchi un autre cap avec l’accessoire de plage. Nous avons commencé par des draps de plage imprimés puis des vêtements de mode proposés en taille unique : robes de plage, combinaisons, kimonos… La première collection a été un vrai succès et beaucoup de clients nous ont demandé ce que nous allions faire l’hiver prochain. Cela nous a décidé ! Nous proposons désormais une ligne de Prêt à porter hiver comme été, et toujours une ligne plage. Après 15 années de création, la marque propose un véritable univers composé de prêt-à-porter, d'accessoires et de pièces pour la maison, le tout avec plus de 300 références par collection. Un univers qui connaît un succès jamais démenti. Comment avez-vous pensé votre développement ? Dès le début, nous avons choisi un modèle de fabrication en précommande, ce qui nous permet d’optimiser les volumes, les stocks, et donc les coûts. Nous avons décidé de nous faire connaître à travers les salons, tissant des liens forts avec nos clients et partenaires à qui nous pré-vendions nos collections. Nous avons créé notre site de vente en 2017, une fois la marque déjà installée et nous avons ouvert ensuite une première boutique dans le 11ème arrondissement à Paris. Nos secteurs d'activité sont équilibrés : le prêt à porter représente un peu plus de 40% de notre CA, les accessoires textiles 45% et l’univers maison 15%. Nous avons réussi à organiser notre croissance sans lever de fonds, dans un modèle d’autofinancement. Nous employons désormais une dizaine de salariés et si la France reste l’un de nos plus grands marchés, nous sommes très présents à l’international, en Europe (Belgique suisse, Espagne), aux Etats-Unis, en Australie et en Asie (Japon, Corée, Taïwan). Nous sommes également très fières d’être distribuées dans des lieux prestigieux, notamment des boutiques de musée comme le MoMA à New York. Et même si nous avons pour règle de ne pas divulguer notre chiffre d’affaires, nous pouvons dire que nous connaissons une croissance continue. Quels sont vos projets pour les prochaines années ? Nous savourons le privilège d’être indépendantes, ce qui nous permet de gérer notre croissance comme nous l’entendons. Notre objectif est aujourd’hui de nous développer en matière de création mais également en termes de business, notamment dans les territoires où nous ne sommes pas encore, comme le reste de l’Asie. Nous allons poursuivre notre développement de façon raisonnée, avec une vraie réflexion stratégique. Les fédérations membres de l’UFIMH, et notamment la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin - FFPAPF - nous sont pour cela très précieuses. Nous avons déjà participé au programme Talents, nous avons été coachées par les équipes qui nous ont confortées dans certains choix, et ciblé des points à optimiser. Nous bénéficions d’aides pour participer à des salons internationaux, d’un accompagnement RSE et d’un budget pour optimiser notre développement digital. Un soutien global qui a indéniablement constitué un levier d'accélération pour notre entreprise… Mapoésie est membre de la Fédération du Prêt-à-Porter Féminin affiliée à l’UFIMH. Découvrez Mapoésie : https://mapoesie.fr/fr/  

Bilan de l’UFIMH 2025.

Mode ultra éphémère, développement international… Des actions très concrètes pour défendre le secteur, et assurer sa croissance.  A lheure où la mode française fait face à des défis inédits, lUFIMH a engagé en 2025 une série dactions très ambitieuses pour soutenir la filière et penser demain, le tout avec une conviction ; le collectif est plus important que jamais. Le point sur les axes forts de cette politique avec les co-présidents de lUnion, Pierre-François Le Louët et Lionel Guérin.  Ensemble, on est plus forts. C’est avec cette certitude que l’UFIMH s’est engagée tout au long de l’année, notamment dans la lutte contre la mode ultra éphémère et les volontés d'hégémonie chinoise, alors que les difficultés de pouvoir d'achat réorientent la consommation vers plus de services et moins de biens. Dans ce contexte, l’UFIMH a travaillé à bâtir un projet collectif pour se défendre contre ces agressions mais pas seulement. Ce projet -solide, français et européen- est également orienté vers le développement durable, la conquête de nouveaux marchés et la désirabilité des marques en mettant en lumière créativité et savoir-faire. Pour cela, l’UFIMH a renforcé son influence, son pouvoir d’action, et concentré ses efforts autour de trois axes forts 1/ La fast fashion, un combat crucial pour lavenir de la filière.  Sur le plan national, l’UFIMH a œuvré auprès des parlementaires, de l'Assemblée nationale et du Sénat pour l’élaboration d’une loi en faveur de la réduction de l'impact environnemental, visant directement les plateformes d’e-commerce de mode ultra-express. Cette loi, votée à l’unanimité à l'Assemblée nationale en 2024, l’a été également au Sénat au mois de juin dernier. Parallèlement à cet engagement, l’UFIMH a soutenu l’instauration d'une taxe sur les petits colis, qui sera discutée dans le projet de loi de finances 2026, à l'initiative du gouvernement. « Nous avons, plus globalement, cherché à mobiliser les pouvoirs publics sur les multiples effets délétères de ces plateformes, ajoute Pierre-François Le Louët. Le secteur a été entendu puisque le ministre du commerce, Serge Papin, a exigé la suspension de Shein pendant quelques jours, en lançant une action judiciaire et en incitant la Commission européenne à accélérer les travaux sur le sujet”.  Des actions largement déployées à l’échelle européenne. L’UFIMH a également mené plusieurs initiatives d’envergure sur le plan européen, rassemblant notamment 24 fédérations européennes de la mode autour d'un texte condamnant l‘ultra-fast fashion et appelant la Commission à agir, ceci en collaboration avec l’association européenne Euratex, partenaire privilégiée de l’Union. Alors que le dialogue est désormais engagé avec les représentants de la Commission européenne, l’objectif s’articule autour de plusieurs axes.  Il s’agit tout d’abord de faire aboutir les enquêtes menées contre ces plateformes avec, à la clé, le paiement d’amendes extrêmement importantes. Rappelons qu’à la suite des actions menées par l’UFIMH en France, la Chine a été condamnée à 190 millions d'euros d'amende, uniquement pour notre pays. « Dautres actions sont également en cours, notamment la réforme du code des douanes européen afin que les petits colis (moins de 150 ,) puissent être taxés de droits de douane, ce qui permettrait également à ces services de contrôler les envois, précise Pierre-François Le Louet. En France, 200 000 colis ont déjà été contrôlés, révélant quune grande majorité comportait des anomalies : produits dangereux, factures manquantes. Tout cela participe à lutter contre la concurrence totalement déloyale menée par ces plateformes. » Un volet médiatique pour sensibiliser le public à cette cause commune. Troisième axe d’engagement, l’action médiatique avec plusieurs dizaines d'interventions en 2025 dans la presse, à la télévision, à la radio, pour sensibiliser le grand public à ces sujets. « Ces victoires donnent beaucoup d’énergie pour la suite, notamment avec la perspective dune action portée par une centaine de marques qui vise à dénoncer les agissements frauduleux de Shein et leur impact sur les entreprises de mode, poursuit Pierre-François Le Louët. Laffaire sera plaidée en janvier 2026 au tribunal d'Aix en Provence et lUFIMH est associée à cette action, tout comme les membres de la fédération. Dans ce même esprit collectif, les liens seront renforcés avec d'autres pays européens - Italie, Portugal… où des initiatives locales similaires sont en train d'émerger contre la mode ultra-express ». 2/ Un accompagnement au développement international et à la transition écologique.   En 2025, plus de 250 entreprises ont été soutenues par l’UFIMH dans leur développement international via une démarche sur mesure, selon les besoins et le degré de maturité de chaque marque. « Certaines ont participé à des salons professionnels à l’étranger, dautres ont découvert de nouveaux marchés grâce à des séjours dimmersion permettant de rencontrer les principaux acteurs locaux, précise Lionel Guérin. Une politique de développement à l'export dautant plus stratégique quelle intervient à un moment où le marché intérieur est compliqué. » Par ailleurs, un plan d'action digital a été mis en place pour permettre à plus de 200 entreprises de participer à un programme d'aide à la transformation numérique - développement de plateformes de vente en ligne, renforcement du potentiel de leur e-shop. En 2025, quarante entreprises ont aussi bénéficié de l’expertise de consultants RSE pour accélérer leur politique de transformation en termes de développement durable ; le tout avec le soutien du Défi. 3/ Des programmes pour repenser et vitaliser les formations.  Le sujet est notamment emmené par l’IFM, école d’excellence de la mode française et par l’AICP qui développe un partenariat avec l’Ecole Supérieure des Industries du Vêtement permettant aux deux organismes à prendre chacun en charge les formations qu'il maîtrise le mieux. Elle a également soutenu la campagne de valorisation des métiers techniques du secteur, portée depuis 2019 par le Comité Stratégique de Filière Mode & Luxe. Par ailleurs, l’Ufimh a mené des actions de sensibilisation à la richesse de la filière dans les écoles et les lycées avec des visites d'entreprises et des stages école-industrie. L’objectif est bien sûr de susciter des vocations en accélérant le maillage entreprises et établissements scolaires, notamment dans les territoires afin de répondre aux difficultés de recrutement de professionnels qualifiés. Reste maintenant à agir pour que ces actions soient prolongées en 2026, dans une période de restriction budgétaire. « Cest une affaire de cohérence des politiques publiques, assure Pierre-François Le Louët. On ne peut, d'un côté, affirmer que le secteur est une priorité du gouvernement et, de l'autre, affaiblir les moyens collectifs de ces entreprises. Dans ce contexte, lUFIMH reste extrêmement mobilisée pour que les ressources du Défi soient préservées, condition-clé pour prolonger cette politique de soutien aux entreprises ».

En Mode Durable : une nouvelle plateforme pour faciliter la démarche responsable des entreprises…

Avec le soutien précieux du Défi, la Fédération Française du prêt-à-porter féminin, Promincor – Lingerie Française et la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire ont imaginé un portail offrant aux entreprises de la filière des contenus concrets et pratiques pour accélérer leur politique en termes de développement durable. La Maison du Savoir-Faire et de la Création revient dans cet article sur les atouts de ce nouvel outil. Selon le rapport Quantis paru en 2018, “la mode représenterait près de 8% des émissions mondiales de CO2, sans compter les enjeux liés aux conditions de travail dans la chaîne d'approvisionnement et à la surconsommation encouragée par la fast fashion” rappelle la plateforme En Mode Durable sur son site enmodedurable.fr. Face à ces défis écologiques, ce ne sont certes pas les initiatives et sources (labels, associations, structures publiques ou privées…) qui manquent. Mais les acteurs de la Mode française peinent souvent, surtout les petites et moyennes structures, à se retrouver dans un tel maquis, pour accéder aux bonnes informations et à prioriser leurs actions. Un portail pour faciliter laccès à linformation C’est le constat qu’ont justement réalisé les trois organisations professionnelles de l’Habillement que sont l’Union Française des Industries Mode et Habillement (Ufimh), Promincor – Lingerie Française et la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire. Cela les a incitées à imaginer un autre dispositif d’accès et d’utilisation de l’information de la Mode Durable, à savoir le portail enmodedurable.fr, lancé en avril dernier. Financé par le Défi, le Comité de Développement et de Promotion de l'Habillement, celui-ci est libre d’accès pour toutes les entreprises du secteur. “Il semble exister beaucoup d’informations que nous pouvons trouver sur divers canaux. Mais celle-ci n’est pas toujours juste, souvent très partielle et pas toujours très claire et compréhensible. Nous avons donc voulu créer quelque chose de structuré, pédagogique, interactif et le plus complet sur les thématiques abordées, afin que les entreprises puissent mieux comprendre ces sujets, les prioriser et les anticiper, voire élaborer une feuille de route RSE en fonction de leur stratégie globale", explique Karine Sfar, Déléguée Générale de Promincor - Lingerie Française et de la Fédération de la Maille, de la Lingerie & du Balnéaire. “La genèse de cette plateforme a été les trois guides que nous avons successivement publiés en 2019, 2021 et 2022, portant sur les approvisionnements, puis l’écoconception et enfin, la communication responsable, explique Adeline Dargent, Responsable RSE de l’Ufimh. Nous avons toujours associé les entreprises à la conception de ces guides destinés à les accompagner de façon pédagogique et didactique, avec à la fois du contenu et des outils très concrets… Les acteurs de la filière, y compris ceux du mass market et du luxe, soit au-delà des marques premium que nous fédérons initialement, se sont bien emparés de ces guides. Mais ces derniers avaient été conçus dans un format PDF un peu lourd, pas forcément évident à utiliser, surtout pour de petites entreprises. Nous nous sommes donc demandés comment rendre plus accessibles ces informations et outils de façon plus simple et qui prenne moins de temps". Un outil pragmatique Les équipes RSE des trois Fédérations ont ainsi collaboré avec l’agence de communication spécialisée Hyssop, pour un travail de réécriture et de rendu plus accessible, et avec les experts qui avaient déjà travaillé sur les guides, à savoir les cabinets Blue Quest et Ecoeff Lab, pour la validation des contenus. “Notre portail n’est peut-être pas le plus complet, mais il est le plus pragmatique, souligne Adeline Dargent (Ufimh). Aucun outil n’existait sous cette forme, il existait des plateformes liées au Développement Durable comme Refashion par exemple, qui s’avère complémentaire. Notre idée n’était pas de refaire ce qui existait déjà”. En Mode Durable se distingue ainsi des plateformes déjà en place, mettant en relation des acteurs ou des annuaires de la Mode responsable. La Fédération Française du Prêt-à-Porter Féminin a d’ailleurs elle-même déployé, en 2020, un tel annuaire, initialement baptisé “Ressources Green”, refondu début 2024 dans “l’Ecosystème de la Mode” et devenu ainsi un outil global de mise en relation entre tous les acteurs de la Mode Responsable. En Mode Durable se situe, lui, sur un autre plan en apportant des éléments de réponse pratiques pour “outiller” les entreprises, les “accompagner et progresser” sur de tels sujets. “Il facilite l’accès à l’information sur la Mode Responsable et la rend aussi plus ludique, explique Adeline Dargent. Cet outil est abordable quelle que soit la maturité de l’entreprise, sa taille et est tout public. Quels que soient le service et la nature de l’entreprise, il y a une réponse". Approvisionnement responsable, écoconception et communication responsable La plateforme a été bâtie avec quatre entrées renvoyant aux principales thématiques -Approvisionnements Responsables, Écoconception et Communication Responsable-, plus une partie “News” évoquant l’actualité réglementaire et des dispositifs déployés par les fédérations. “Les entreprises peuvent accéder à différents degrés d’informations en fonction de leur niveau de maturité progressive, au nombre de trois: débuter (débutant), se structurer (intermédiaire) et enfin, accélérer (avancé), débouchant sur des cartes (ou fiches) différentes à consulter” détaille Adeline Dargent, qui insiste sur le caractère “interactif” de la plateforme, le contenu d’une fiche pouvant renvoyer au contenu d’une autre fiche. Outre du contenu, le portail intègre des outils pratiques, comme une priorisation d’actions à réaliser via des check lists ou des questionnaires à destination, par exemple de ses fournisseurs, ou encore des études de cas exemplaires. “Les guides ayant servi de base à la plateforme avaient été élaborés avec un comité de pilotage d’entreprises variées et représentatives afin d’orienter les sujets vers de l’opérationnel, indique Karine Sfar (Promincor -Lingerie Française et Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire). Les témoignages alors intégrés ont été repris sur la plateforme afin de montrer qu’il ne s’agit pas de simple littérature mais de réalisations concrètes. Et le but sera de l’enrichir encore à l’avenir avec d’autres ambassadeurs (marques, industriels…) d’autres exemples probants, des bonnes pratiques…”. En matière d’approvisionnement, le portail répertorie ainsi, pour chaque matière, des options plus responsables, comme le coton labellisé “GOTS” (Global Organic Textile Standard). D’autres fiches proposent du contenu pour avancer en fonction de la maturité de l’entreprise. Les entreprises plus “débutantes” peuvent, par exemple, accéder à une évaluation des risques pays et celles, ayant un niveau intermédiaire, prendre connaissance de la synthèse du projet pilote de Traçabilité coordonné par le Défi en 2020 et 2022, et ayant réuni 13 marques pour développer et tester des solutions. Casser les idées reçues Sur cette thématique de l’Approvisionnement responsable, Adeline Dargent (Ufimh) observe que “la plateforme permet de casser certaines idées reçues. Des entreprises se demandent par exemple si le fait d’utiliser des matières recyclées aboutit forcément à un bilan écoresponsable positif dans la mesure où le produit risque d’être moins solide et donc moins durable de ce point de vue là. Beaucoup de gens sont par ailleurs persuadés que le transport a un impact très important sur le bilan, alors qu’en fait, il est très limité. En revanche, la partie amont de l’approvisionnement des matières, de la culture (par exemple celle du coton non bio, qui est gourmande en eau et pesticides) jusqu’aux apprêts, compte bien davantage”. Côté écoconception, la plateforme propose par exemple aux entreprises débutantes une boîte à outils avec des fiches dédiées, inspirée et adaptée pour la Mode, des travaux de la norme X30-260, qui proposent une méthodologie pragmatique de mise en place d’une telle démarche. Par ailleurs, une fiche livre le témoignage du groupe de lingerie Chantelle, évoquant sa réflexion sur les notions de réparabilité afin de faciliter la seconde main de ses articles. Éviter les pièges du “greenwashing Enfin, dans la thématique “communication responsable”, que cela soit auprès des clients, des fournisseurs ou des salariés, et en particulier, du personnel de vente, le portail explique aux entreprises débutantes comment “se lancer, sans brûler ni les étapes, ni les ailes” ; à celles de niveau intermédiaire, comment adapter ses prises de parole en fonction du profil de ses collaborateurs, et enfin ; pour les sociétés d’un niveau avancé, comment “gagner en influence” sur le sujet de la RSE, via les réseaux sociaux. Sur ce dernier thème, Adeline Dargent (Ufimh) évoque, parmi les outils, une checklist de questions à se poser pour éviter les pièges du greenwashing. “Il s’agit d’être très vigilant sur ce plan, y compris en termes réglementaires, détaille la responsable RSE de l’Ufimh. La plateforme propose aussi un “stress test” pour sensibiliser les responsables de vente sur les termes à ne jamais employer”. D’une façon générale, Adeline Dargent voit dans le portail “un formidable outil de sensibilisation qui peut être pris en main aussi bien par l’équipe de direction que par la totalité des salariés, que ce soit dans l’achat, la vente, le marketing, la communication, etc”. Il permet aussi de former “ses éventuels nouveaux collaborateurs” aux “enjeux et points sensibles de la Mode Durable à prioriser”, souligne-t-elle. “Chaque salarié va se nourrir d’informations concernant son domaine d’activité et sa fonction, renchérit Karine Sfar (Promincor- Lingerie Française et Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire). Par exemple, les responsables de collections et les stylistes pourront plutôt s’intéresser aux bonnes pratiques d’écoconception pour mieux concevoir leurs produits”. Elle ajoute que “la plateforme permet de démystifier un certain nombre de croyances et de sortir des idées préconçues pour ouvrir positivement ses chakras. Chaque professionnel va pouvoir appréhender les problématiques RSE avec son niveau de connaissances et y trouver son compte. Si l’objectif est commun à tous, à savoir avancer vers une Mode plus Responsable et plus Durable, les chemins seront propres à chaque entreprise. Certaines auront pour priorité de concevoir tous leurs produits en coton issu de l’agriculture biologique, d’autres d’augmenter fortement la part de fibres recyclées dans leurs collections et d’autres encore de favoriser la biodiversité…”. Mieux se faire connaître La plateforme a jusqu’ici limité sa communication, les Fédérations étant très mobilisées par les sujets réglementaires et législatifs actuels (tels que la loi Anti Fast Fashion…). Dans de telles conditions, Adeline Dargent (Ufimh) ne s’étonne pas qu’En Mode Durable n’ait pas encore été contactée par des structures tierces pour créer d’éventuelles synergies. Mais la plateforme y serait tout à fait ouverte, ajoute-t-elle. Observant, malgré tout, une hausse immédiate des consultations d’En Mode Durable dans la foulée de la publication d’un article dans la presse B to B, la plateforme projette de mieux se faire connaître à court terme.  Un atelier, s’appuyant sur ses outils, est d’ores et déjà envisagé au second semestre. S’il est encore trop tôt pour citer des statistiques de consultation, Adeline Dargent estime comme “très large”, “le profil de marques susceptibles d’être intéressées” par ce nouvel outil et qui “va de la grande distribution au luxe en passant par des marques premium”. En attendant, En Mode Durable compte bien activer sa communauté, notamment en incitant ses utilisateurs à faire des recommandations sur d’éventuels manques qu’ils aimeraient la voir combler. Un onglet “proposer une idée” est ainsi à leur disposition sur la plateforme afin de “soumettre des sujets qui posent question”. De façon générale, la plateforme est vouée à évoluer au fil du temps. A court terme, “il y aura des mises à jour nécessaires d’un point de vue réglementaire, car cela bouge beaucoup actuellement à ce niveau tant en France qu’en Europe. Nous envisageons donc, à partir de l’an prochain, de compléter nos outils et informations en ce sens”, explique Adeline Dargent (Ufimh).  “A plus long terme”, la plateforme devrait aussi élargir son périmètre, ses initiateurs souhaitant “développer tout ce qui a trait à la biodiversité ou à l’impact social pour l’enrichir, des guides devant voir le jour sur ces sujets au cours du premier semestre 2026”. Premiers objectifs atteints En attendant, Adeline Dargent pense qu’En Mode durable a d’ores et déjà atteint ses premiers objectifs. “Si j’étais dans une entreprise, c’est l’outil que j’aurais adoré avoir pour travailler sur les sujets de la Mode Responsable, il est très didactique, permet d’aller directement à l’information en fonction de son sujet ; le tout répondant à la curiosité de chacun” souligne la responsable RSE de la l’Ufimh. Certes, les Fédérations constatent actuellement un ralentissement des actions des entreprises en termes de Développement Durable. “Leurs budgets alloués à ces sujets sont plutôt en baisse en raison, d’une part, d’un contexte économique compliqué et d’autre part, de l’allocation d’une partie de leurs ressources à la mise en conformité juridique (loi Agec, Traçabilité…) avec, à la clé, de nouveaux outils coûteux. En 2024, les très grosses entreprises ont aussi dû appliquer la mise en oeuvre de la Directive CSRD, imposant du reporting extra financier sur la durabilité”, note Adeline Dargent. Malgré cette nouvelle donne, En Mode Durable compte bien s’imposer comme une aide précieuse pour les entreprises de la filière Habillement dans leur cheminement vert. “Notre ambition est que la plateforme devienne un outil de référence sur la Mode Responsable à moyen terme”, annoncent Adeline Dargent et Karine Sfar. Pour accéder à la plateforme En Mode Durable : https://www.enmodedurable.fr Pour en savoir plus sur La Maison du Savoir-Faire et de la Création: https://maisondusavoirfaire.com/

3 questions à… Marie Bouhier, responsable RSE de Rivedroite Paris

“Notre projet, allier plaisir et consommation responsable”.  Avec ses lignes d’accessoires éco-conçus, cette jeune marque française relève l’ambitieux défi de proposer une marque à la fois vertueuse et ultra-désirable. Le point sur les axes forts qui font le succès de Rivedroite Paris, alors que la maison s’apprête à fêter son dixième anniversaire.  Pouvez-vous tout d’abord nous présenter votre maison…. Rivedroite Paris a été fondée en 2016 par deux sœurs et une amie - Aurélie Jansem, Yasmine Auquier Buron et Sofia Buron avec un même objectif. Faire évoluer une industrie de la mode encore peu consciente des enjeux sociaux et écologiques. En 2016, elles choisissent de sauter le pas alors qu’elles voient défiler, sur les routes du Maroc, des camions entiers emplis de déchets textiles destinés à la destruction. Elles décident alors de lancer une marque de sacs et d’accessoires fabriqués exclusivement à partir de matières premières recyclées ou upcyclées. Des matières provenant de chutes ou de fins de tissus, récupérées et revalorisées dans une entreprise près d’Alicante. Yasmine est désormais responsable de la stratégie et du développement de la marque, Sofia est chargée de la conception des produits et de l’image et Aurélie pilote les opérations en boutique et digitales. Le tout avec un motto – créer une mode engagée pour une génération consciente. Cette philosophie fédère sans cesse de nouveaux adeptes et l’entreprise est rentable depuis ses débuts. Les collections sont distribuées via un site internet, nous avons ouvert deux boutiques à Paris et travaillons avec un réseau de distributeurs et revendeurs en France et à l'international, États-Unis et Asie. Décrivez-nous vos collections, comment les développez-vous ? Nous avons commencé par l’univers des accessoires avec tous types de sacs : cabas, sacs de voyage, bananes… Nous menons une vraie réflexion en termes d’esthétique et de praticité, avec des portés fluides et des modèles versatiles - sac de sport transformé en sac 24h etc. Nous proposons une collection intemporelle avec une large palette -du bleu marine, camel, rouge intense. Nous présentons aussi une gamme avec des motifs animaliers vitaminés – nos sacs à main léopard ou zèbre, imaginés en collaboration avec une artiste française ; le tout enrichi de 2-3 collections capsules chaque année. Depuis 2024, nous avons développé une collection de prêt à porter, avec quelques pièces iconiques (veste worker, tee-shirts…) fabriquées avec des matières recyclées ou naturelles, comme le Corozo issu des graines de palmier que nous utilisons pour les boutons. Notre pull best-seller est à base d’un molleton mixant matières recyclées et organiques, reprenant l’esprit des anciens pulls des années 60, 70 aux États-Unis. Depuis 2024, vous êtes reconnue comme entreprise à mission. Qu’est-ce que cela implique au quotidien ? La responsabilité sociale et environnementale est au cœur des préoccupations de la maison, ceci depuis sa naissance. Nous fabriquons près de Casablanca et, dès notre première collection, nous avons travaillé avec des artisans que nous rémunérons dignement en les aidant sur le chemin de l’entreprenariat -formation, gestion administrative de leur société…. Nous travaillons en circuit court, essentiellement autour du bassin méditerranéen. Nous avons également développé un service de réparation et un département seconde main, pour amplifier nos différentes offres circulaires. Notre développement a été rapide, nous cherchons aujourd’hui à conforter nos acquis en restant plus que jamais fidèles à nos engagements. Proposer un nouvel art de consommer où l'hédonisme durable devient le nouveau standard, en alliant plaisir et consommation responsable. Pour en savoir plus: https://www.rivedroite-paris.com/

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